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La filière laitière

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Elevage et territoire
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95 % des élevages laitiers français adhèrent à la Charte des bonnes pratiques d’élevage

Les éleveurs à la tête de troupeaux de plus de 20 vaches laitières ont adhéré massivement à la Charte des bonnes pratiques d’élevage.

Eleveur et vache

95 % des élevages de plus de 20 vaches laitières sont signataires de cette charte, une démarche qui aide les producteurs de lait – entre autres – à progresser dans leurs pratiques tout en répondant aux attentes des consommateurs.

La Charte des bonnes pratiques d’élevage, un outil « gagnant gagnant »

La Charte des bonnes pratiques d’élevage bénéficie d’un soutien actif du Centre National Interprofessionnel de l’Economie Laitière (CNIEL). Son objectif est double : elle constitue à la fois un outil de progrès pour les éleveurs, qui sont accompagnés par des techniciens de terrain dans l’évolution de leurs pratiques professionnelles, et un gage de transparence pour les consommateurs.

Logo Charte des bonnes pratiques d'élevageL’adhésion des éleveurs laitiers, qui repose sur le volontariat, a été massive : aujourd’hui, 95 % des élevages laitiers de plus de 20 vaches sont engagés, ce qui représente près de 95 % du lait produit en France ! Des audits réalisés par des techniciens d’élevage au sein des fermes permettent d’identifier les acquis des éleveurs et d’étudier les points sur lesquels il est encore possible de progresser.

Pour répondre aux attentes de la société, la Charte s’est inscrite dans une dynamique d’évolution permanente. C’est pourquoi elle a été mise à jour en 2003, en 2007 puis en 2012.

Les 6 engagements essentiels des éleveurs qui adhèrent à la Charte

  1. Identification : tous les animaux de l’exploitation bénéficient d’une parfaite traçabilité grâce à une identification selon les règles en vigueur. En particulier, les fameuses boucles d’oreille en plastique orange sur les oreilles des vaches sont faites pour ça !
  2. Santé du troupeau : dans le cas où un animal est malade, les soins apportés sont choisis avec l’appui du vétérinaire et enregistrés dans un carnet sanitaire.
  3. Alimentation du troupeau : elle est saine, équilibrée et tracée. En particulier, les animaux sont nourris et abreuvés conformément à leurs besoins, dans d’excellentes conditions d’hygiène, avec des aliments correctement stockés et suivis.
  4. Qualité du lait : une hygiène rigoureuse (propreté de l’installation de traite du local de stockage du lait et du matériel de réfrigération, éclairage approprié…) permet d’assurer la santé des vaches et la qualité sanitaire du lait produit.
  5. Bien-être des animaux et sécurité des personnes : les animaux vivent dans des espaces où la propreté est maintenue en toute saison, dans des conditions de confort respectant leurs besoins. Les bonnes pratiques envers les animaux assurent aussi la sécurité des personnes travaillant sur l’exploitation ou intervenant ponctuellement auprès du troupeau.
  6. Protection de l’environnement : attention portée à la biodiversité sur l’exploitation, qualité de l’eau, gestion des déchets, stockage de carbone, économies d’énergie… L’élevage laitier s’inscrit dans une démarche de développement durable.

> Pour en savoir plus : le site de la charte des bonnes pratiques d’élevage

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Produits laitiers bio
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Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Lait de consommation, yaourt, crème dessert, fromage frais, beurre, crème fraîche, fromage affiné : tous les produits laitiers peuvent être issus de l’agriculture biologique !

En 2014, la collecte de lait de vache biologique, qui concerne près de 2 100 éleveurs, a atteint 537,4 millions de litres. Cela représente une augmentation de 9,2 % par rapport à 2013. Mais que veut dire exactement « agriculture biologique » ?

Un mode de culture durable…

L’agriculture biologique est l’une des formes de l’agriculture durable, qui « se définit par une production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé » (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie) :

  • Les cultures sont produites sans pesticides de synthèse, engrais chimique ou organismes génétiquement modifiés (OGM). Ceux-ci sont remplacés par d’autres produits d’origine végétale ou animale : fumiers, lisiers, composts pour fertiliser ou éliminer les parasites…
  • Du côté de l’élevage, les animaux sont nourris avec des aliments principalement issus de la ferme, cultivés selon les règles de l’agriculture biologique. Leur santé passe avant tout par la prévention et l’utilisation de médecines douces. Ils disposent obligatoirement d’un accès au plein air et d’espace.
  • Les produits laitiers bio dépendent d’un circuit de fabrication spécifique. Ils ne contiennent ni exhausteurs de goût, ni colorants, ni arômes chimiques de synthèse. L’utilisation d’additifs est très fortement limitée.

Cela ne signifie pas que les produits laitiers issus de l’agriculture conventionnelle sont élaborés dans des conditions ne respectant pas l’environnement, la santé ou le bien-être animal – en France, par exemple, l’élevage est très majoritairement composé de petites exploitations où chaque vache est bichonnée quotidiennement. Simplement, ils ne peuvent pas bénéficier du label bio.

… et contrôlé par les pouvoirs publics

À la différence de l’agriculture raisonnée, l’agriculture biologique constitue en effet l’un des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine tels que l’AOP, l’IGP ou le label rouge. À ce titre, elle fait l’objet de contrôles stricts de la part d’un organisme certificateur indépendant agréé par les pouvoirs publics.

Deux logos garantissent que le produit respecte les règles de l’agriculture biologique :

  • Logo bio européenLe logo bio européen est obligatoire sur tous les produits bio alimentaires pré-emballés dans l’Union européenne. Il comporte l’indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit (« Agriculture UE », « Agriculture non UE » ou « Agriculture UE/non UE », avec la possibilité de mentionner le pays), ainsi que le numéro de code de l’organisme certificateur. Les logos nationaux et privés peuvent être utilisés en complément.
  • Logo ABLe logo AB, français, est facultatif. Propriété exclusive du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt qui en définit ses règles d’usage, il identifie, comme le logo bio européen, des produits 100 % bio ou contenant au moins 95 % de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés.

Le logo bio peut accompagner d’autres signes officiels de qualité. C’est pourquoi il est possible de trouver du comté AOP bio, de la crème d’Isigny AOP bio ou du beurre de Bresse AOP bio !

Plateau de fromage
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Le fromage, un patrimoine en mouvement

Le fromage, un patrimoine en mouvement

C’est ce qu’a montré le colloque « Le fromage, patrimoine culturel français et européen ».

Le colloque international « Le fromage, patrimoine culturel français et européen » s’est tenu à Paris le 15 octobre 2015. À cette occasion, plusieurs experts internationaux ont partagé les dernières découvertes concernant cet aliment emblématique de notre culture et de notre gastronomie. Zoom sur trois enseignements qui montrent la richesse du patrimoine fromager en France et en Europe.

1. Le fromage est un patrimoine plus que millénaire.

Comme l’a expliqué Mélanie Roffet-Salque de l’Université de Bristol, des débris de poteries percés de petits trous, datant du sixième millénaire av. J.-C., ont été découverts dans des sites du début du Néolithique en Europe tempérée. Leur analyse a établi que ces récipients étaient utilisés pour transformer le lait. Autrement dit, les hommes ont exploité le lait des animaux dès leur domestication, prouvant l’ancienneté de la consommation de produits laitiers. Le fromage fournissait ainsi du lait aux populations sous une forme non-périssable et aisément transportable. Ce n’est pas un hasard si, en Grèce et dans la Rome antiques, il était vu comme l’aliment des hommes « civilisés » ! Au fil du temps, les produits se sont diversifiés. Le résultat ? Une géographie des fromages qui exprime l’histoire et la diversité des terroirs, comme l’a montré le géographe Jean-Robert Pitte.

2. Les Européens aiment passionnément le fromage, mais tous ne le consomment pas de la même manière.


Aujourd’hui, le fromage fait partie du quotidien alimentaire en France (87 % des Français consomment du fromage tel quel), mais aussi dans les autres pays fromagers d’Europe que sont les îles britanniques, la péninsule ibérique, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas. Chaque pays possède toutefois ses particularités locales et ses habitudes de consommation :

  • En France, le fameux plateau de fromage servi avant le dessert continue de ravir les adeptes du repas à la française, surtout chez les plus de 60 ans, très attachés à ce mode de consommation traditionnel.
  • Au Danemark, le fromage est dégusté au petit-déjeuner, pendant le repas de midi sur du pain ou en plateau accompagné de fruits secs, radis, confiture de coing et crackers.
  • En Irlande et Irlande du Nord, le fromage apparaît le plus souvent dans des snacks et sandwichs à différents moments de la journée. Il est parfois servi après le dessert avec du raisin, du chutney et éventuellement du porto. Il fait partie du fameux « ploughman lunch » : cet en-cas typique composé de pain, de beurre, de fromage, de jambon, de salade et de pickles, est servi dans les pubs et généralement accompagné de bière.

3. Les goût et les usages du fromage ne cessent d’évoluer.

Le fromage a beau continuer à séduire les Français et les Européens en mode traditionnel, il a pris le train des nouveaux modes de consommation au cours des dernières années :

  • De nouveaux usages et moments de dégustation se sont développés. En particulier, le fromage s’est installé à l’apéritif, comme en-cas autour d’associations originales et en tant qu’ingrédient culinaire.
  • Les évolutions des modes de vie (bi-activité des couples, allongement des temps de transport et de loisirs…) se sont traduites par une baisse du temps passé devant les fourneaux, d’où le succès des aliments prêts à utiliser, des surgelés et des plats préparés. Les repas pris à l’extérieur (cantine, restaurant, fast-food, etc.) sont également de plus en plus fréquents.
  • Dans le même temps, les changements profonds de la filière alimentaire au cours des dernières décennies ont engendré une recherche de transparence et une volonté de retrouver du lien entre le producteur et le consommateur, comme l’a expliqué l’agronome et sociologue Eric Birlouez : retour aux produits locaux, soif d’information sur l’origine des produits…

Pour les producteurs de fromage, ces changements constituent à la fois un défi et une opportunité : le fromage fait partie, avec les fruits et les yaourts et fromages blancs, du top 3 des produits les plus souvent consommés en dehors des repas. Il reste également l’un des symboles vivants de la richesse du terroir français.

> Le colloque « Le fromage, patrimoine culturel français et européen » était porté par le programme « Cheese up your life », lancé par la France, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni (Irlande du Nord) dans le cadre du collectif EMF (European Milk Forum) et co-financé par la Commission Européenne. Ce programme a pour objectif de valoriser le fromage comme une partie intégrante d’une culture européenne du fait de sa diversité et de la variété de ses usages.