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La filière laitière

Elevage et territoire
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La consommation d’eau dans les fermes laitières

Au cours des dernières années, plusieurs travaux ont été entrepris, pour mieux estimer et optimiser la consommation d’eau douce dans les exploitations laitières.

Vaches buvant à la rivière

La filière laitière est engagée de longue date dans l’agriculture durable. Dans ce contexte, la consommation d’eau douce est un enjeu fondamental, tant pour les éleveurs et leurs troupeaux que pour l’environnement. Gros plan sur l’ « empreinte eau » des produits laitiers.

Qu’est-ce que l’ « empreinte eau » ?

L’ « empreinte eau » désigne la quantité d’eau douce nécessaire pour produire un bien ou un service. Dans le contexte de l’élevage laitier, il s’agit du volume d’eau utilisé pour produire 1 litre de lait.

Cette définition paraît simple mais elle masque une réalité complexe. Pendant plusieurs années, des méthodes de calcul très disparates ont ainsi abouti à des résultats impossibles à comparer. C’est pourquoi le comité « environnement » de la Fédération Internationale du Lait (FIL) a travaillé, pendant plus d’un an, à la création d’un guide méthodologique pour calculer de manière cohérente et uniformisée l’empreinte eau des produits laitiers. L’objectif : identifier clairement les leviers à actionner pour r­éduire cette empreinte, tout en tenant compte des spécificités de l’élevage laitier et de la zone géographique concernée.

Alors, l’élevage laitier consomme-t-il beaucoup d’eau ?

Non. À la demande de l’interprofession laitière (CNIEL), l’Institut de l’élevage a en effet appliqué la méthode de calcul de la FIL à l’élevage laitier français. Les résultats montrent qu’il faut en moyenne 10 litres d’eau pour produire 1 litre de lait, et non 1 000 litres comme on a pu l’entendre autrefois !

Ce chiffre comprend l’eau nécessaire pour abreuver les animaux (une vache boit en moyenne 50 litres d’eau par jour), laver la salle de traite et ses équipements, pré-refroidir le lait, fabriquer les fertilisants, produire l’énergie utilisée sur la ferme et cultiver l’alimentation des vaches (l’une des particularités des fermes laitières françaises est leur autonomie fourragère). Toutefois, concernant ce dernier point, il faut savoir qu’en France, l’herbe, le maïs et les céréales consommés par les vaches n’ont pas besoin d’être irrigués.

Cette étude a également permis de repérer les marges de progrès pour r­éduire encore plus la consommation d’eau douce dans les élevages (nettoyage économe, lutte contre les fuites grâce à l’installation de compteurs, valorisation des eaux de toiture, utilisation de l’eau du pré-refroidisseur pour l’abreuvement des vaches…).

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Traite au SIA
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La traite des vaches pendant le Salon de l’Agriculture

La traite des vaches pendant le Salon de l’Agriculture

Ce n’est pas parce que les vaches laitières font Salon dans la plus grande ferme éphémère de France qu’elles arrêtent subitement de produire du lait !

Traire les vaches laitières pendant le Salon International de l’Agriculture, c’est toute une organisation ! Le point avec Olivier Bruchon, directeur technique de la société DeLaval, qui fournit des machines à traire et autres équipements spécialisés aux éleveurs du monde entier.

Comment se passe la traite pendant le Salon de l’Agriculture ?
Olivier Bruchon : Les vaches laitières qui viennent dans le hall 1 du Salon de l’Agriculture avec leurs éleveurs produisent du lait. Comme à la ferme, elles ont besoin d’être traites deux fois par jour pour leur confort. La société DeLaval fournit au Salon une salle de traite entièrement aménagée, ainsi qu’une petite équipe, dont je fais partie, pour assurer les traites avec les éleveurs. Chacun d’entre eux amène sa vache deux fois par jour. La première traite a lieu le matin, à partir de 5 h 30, et la deuxième en fin d’après-midi. Les veilles de concours, il arrive aussi de procéder à une traite de nuit. Après chaque traite, la salle et tout le matériel sont entièrement lavés et désinfectés.

Que fait-on du lait qui est trait pendant le Salon de l’Agriculture ?
O. B. : En sortant de la mamelle, le lait part directement vers le tank à lait, un grand réservoir refroidissant, via les canalisations appelées « lactoducs ». Il y est réfrigéré pendant environ deux jours. La laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, à Orléans, vient en effet le récupérer régulièrement dans un camion-citerne isotherme. Le laitier se connecte directement sur le tank avec une pompe, ce qui permet d’éviter tout contact avec l’extérieur. Rapidement acheminé vers la laiterie, ce lait est essentiellement transformé en lait de consommation, conditionné dans des briques Tetrapak ou des bouteilles en plastique. On fabrique également un peu de crème et quelques crèmes dessert. Bien sûr, chaque éleveur est rémunéré pour le lait qu’il fournit pendant le Salon de l’Agriculture en fonction de la quantité obtenue, ce qui est facile à déterminer car un compteur est intégré à notre machine à traire.

Comment la sécurité sanitaire du lait est-elle assurée ?
O. B. : Tout le lait produit pendant le Salon de l’Agriculture est scrupuleusement analysé, de la même manière qu’à la ferme. Une première analyse est faite sur chaque vache juste avant la traite : l’éleveur tire ce que l’on appelle les « premiers jets » du pis, ce qui permet de procéder à un contrôle préalable en observant attentivement le lait. Nous sommes aidés dans cette mission par de jeunes étudiants issus de lycées agricoles. Si le lait est bon, ce qui est le cas la plupart du temps, il est envoyé dans le tank destiné à la laiterie. Un deuxième contrôle sanitaire est effectué au sein-même de la cuve. Quand le lait n’est pas conforme, il est systématiquement détruit.

Quelle quantité de lait obtient-on pendant le Salon de l’Agriculture ?
O. B. : Cette année, nous devrions arriver à 45 tonnes de lait, ce qui représente 45 000 litres. Notre salle de traite effectuant des relevés de production par animal, il est facile de procéder à des comparaisons. On voit par exemple que les Prim’Holstein sont bel et bien les vaches les plus productives, avec 50 litres de lait par jour, voire davantage pour les championnes. Viennent ensuite la Montbéliarde et la Normande, qui fournissent un lait moins abondant mais mieux adapté à la transformation fromagère grâce à sa teneur supérieure en protéines. Quoi qu’il en soit, le Salon de l’Agriculture accueille les fleurons de l’élevage français : c’est une occasion privilégiée pour découvrir en direct toute la diversité et les spécificités des races laitières françaises.

> Retrouvez toutes les étapes de la traite dans ce film réalisé par la société DeLaval pendant le Salon de l’Agriculture 2015 :

Bleue du Nord
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Portrait de vache : la Bleue du Nord

Portrait de vache : la Bleue du Nord

Bienvenu chez les vaches ch’tis !

On compte actuellement environ 650 vaches Bleues du Nord en France. Cette race locale, sauvée in extremis de la disparition après la Deuxième Guerre mondiale, présente pour ses éleveurs une véritable valeur sentimentale et identitaire.

Histoire d’une race mixte entre la France et la Belgique

Issue d’une race originaire de la région de Bruxelles et d’un métissage entre des races européennes et britannique, la Bleue du Nord se développa dans le Nord de la France à partir du milieu du XIXe siècle. Elle y était alors surtout utilisée pour ses aptitudes laitières, bien qu’il s’agisse d’une race mixte, aussi bonne laitière que bouchère. Le cheptel, essentiellement situé en plein cœur des champs de bataille, subit toutefois de lourdes pertes pendant la Première Guerre mondiale. Autre coup dur après 1945 : comme de nombreuses races locales, la Bleue du Nord fut délaissée au profit de laitières à fort rendement, telle la Prim’Holstein. C’est grâce à la persévérance de quelques producteurs que sa disparition fut évitée en France. Au fil du temps, les éleveurs belges poussèrent leurs troupeaux vers la production bouchère, renommant la race « Blanc-Bleu Belge ». En France, au contraire, le caractère mixte et l’orientation laitière de la Bleue du Nord furent conservés. Les deux races sont aujourd’hui regroupées sous la dénomination « Bleue Mixte ».

La race locale par excellence

Une vache bleue ? Oui, c’est possible ! Pour autant, ne vous attendez pas à observer des troupeaux de la couleur des Schtroumpfs lors d’un séjour dans l’Avesnois ou le Hainaut, car la robe de la Bleue du Nord est faite de nuances. La plupart du temps, elle est blanche et parsemée de taches plus ou moins grandes, dont le mélange de poils noirs et blancs donne une belle impression bleutée tirant vers l’ardoise. Mais il existe aussi des vaches toutes blanches, et d’autres beaucoup plus foncées avec une teinte qui va vers le noir. Mais toutes sont de véritables Bleues du Nord ! D’une rusticité parfaitement adaptée au climat humide et froid de leur région d’origine, celles-ci sont calmes, douces et dociles, ce qui n’empêche pas, d’après leurs éleveurs, un caractère parfois têtu. Bref, ce sont des vaches solides et attachantes.

Le pavé bleu, un fromage à pâte persillée

Aujourd’hui, la Bleue Mixte fait l’objet d’un programme transfrontalier appelé « BLUESEL », qui vise à soutenir et à encourager le développement de l’élevage de cette race traditionnelle en France et en Belgique. C’est grâce à BLUESEL qu’un fromage à pâte persillée, le Pavé Bleu, a été créé avec la collaboration technique du Lycée agricole de Le Quesnoy. Sa croûte gris bleuté, avec des touches de blanc, rappelle les pavés de pierre bleue caractéristiques de la province du Hainaut et du Nord de la France, mais aussi, bien sûr, la robe de la vache locale. Le fromage est exclusivement élaboré avec le lait cru de la Bleue du Nord. La pâte, particulièrement onctueuse en bouche, présente un goût de persillé plus ou moins fort selon l’affinage, qui dure entre six et huit semaines. Un délice sur un plateau ou en association avec de la poire, avec, en guise de boisson, une bonne bière du Nord !

Crédit photo : Samuel Dhote – CRRG.