filiere-laitiere

La filière laitière

derniers articles
  • 09-12
    DIY : 4 idées de décorations de Noël en emballages laitiers recyclés

    Des moments ludiques et écologiques à partager avec les enfants.

  • 07-12
    Et si on faisait un apéritif dînatoire pour le réveillon de Noël ?

    Nos meilleures idées pour un buffet chic et festif.

  • 05-12
    Les plats emblématiques des chefs français (2) : des années 1960 aux années 1980, la Nouvelle Cuisine

    La vocation laitière de la France se prolonge naturellement dans la cuisine de ses chefs. Pour ce florilège de plats « signature » faisant la part belle aux produits laitiers, nous nous sommes intéressés aux grands cuisiniers français depuis le début du XXe siècle. Attention, ça donne faim !

  • 02-12
    4 repas de Noël autour du monde

    Envie de changer des traditions françaises ? Inspirez-vous avec des menus festifs venus du monde entier.

Voir toutes les actualités
Economie et société, Elevage et territoire
-

Agriculture durable, agriculture raisonnée : quelle différence ?

La filière laitière est depuis longtemps engagée dans l’agriculture durable, qui est l’une des formes du développement durable.

Paysage-agricole

Alors que la conférence Paris climat (COP 21) se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015, jamais la notion de développement durable n’a autant été d’actualité. Dans ce contexte, que signifie l’expression « agriculture durable » ? En quoi se différencie-t-elle de l’agriculture dite « raisonnée » ? Comment la filière laitière s’inscrit-elle dans ce courant engagé pour l’avenir ?

Une agriculture durable… comme son nom l’indique !

D’après le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, « l’agriculture durable se définit par une production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé. » Pour résumer, il s’agit de produire sans compromettre l’avenir de l’humanité et de la planète, le tout en respectant les besoins et les limites des hommes comme de la nature. L’agriculture durable est donc tout simplement l’application à l’agriculture des principes du développement durable tel qu’il a été formulé en 1987 par le Rapport Brundtland : « un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

L’agriculture raisonnée, l’une des formes de l’agriculture durable

L’agriculture raisonnée est une démarche française qui, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations – voire en l’améliorant ! –, prend en compte la protection de l’environnement, la santé et le bien-être animal. Elle a notamment pour objectif de maîtriser l’utilisation de substances chimiques (engrais, produits de protection des plantes) dans le but de limiter leur impact sur l’environnement. Elle consiste aussi à économiser les ressources en eau et à pratiquer le tri des déchets. Il ne faut pas la confondre avec l’agriculture biologique, qui bénéficie d’un signe officiel d’identification : l’agriculture raisonnée autorise les produits de synthèse, mais en les « raisonnant ». Les agriculteurs ne traitent que s’il le faut, avec un matériel et des dosages adaptés.

Les produits laitiers, une filière naturellement durable

Avec un nombre moyen de 56 vaches par troupeau et une majorité d’exploitations familiales, les éleveurs vivent spontanément en harmonie avec la nature. Qu’ils soient en agriculture raisonnée ou qu’ils aient décidé de passer au bio, ils portent chaque jour en eux le souci de préserver l’avenir et de faire en sorte que leur activité soit durable. L’élevage laitier rend également de multiples services au territoire : entretien des paysages, biodiversité, fertilité des sols, maintien d’une activité économique dans les zones rurales et montagneuses… Enfin, la filière s’est engagée d’une manière collective pour réduire son empreinte carbone : non seulement l’élevage compense naturellement une partie de ses émissions de gaz à effet de serre, mais la démarche volontariste du plan « la ferme laitière bas carbone » a pour ambition de réduire les émissions par litre de lait de 20 % en 10 ans. Ce projet stimulant a été récompensé par la Fondation Nicolas Hulot lors du concours « My positive impact ». Une affaire à suivre !

Plus d'articles

Mots clés

Troupeau
article précédent
56 : le nombre moyen de vaches laitières par troupeau en France

56 : le nombre moyen de vaches laitières par troupeau en France

En France, la taille des troupeaux est réduite.

Vous pensiez que les fermes laitières françaises étaient d’immenses exploitations réunissant plusieurs centaines de bêtes ? Loupé ! En France, un troupeau moyen comporte seulement 56 vaches.

Des fermes à taille humaine

Une ferme laitière française, ce sont aujourd’hui 56 vaches établies sur 96 hectares (dont 31 hectares de prairies). Réparties sur l’ensemble du territoire, les exploitations laitières gardent ainsi une taille humaine, en adéquation avec des structures gérées en famille, de façon individuelle ou sous forme de groupements entre agriculteurs associés. Dans ce contexte, le pâturage reste plus que jamais d’actualité. Bref, l’image d’Épinal du troupeau de vaches broutant tranquillement dans les prairies françaises a encore de beaux jours devant elle.

Le bien-être des vaches avant tout

Les producteurs (en moyenne 2 éleveurs par exploitation) surveillent attentivement et quotidiennement chacune de leurs vaches. La plupart du temps, celles-ci sont d’ailleurs affublées d’un petit nom. Pour les éleveurs, qui vivent 7 jours sur 7 et toute l’année avec leurs troupeaux, rien de plus naturel que de veiller à leur bien-être. Mais il s’agit aussi pour eux d’un impératif économique : une vache heureuse et en bonne santé produit plus de lait et celui-ci est de meilleure qualité. C’est pourquoi la plupart des éleveurs adhèrent à la Charte des bonnes pratiques d’élevage, référentiel national qui garantit notamment le respect du bien-être animal.

Des races de vaches variées

Enfin, la taille réduite des troupeaux laitiers va de pair, en France, avec le maintien d’une exceptionnelle diversité de races de vaches. La Prim’Holstein reste en effet la première vache française, suivie par la Montbéliarde et la Normande, mais d’autres races plus locales complètent le tableau, en particulier dans le cadre des filières AOP : Abondance, Tarentaise, Brune, Vosgienne, Salers, Bretonne Pie Noir, Froment du Léon, Béarnaise, Jersiaise… Origine, robe, caractère, qualités d’élevage : toutes ont leurs spécificités et contribuent à la biodiversité des campagnes françaises.

* Source : BDNI 2014.

Ferme
article suivant
Portrait d’éleveuse : Hélène Fréger

Portrait d’éleveuse : Hélène Fréger

Des vaches et des poissons dans une seule exploitation agricole ? Non seulement c’est possible, mais dans la ferme d’Hélène Fréger, les deux fonctionnent de manière complémentaire !

Souvenez-vous d’Hélène Fréger : après un DUT de chimie et un emploi chez Michelin, cette éleveuse atypique est retournée à ses racines agricoles à Venesmes, au cœur du Berry. Elle est aujourd’hui à la tête de 156 hectares de cultures et de prairies, 70 vaches laitières de race Prim’Holstein et 19 bassins piscicoles. Un projet innovant et unique en France qui lui vaut de participer aux trophées de l’agro-écologie 2015 : dans un contexte pourtant difficile, les éleveurs laitiers n’en finissent pas de se réinventer. Leur objectif ? Vivre mieux en fortifiant leur engagement dans tous les aspects du développement durable : depuis toujours, la nature est leur gagne-pain !

Hélène FrégerUne ferme laitière spécialisée dans la pisciculture : voilà un concept particulièrement original ! Quelle est l’histoire de ce projet ?

C’est une histoire de hasard et de choix économique. Après avoir repris mes études pour retrouver le monde agricole, j’ai rejoint l’exploitation familiale. Dans les années 1980, nous avons créé un étang, plus exactement une réserve d’irrigation de 2,5 hectares pour arroser les cultures. On y mettait des poissons à pêcher pour l’amusement de la famille. À côté de ça, on avait une grande fosse pour stocker le lisier, un mélange d’eau et de déjections propre aux élevages. Un été, à cause de pluies diluviennes, le lisier a ruisselé jusqu’à l’étang et, quelques mois après, on s’est rendu compte que les poissons s’étaient multipliés de façon considérable. Mon père cherchait alors des revenus complémentaires. Il a pensé à une diversification autour de la pisciculture. Nous avons rationalisé ce que nous avions constaté de manière empirique et, aujourd’hui, nous élevons les poissons de A à Z, depuis les minuscules larves jusqu’aux gros spécimens.

À quel usage les poissons sont-ils destinés ?

Il s’agit surtout de poissons d’ornement que les clients achètent pour leurs bassins ou aquariums. Depuis quelques années, je propose notamment des carpes koï européennes, particulièrement jolies et colorées. J’élève également des carpes dites « amour blanc », qui régulent la flore dans les étangs. Enfin, au moment des fêtes de fin d’année, je vends des poissons comestibles comme les brochets ou les sandres. La plupart de mes clients sont des particuliers, mais je compte également quelques collectivités.

Dans la vie quotidienne à la ferme, quel est le lien entre l’activité laitière, les cultures au sol et les bassins de pisciculture ?

Les trois ateliers sont complémentaires et forment un véritable cercle vertueux. Pour schématiser, les déjections liquides des vaches laitières sont récupérées dans l’étable. Elles sont déversées dans l’étang où elles nourrissent les phytoplanctons qui nourrissent eux-mêmes les zooplanctons, pour arriver enfin aux larves et aux poissons dans les bassins. C’est donc une « chaîne alimentaire aquatique » qui commence avec les vaches. Cette technique de dépollution des eaux naturelle et écologique s’appelle le lagunage, mais nous allons encore plus loin que les projets habituels, car une partie de l’eau sert ensuite à arroser les cultures qui nourrissent le troupeau. La boucle est bouclée !

Vous avez été sélectionnée pour participer aux trophées de l’agro-écologie. De quoi s’agit-il ?

C’est un concours national organisé par le Ministère de l’agriculture. Il récompense les projets innovants et respectant les principes de l’agriculture durable. Notre projet répond à tous ces critères. Il est d’abord novateur, ce qui explique pourquoi il a fallu plusieurs années pour obtenir toutes les autorisations administratives ! Économiquement, le concept est rentable. Socialement, je travaille avec deux salariés à temps plein et chacun d’entre nous doit être qualifié sur tous les postes de l’exploitation. Écologiquement, enfin, ce système permet de recycler et d’économiser les ressources en créant un cycle de production intelligent. Je cherche également à produire sur place la plus grande partie de l’alimentation des animaux afin de tendre vers l’autonomie, le tout en pariant sur la biodiversité des cultures (céréales, luzerne, pois, lin, maïs, vesce…), les rotations et d’autres techniques permettant d’améliorer la qualité des sols. Le tout se fait bien sûr dans le respect du bien-être animal : dans les élevages français, où les troupeaux sont de taille réduite, le lien avec les animaux reste quotidien et individualisé. Avec ce concours, j’ai à cœur de faire connaître mon engagement, pourquoi pas susciter des vocations, et surtout découvrir les nombreux projets innovants et écologiques qui maillent l’ensemble du territoire agricole français.

La ferme de Scay
18190 VENESMES
http://www.poisson-koi-venesmes.com
Facebook https://www.facebook.com/HSCAY
Et https://www.facebook.com/FERMEDESCAY?ref=hl