filiere-laitiere

La filière laitière

Elevage et territoire
-

Portrait de vache : la Bleue du Nord

Bienvenu chez les vaches ch’tis !

Bleue du Nord

On compte actuellement environ 650 vaches Bleues du Nord en France. Cette race locale, sauvée in extremis de la disparition après la Deuxième Guerre mondiale, présente pour ses éleveurs une véritable valeur sentimentale et identitaire.

Histoire d’une race mixte entre la France et la Belgique

Issue d’une race originaire de la région de Bruxelles et d’un métissage entre des races européennes et britannique, la Bleue du Nord se développa dans le Nord de la France à partir du milieu du XIXe siècle. Elle y était alors surtout utilisée pour ses aptitudes laitières, bien qu’il s’agisse d’une race mixte, aussi bonne laitière que bouchère. Le cheptel, essentiellement situé en plein cœur des champs de bataille, subit toutefois de lourdes pertes pendant la Première Guerre mondiale. Autre coup dur après 1945 : comme de nombreuses races locales, la Bleue du Nord fut délaissée au profit de laitières à fort rendement, telle la Prim’Holstein. C’est grâce à la persévérance de quelques producteurs que sa disparition fut évitée en France. Au fil du temps, les éleveurs belges poussèrent leurs troupeaux vers la production bouchère, renommant la race « Blanc-Bleu Belge ». En France, au contraire, le caractère mixte et l’orientation laitière de la Bleue du Nord furent conservés. Les deux races sont aujourd’hui regroupées sous la dénomination « Bleue Mixte ».

La race locale par excellence

Une vache bleue ? Oui, c’est possible ! Pour autant, ne vous attendez pas à observer des troupeaux de la couleur des Schtroumpfs lors d’un séjour dans l’Avesnois ou le Hainaut, car la robe de la Bleue du Nord est faite de nuances. La plupart du temps, elle est blanche et parsemée de taches plus ou moins grandes, dont le mélange de poils noirs et blancs donne une belle impression bleutée tirant vers l’ardoise. Mais il existe aussi des vaches toutes blanches, et d’autres beaucoup plus foncées avec une teinte qui va vers le noir. Mais toutes sont de véritables Bleues du Nord ! D’une rusticité parfaitement adaptée au climat humide et froid de leur région d’origine, celles-ci sont calmes, douces et dociles, ce qui n’empêche pas, d’après leurs éleveurs, un caractère parfois têtu. Bref, ce sont des vaches solides et attachantes.

Le pavé bleu, un fromage à pâte persillée

Aujourd’hui, la Bleue Mixte fait l’objet d’un programme transfrontalier appelé « BLUESEL », qui vise à soutenir et à encourager le développement de l’élevage de cette race traditionnelle en France et en Belgique. C’est grâce à BLUESEL qu’un fromage à pâte persillée, le Pavé Bleu, a été créé avec la collaboration technique du Lycée agricole de Le Quesnoy. Sa croûte gris bleuté, avec des touches de blanc, rappelle les pavés de pierre bleue caractéristiques de la province du Hainaut et du Nord de la France, mais aussi, bien sûr, la robe de la vache locale. Le fromage est exclusivement élaboré avec le lait cru de la Bleue du Nord. La pâte, particulièrement onctueuse en bouche, présente un goût de persillé plus ou moins fort selon l’affinage, qui dure entre six et huit semaines. Un délice sur un plateau ou en association avec de la poire, avec, en guise de boisson, une bonne bière du Nord !

Crédit photo : Samuel Dhote – CRRG.

Plus d'articles

Mots clés

Vaches buvant à la rivière
article précédent
La consommation d’eau dans les fermes laitières

La consommation d’eau dans les fermes laitières

Au cours des dernières années, plusieurs travaux ont été entrepris, pour mieux estimer et optimiser la consommation d’eau douce dans les exploitations laitières.

La filière laitière est engagée de longue date dans l’agriculture durable. Dans ce contexte, la consommation d’eau douce est un enjeu fondamental, tant pour les éleveurs et leurs troupeaux que pour l’environnement. Gros plan sur l’ « empreinte eau » des produits laitiers.

Qu’est-ce que l’ « empreinte eau » ?

L’ « empreinte eau » désigne la quantité d’eau douce nécessaire pour produire un bien ou un service. Dans le contexte de l’élevage laitier, il s’agit du volume d’eau utilisé pour produire 1 litre de lait.

Cette définition paraît simple mais elle masque une réalité complexe. Pendant plusieurs années, des méthodes de calcul très disparates ont ainsi abouti à des résultats impossibles à comparer. C’est pourquoi le comité « environnement » de la Fédération Internationale du Lait (FIL) a travaillé, pendant plus d’un an, à la création d’un guide méthodologique pour calculer de manière cohérente et uniformisée l’empreinte eau des produits laitiers. L’objectif : identifier clairement les leviers à actionner pour r­éduire cette empreinte, tout en tenant compte des spécificités de l’élevage laitier et de la zone géographique concernée.

Alors, l’élevage laitier consomme-t-il beaucoup d’eau ?

Non. À la demande de l’interprofession laitière (CNIEL), l’Institut de l’élevage a en effet appliqué la méthode de calcul de la FIL à l’élevage laitier français. Les résultats montrent qu’il faut en moyenne 10 litres d’eau pour produire 1 litre de lait, et non 1 000 litres comme on a pu l’entendre autrefois !

Ce chiffre comprend l’eau nécessaire pour abreuver les animaux (une vache boit en moyenne 50 litres d’eau par jour), laver la salle de traite et ses équipements, pré-refroidir le lait, fabriquer les fertilisants, produire l’énergie utilisée sur la ferme et cultiver l’alimentation des vaches (l’une des particularités des fermes laitières françaises est leur autonomie fourragère). Toutefois, concernant ce dernier point, il faut savoir qu’en France, l’herbe, le maïs et les céréales consommés par les vaches n’ont pas besoin d’être irrigués.

Cette étude a également permis de repérer les marges de progrès pour r­éduire encore plus la consommation d’eau douce dans les élevages (nettoyage économe, lutte contre les fuites grâce à l’installation de compteurs, valorisation des eaux de toiture, utilisation de l’eau du pré-refroidisseur pour l’abreuvement des vaches…).

Belle des champs
article suivant
5 publicités fromagères qui ont marqué l’histoire de la télé

5 publicités fromagères qui ont marqué l’histoire de la télé

Caprice des Dieux, Boursin, Belle des Champs, Chaussée aux Moines, Vache qui rit : dans les 1980, les agences de publicités rivalisent d’inventivité !

La collective des produits laitiers communique sur l’ensemble des laitages français, mais chaque marque crée de son côté ses propres publicités. Petit voyage dans le temps avec 5 spots tout droit venus des années 1980.

Caprice à deux, caprice des Dieux

Créé par Jean-Noël Bongrain lui-même en 1956, le Caprice des Dieux investit le petit écran dès 1968 avec un slogan qui va marquer son histoire : « Un amour de fromage ». Mais c’est dans les années 1980 qu’est diffusée une saga au succès inédit : celle qui met en scène, avec humour, des amoureux prêts à tout pour se retrouver seuls autour d’un Caprice des Dieux. Sa signature ? Le célèbre « Caprice à deux, Caprice des Dieux » chantonné d’une voix langoureuse. Voici la version « Téléphérique » de 1986 :

Du pain du vin du Boursin

Comme le Caprice des Dieux, le Boursin, fromage frais à l’ail et aux fines herbes créé en 1963, investit le petit écran dès 1968 : un comédien joue alors le rôle d’un insomniaque obligé de se lever pour assouvir son irrépressible envie de Boursin. En 1972, la marque lance un slogan aussi ingénieux que durable : « Du pain, du vin, du Boursin ». Tout y est : la musicalité, la simplicité, l’association d’un fromage récent et industriel aux traditions gastronomiques françaises, et même la référence religieuse à la Cène, dernier repas du Christ. Une réussite !

Belle des Champs

Autre grand classique de la publicité des années 1980 : Belle des champs. Ce fromage produit dans l’Aisne depuis 1973 fait l’objet, en 1980, d’une campagne télé qui marque les esprits. En plein cœur des années « fric et frime », la pub détonne par son caractère hors du temps : un simple montage de dessins montre une jeune femme souriante partager généreusement son fromage avec toutes les générations. La scène se déroule dans un décor champêtre, bucolique et ensoleillé où il fait bon vivre et s’évader. On se souvient de la ritournelle accrocheuse écrite par Richard Gotainer, qui réussit l’exploit d’imposer le verbe « baguenauder » dans l’univers de la pub télé :

Amène, Chaussée aux Moines

Le nom de ce fromage à pâte pressée non cuite vient tout simplement de son lieu de fabrication originel, la route de la Chaussée aux moines à Craon, près du Monastère Saint Clément (Maine-et-Loire). Bien sûr, ce choix géographique permet de surfer habilement sur l’histoire des fromages d’abbaye français. En 1983, une campagne publicitaire redoutablement efficace enfonce le clou avec humour. Plusieurs moines attablés chantent un « Amen, Chaussée aux Moines » façon chant grégorien, mais leur geste transforme le religieux « Amen » en impératif « Amène ». Attention, ça va vite !

Vache qui rit, le casting

Pour terminer, retour sur la vache la plus célèbre du monde : la Vache qui rit. Créé dès 1921, ce fromage est connu pour sa boîte ronde, illustrée d’une vache hilare qui porte des boucles d’oreille constituées de boîtes de Vache qui rit. Dès l’origine, les investissements publicitaires sont massifs et la notoriété du produit au rendez-vous. En 1986, alors que les pubs des dix années précédentes ont peu représenté la vache mascotte, une agence produit un spot coloré et plein d’humour, parodiant un casting de cinéma comme à Hollywood :