Les produits laitiers

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Economie et société, Les produits laitiers
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Les confréries fromagères entre sauvegarde et promotion

Le grand maître de la confrérie du maroilles explique le rôle et le fonctionnement de ces associations qui défendent et promeuvent le patrimoine gastronomique français.

Confrérie du Maroilles

La confrérie des Amateurs de TArtines au Camembert dans le Café était un poisson d’avril, mais les confréries gastronomiques existent bel et bien ! En France, on compte plusieurs centaines de ces formes d’associations dont l’origine remonte au Moyen Âge. Chacune possède son costume et ses rituels, mais toutes se retrouvent dans une joyeuse fidélité aux traditions gourmandes. Parmi les produits à l’honneur, le fromage se taille la part du lion. Certaines confréries sont nationales voire internationales, telles la confrérie des Chevaliers du Taste Fromage de France ou la confrérie de Saint-Uguzon, mais la plupart d’entre elles se consacrent à un seul produit dont elles assurent avec passion la promotion. Rencontre avec Claude Leduc, fabricant de maroilles, président du syndicat de cette grande AOP du Nord-Pas-de-Calais et grand maître de la confrérie du maroilles.

À quoi sert une confrérie ?
Claude Leduc : C’est un outil de promotion, animé par des passionnés bénévoles, qui prend la forme d’une association d’un genre particulier. La confrérie du maroilles a été créée en 1983 par le syndicat de l’AOP, qui souhaitait faire mieux connaître ce fromage aux consommateurs tout en défendant les savoir-faire authentiques qui lui sont associés. La confrérie compte aujourd’hui une quinzaine de confrères. J’en suis le grand maître, c’est-à-dire le responsable. Nous nous déplaçons dans des manifestations grand public, depuis les foires locales jusqu’au Salon International de l’Agriculture, qui constituent autant d’occasions de faire connaître le fromage, d’expliquer comment il est fabriqué et bien sûr de le faire déguster.

Comment devient-on membre de la confrérie du maroilles ?
C. L. : Il faut soumettre sa candidature ou être proposé par un membre de la confrérie. Le candidat, que l’on appelle « impétrant », remplit alors un dossier de renseignements précisant les informations de base sur son identité, ses éventuels titres bachiques ou gastronomiques dans d’autres confréries, ses violons d’Ingres, ainsi que quelques anecdotes pittoresques sur sa vie. Tout ceci permet de préparer le discours qui sera prononcé lors de son intronisation. Celle-ci se déroule en public, par exemple à l’occasion de la foire aux fromages de La Capelle, selon un cérémonial particulier et solennel qui utilise un vocabulaire issu du vieux français, avec des prises de parole successives liées au grade de chacun : grand maître, connétable, chancelier, scribe, héros… Le nouveau membre reçoit une médaille et un diplôme.

On connaît surtout les confréries pour la place qu’elles accordent au folklore : costumes, vocabulaire, apparat… Pourquoi ce parti pris ?
C. L. : Ce n’est pas du folklore pour le folklore, mais un outil de promotion qui a démontré son utilité. Comme je vous le disais, l’objectif de la confrérie est de faire mieux connaître le produit. Or, quel meilleur moyen de se faire remarquer, dans une foire ou un défilé, qu’en revêtant un costume original et spectaculaire qui rappelle les robes des notables de l’Ancien Régime ? Le costume de la confrérie du maroilles reprend naturellement la couleur orangée du fromage. Dans le même esprit, le cérémonial d’intronisation impose généralement le silence et donne envie aux spectateurs de tendre l’oreille. Quand ils viennent ensuite nous poser des questions et partager leurs impressions, on sait que le pari est gagné !

> Pour en savoir plus :

Crédit photo : Confrérie du Maroilles.

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ATACC
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Adhérez à la confrérie des Amateurs de TArtines au Camembert dans le Café !

Adhérez à la confrérie des Amateurs de TArtines au Camembert dans le Café !

Sans l’activisme des adhérents d’ATACC, c’est tout un pan de l’histoire culturelle française qui pourrait disparaître.

ATACC : voici l’acronyme de cette confrérie qui défend une habitude partagée par de nombreux Français.

La genèse d’un combat

C’est à Montsecret-Clairefougère, petit village normand situé dans l’Orne, qu’est née la confrérie des Amateurs de TArtines au Camembert dans le Café. « Il y a cinq ans, j’étais à Paris pour un salon professionnel, confie Jean-Jacques, président d’ATACC. Le matin, à l’hôtel, j’ai naturellement demandé du camembert à tartiner sur le pain grillé avec mon café. Le serveur m’a répondu froidement qu’ici, ces choses-là ne se faisaient pas ! » De fait, pour de nombreux Français, tremper le camembert national s’apparente à un crime de lèse-majesté. Stéphanie, blogueuse très attachée aux traditions culinaires, n’y va pas par quatre chemins : « J’ai entendu parler de cette pratique, mais honnêtement, je la trouve scandaleuse, d’autant que le café n’est pas un produit local. C’est un peu comme mettre du lait dans la sauce bolognaise. » Chez Jean-Jacques, la pilule passe mal. « D’abord, Stéphanie dit n’importe quoi : il y a du lait dans la bolognaise. Ensuite, comme je le dis toujours à ma fille de quatre ans, avant de dire beurk, on goûte. »

Las de subir mépris et moqueries de la part des non-initiés, Jean-Jacques décide en 2011 de créer ATACC. Au départ, il s’agit d’une poignée de joyeux copains revendiquant régulièrement leur passion autour d’un petit-déjeuner partagé. « On se réunissait un dimanche par mois pour un brunch informel, avec du camembert et du café à volonté, mais aussi du pâté de foie et du chocolat chaud pour les becs sucrés », témoigne Jérôme, le fidèle ami d’enfance. Mais c’était sans compter le bouche-à-oreille. Au fil du temps, de plus en plus d’amateurs se dévoilent. « L’un des adhérents a même appris que son arrière-arrière-grand-mère s’adonnait déjà à ce plaisir ! Finalement, c’est comme la crème fraîche dans la sauce carbonara : personne ne le dit, mais tout le monde en met », assure Jean-Jacques.

Entre discipline, flexibilité et projets d’avenir

La confrérie des Amateurs de TArtines au Camembert dans le Café compte désormais près de 650 adhérents. Chacun d’eux est intronisé après une cooptation en bonne et due forme ainsi qu’une cérémonie d’investiture ritualisée. Il s’engage ensuite à respecter un cahier des charges dont les règles ont été définies de façon collégiale. Pas question de se contenter de café lyophilisé ! Le café-filtre versé dans un bol reste le choix des puristes. Du point de vue de l’affinage, en revanche, tout est permis. Si Jean-Jacques avoue une préférence pour les camemberts très coulants – « c’est plus facile à tartiner » –, les personnes optant pour un fromage encore ferme demeurent les bienvenues, tout comme celles qui garnissent leur pain de beurre avant d’y déposer le camembert. « Je dois admettre que c’est très bon », concède Jean-Jacques.

Parmi ses différents projets, la confrérie essaie aujourd’hui de déterminer la meilleure technique pour assurer une dégustation optimale. Le défi ? Tremper la tartine suffisamment longtemps pour faire fondre le fromage, mais sans prendre le risque d’aboutir à une bouchée sans mâche, ou pire, un morceau de tartine tombant mollement dans le café. « Là, c’est irrécupérable, il n’y a plus qu’à tout recommencer, prévient Jean-Jacques. Nous devons encore mener plusieurs tests mais, à mon humble avis, l’idéal est de procéder à un trempage d’une seconde, voire deux pour ceux qui n’ont pas froid aux yeux. » Autre ambition, et non des moindres : ATACC bataille avec l’UNESCO pour faire ajouter un avenant au dossier définissant le « repas gastronomique des Français » sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. « Après tout, c’est une pratique ancienne, attestée par de nombreuses sources orales et typique de notre patrimoine culturel. Je pense qu’il est essentiel de la préserver dans le contexte actuel de mondialisation », conclut Jean-Jacques, optimiste. On lui souhaite bonne chance !

Cet article était un poisson d’avril  ;-) Les amateurs de tartines de camembert ou de maroilles trempées dans le café existent vraiment (et on leur souhaite la bienvenue sur notre site !), mais ils ne sont pas (encore) réunis en confrérie et ne militent pas (encore) auprès de l’UNESCO pour inscrire leur péché mignon au patrimoine de l’humanité. En revanche, le lait dans l’authentique sauce bolognaise, c’est 100 % vrai !

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La saga publicitaire des produits laitiers

La saga publicitaire des produits laitiers

Depuis 1981 et la diffusion des premiers spots télévisés, la collective ou des produits laitiers ou interprofession laitière s’est adaptée à son temps.

La collective des produits laitiers communique auprès des consommateurs depuis longtemps ! Retour sur 35 ans de spots publicitaires qui ont marqué les téléspectateurs français.

Les années 1980 : nos amis pour la vie, déjà !

Scoop pour ceux qui sont nés après 1990 : le célèbre slogan « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie » ne date pas du XXIe siècle mais des années 1980. C’est en effet en 1981 que la filière laitière, qui réunit les producteurs et les transformateurs de lait, décide de communiquer d’une même voix auprès des Français. Une campagne de publicité est lancée autour du slogan devenu culte. Énergie, vitalité et esthétisme coloré des années 80 sont au programme dans plusieurs films ludiques mêlant images réelles et dessins animés. Femmes actives, mères au foyer, enfants, adolescents, artisans, salariés… : les forces vives de la nation découvrent dans la gaieté les bienfaits et la modernité des laitages. En guise de souvenir délicieusement vintage, voici l’une des pépites de 1981, au style so eighties :

Les années 1990, des sensations pures

Au début des années 1990, les 15-25 ans deviennent une cible prioritaire de la communication de la filière. L’objectif : faire en sorte que les adolescents et jeunes adultes n’associent plus exclusivement les produits laitiers à l’univers de l’enfance, mais les intègrent à leur désir de transgression. L’agence chargée de réaliser la campagne mise alors sur un nouveau slogan : « Les produits laitiers, des sensations pures ». Naturalité, simplicité, goût : les laitages répondent au désir d’absolu, d’amour et d’hédonisme de la jeunesse française. Les premiers films, pétris de bien-être et de sensualité, sont conçus comme des clips vidéos. La musique et la voix envoûtantes de Chris Isaak contribuent au succès de la campagne :

Celle-ci continue pendant presque toute la durée des années 1990 sous plusieurs déclinaisons. En 1998, la volupté monte d’un cran avec des publicités racontant des rencontres amoureuses placées sous le signe du lait :


Fin des années 2000 : l’arrivée des bony boys

Pendant la première moitié des années 2000, la communication surfe sur la même vague en modifiant légèrement le slogan des années 90, qui devient « pures sensations ». Apparaissent aussi des spots axés sur les vertus santé et gustatives du beurre, années régime obligent. Mais le véritable changement a lieu en 2007. De nouvelles mascottes en images de synthèse sont créées pour viser les enfants : il s’agit des bony boys, petits squelettes vifs et sympathiques qui encouragent à consommer trois produits laitiers par jour, comme le recommande le PNNS (Programme National Nutrition Santé). Autre changement : vingt-cinq ans après sa création, le slogan « Les produits laitiers sont nos amis pour la vie » reprend du service. Voici alors les bonies dynamisés par leur consommation de produits laitiers, sous la protection bienveillante et nourricière d’une immense vache Bouddha :


En 2009, les personnages poursuivent leurs facéties en mettant K.O. le grand méchant loup, déguisés sous les masques des « trois petits cochons » :


Enfin, en 2012, ils explorent de nouveau l’univers des contes en montrant concrètement comment consommer 3 produits laitier par jour :


2015 : le retour du plaisir

C’est en 2015 qu’est diffusée la dernière campagne marquante. Les produits laitiers restent nos amis pour la vie, mais pas seulement : deux nouveaux spots télé chantent sans complexe le retour du plaisir, tout en valorisant les acteurs de la filière et en rappelant que les produits laitiers, éléments essentiels de notre patrimoine gastronomique, se mangent en toutes occasions :

À suivre !

> Vous avez aimé ce petit historique non exhaustif ? Retrouvez toutes les publicités diffusées depuis 1981 sur la chaîne Youtube des produits laitiers