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La filière laitière

Elevage et territoire
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Des vaches bien dans leur peau !

Les éleveurs ne manquent pas d’idées pour bichonner leurs troupeaux.

Vache-sous-la-brosse

Bruno-NeyroudLes éleveurs ne manquent pas d’idées pour bichonner leurs troupeaux et assurer le confort des vaches tout au long de l’année. En Isère, Bruno Neyroud élève, avec ses deux associés, une soixantaine de vaches laitières de race Montbéliarde dont le lait est destiné à la fabrication du saint-marcellin IGP*. Il confie ses astuces pour assurer le bien-être quotidien du troupeau.

Quel est l’intérêt, pour un éleveur, de bichonner ses vaches ?
La première chose, c’est que nous passons le plus clair de notre temps avec elles : nous aimons nos bêtes et nous préférons les voir contentes ! De toute façon, d’un point de vue économique, une vache bien dans son environnement produit plus et mieux. De plus, elle a moins de soucis de santé, de pieds, d’articulations… C’est donc aussi une sorte de prévention. Par exemple, une aération de l’étable dans les règles de l’art est indispensable pour éviter les courants d’air. Ici, les murs sont pleins jusqu’à deux mètres de haut, puis des filets brise-vent et des planches légèrement espacées prennent le relais. Au niveau du toit, les deux parties de la toiture sont légèrement décalées pour que l’humidité s’évacue. Avec ces aménagements, l’aération est lente mais constante.

On dit d’ailleurs qu’une vache heureuse est avant tout une vache bien logée.
Oui, c’est vrai : quand il fait froid, en hiver, les vaches sont rentrées à l’étable pour plusieurs mois. Il est indispensable qu’elles y soient à leur aise. C’est pourquoi depuis septembre 2013, nous avons installé des logettes qui leur permettent de bénéficier de couchages individuels pour dormir et ruminer en paix. Ce ne sont pas des box mais des zones délimitées par des tubes latéraux. Avant, toute l’étable était paillée et les bêtes se couchaient où elles voulaient. Le problème, c’est que dès que l’une d’entre elles se levait, elle dérangeait les autres. Désormais, elles restent ensemble tout en gardant leur espace. Bref, les logettes, c’est une tranquillité assurée pour les vaches.

Comment ces logettes sont-elles aménagées ?
Sur le sol de chaque logette, un tapis en caoutchouc souple, posé sur des petits plots, forme une sorte de matelas moelleux – pour une exploitation comme la nôtre, l’investissement a été de 11 000 euros. Une couche de paille fraîche, renouvelée chaque jour, parachève le confort de ce lit sur mesure. De plus, le sol est très légèrement pentu, de façon à ce que la tête des vaches soit un peu plus haute que l’arrière du corps : non seulement c’est plus confortable, mais en plus ça permet aux fuites éventuelles de lait de s’évacuer. Enfin, les espaces sont conçus de façon à ce que les déjections des vaches tombent à l’arrière des logettes et non dans la zone de couchage, ce qui permet de garder les bêtes propres.

Vache-sous-la-brosseAQuelles sont les autres techniques pour assurer le confort des vaches ?
C’est bien sûr la mise à disposition de grandes quantités de nourriture et d’eau fraîche, mais aussi le pâturage : quand on met les vaches à l’herbe, le premier jour, elles sautent en l’air tant elles sont contentes ! Ici, elles sont dehors au moins 180 jours par an, comme l’exige le cahier des charges du saint-marcellin IGP. On a d’autres astuces, comme la mise à disposition de pierres de sel que les vaches lèchent à leur guise : elles en sont friandes et cela complète l’apport en sels minéraux. Mais l’exemple le plus amusant à observer, c’est sans doute la grosse brosse rotative installée dans l’étable : elle se met en route automatiquement dès que les vaches passent dessous pour se gratter le dos, le cou, la croupe… Elles adorent ça ! D’ailleurs, en hiver, la brosse fonctionne 22 heures par jour. Au-delà de leur bien-être, cela stimule leur circulation sanguine et contribue à leur propreté.

Avez-vous d’autres projets pour la suite ?
En 2014, nous souhaitons installer un brumisateur qui permettra, pendant les traites d’été, de rafraîchir les vaches et de les protéger des mouches qui détestent l’humidité. Tout ceci représente des investissements assez lourds, mais il ne faut jamais oublier que mieux les vaches se portent, meilleure est la qualité du lait !

GAEC de Sully
146 chemin de Doz
38470 VARACIEUX

* Bruno Neyroud est aussi le président du comité pour le saint-marcellin (CISM).

A la découverte d'un monde vivant, l'exploitation laitière!

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