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La filière laitière

Elevage et territoire
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Portrait de vache : la Brune

À la rencontre d’une vache qui n’en finit pas de monter.

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Solide et à l’aise dans tous les milieux, la Brune séduit de plus en plus d’éleveurs. Rencontre avec une vache aux aptitudes fromagères exceptionnelles.

La classe internationaleVache Brune

États-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Italie, Allemagne, Slovénie, Ukraine, Turquie, Sénégal, Zaïre, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Inde, Japon, Thaïlande… : la Brune est présente sur tous les continents de la planète ! Avec 10 millions de têtes, cette vache le plus souvent vêtue de gris s’impose comme la deuxième race laitière du monde derrière la Holstein. D’origine suisse, elle été appelée « Brune des Alpes » pendant longtemps, ce qui ne l’empêche pas de s’adapter sans peine aux climats chauds. Grande voyageuse au cours des derniers siècles, elle est arrivée en France en 1786, où elle s’est installée dans le Nord-Est (Côte d’Or) et dans le sud du Massif central (Tarn), deux zones qui restent encore aujourd’hui ses berceaux. Elle est aussi très présente dans l’Ariège, autre région historique.

Une race qui monte

Féconde, aussi à l’aise dans les systèmes extensifs qu’intensifs, tout à fait capable de s’accommoder de pâturages pauvres, la Brune vit très longtemps et fait preuve d’une excellente facilité de vêlage. La qualité qui séduit de plus en plus d’éleveurs ? Sa formidable capacité d’adaptation. En France, elle connaît ainsi, depuis le début des années 1990, une progression régulière de ses effectifs dans l’Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Normandie) et conquiert de nouveaux territoires dans l’Est, en Auvergne et dans la région Rhône-Alpes. Elle est également présente au sein de l’île de la Réunion. Bref, celle que l’on considère comme l’une des plus anciennes races bovines de la planète continue à rouler sa bosse avec dynamisme et sérénité.

Une excellente fromagère

Malgré de très bonnes aptitudes de production de viande et de travail, la Brune a été orientée vers une carrière laitière dès les années 1970. C’est surtout une fromagère exceptionnelle : très riche en protéines, son lait est caractérisé par une nature de caséines assurant un rendement fromager supérieur à celui des autres vaches. Par ailleurs, il coagule plus rapidement et donne un caillé consistant et résistant. Il représente ainsi près des deux-tiers du lait transformé en AOC époisses. Toutefois, malgré cette spécialisation laitière, la Brune présente des aptitudes bouchères intéressantes, notamment pour la production de taurillons et de veaux de boucherie. Elle a tout pour plaire !

> Consulter le site Brune Génétique Service.
> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédits photos : Elise Fargier – Midatest

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Vétérinaire rural : un métier aux multiples facettes

Vétérinaire rural : un métier aux multiples facettes

C’est l’un des métiers rêvés des enfants. Et pourquoi pas vous ?

Vétérinaire rural Le vétérinaire rural est mal connu du grand public, contrairement au vétérinaire « canin » qui soigne les animaux de compagnie. Pourtant, en traitant les animaux de ferme (dits « de rente »), il occupe une place centrale dans l’économie laitière. Zoom sur un métier multiforme.

Une profession polyvalente

Le vétérinaire rural ne travaille pas dans un cabinet où il reçoit les éleveurs avec leurs bêtes (quand on pense au gabarit d’une vache, on comprend pourquoi !) : il sillonne plutôt les routes de campagne dans son véhicule spécialement aménagé pour cet usage. Il accomplit ainsi l’essentiel de son métier sur le terrain, où il couvre de nombreuses missions : soins des animaux en cas de maladies ou d’accidents, interventions chirurgicales d’urgence (vêlages difficiles, césariennes, opérations…), suivi des troupeaux, visites sanitaires et conseils aux éleveurs pour l’essentiel. Il connaît les vaches sur le bout des doigts ! « Sur le plan technique, la vache a un fonctionnement biologique très complexe, témoigne Claude, vétérinaire dans le nord de la France depuis 1980. C’est ce qui rend notre métier à la fois passionnant et spécifique. »

Conseil et prévention

Si le vétérinaire est parfaitement autonome pour la gestion de son travail et de ses journées, il s’inscrit dans une véritable logique de partenariat avec les éleveurs. En effet, ces derniers détiennent des connaissances techniques de plus en plus poussées, ce qui leur permet d’administrer eux-mêmes une partie des soins. Une grande partie du travail du vétérinaire rural est ainsi orientée vers la prévention et le conseil. « Nous ne sommes plus seulement des urgentistes, explique Claude. Nous devons aussi apporter des conseils en alimentation, reproduction, zootechnie ou encore économie ». Cela implique un travail relationnel important et une indispensable relation de confiance avec les éleveurs.

Un maillon essentiel de la qualité des produits laitiers

L’objectif final de ce partenariat ? Réunir les conditions optimales pour que les animaux soient en bonne santé. Le vétérinaire rural assure ainsi une véritable mission de service public : il fait partie des maillons qui garantissent aux consommateurs la qualité sanitaire des viandes et des produits laitiers. Il contrôle les traitements médicamenteux, inspecte les abattoirs, examine la chaîne de production des denrées et surveille les grandes maladies contagieuses. En bref, son métier exige à la fois des connaissances scientifiques et médicales solides, un bon esprit d’observation et une résistance physique à toute épreuve. Un vétérinaire ne s’ennuie jamais !

Vous êtes tenté ?

La formation se fait dans les Écoles Nationales Vétérinaires (Alfort, Lyon, Nantes, Toulouse) qui délivrent le diplôme d’État de docteur vétérinaire. Les études durent cinq ans (auxquelles il faut ajouter deux années de classes préparatoires). On y accède par concours et le nombre de places est limité… mais les débouchés nombreux.

> Découvrez d’autres métiers du lait.

Crédit photos : L.GUENEAU / CNIEL

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À la découverte des cultures des laits du monde

À la découverte des cultures des laits du monde

Les leçons d’un colloque passionnant.

Couverture des actes du colloque "Cultures des laits du monde"Saviez-vous que la Chine n’a pas attendu le XXe siècle pour découvrir le lait, ou que les Éthiopiens fabriquent le beurre avec du lait fermenté ? Les actes du colloque « Cultures des laits du monde » viennent de paraître : l’occasion de saisir l’immense diversité du lait.

Un colloque international

Le colloque « Cultures des laits du monde », organisé par l’Observatoire Cniel des Habitudes Alimentaires (OCHA), s’est tenu les 6 et 7 mai 2010 au Museum National d’Histoire Naturelle à Paris. Les textes issus du colloque, parus dans le quinzième numéro des Cahiers de l’OCHA, se distinguent par leur double dimension planétaire :

  • diversité des intervenants venus du monde entier (300 spécialistes, dont 20 chercheurs en sciences humaines et sociales et en sciences du vivant) ;
  • diversité des cultures des laits, marquées par une fabuleuse pluralité d’espèces laitières (vaches, bufflones, chamelles, brebis, ânesses, juments, yaks…), de systèmes d’élevages, de paysages, de produits issus du lait et de manières de les consommer. Il suffit de lire le chapitre sur la « diversité des laits et des produits laitiers dans le monde » (pp. 174-185) pour s’en convaincre.

Diversité et universalité

La star du colloque et de l’ouvrage, c’est bien sûr le lait, ou plutôt les laits, comme l’indique le titre. Leur diversité biologique et culturelle, plus riche que celle de la plupart des autres cultures agricoles, ne doit pas masquer un point commun fondamental : le lait est consommé partout dans le monde, parfois depuis des millénaires.

Les produits laitiers en ChineEn voyageant dans le temps (histoire de la domestication des animaux et de l’élevage laitier, images rupestres du Sahara…), dans l’espace (Afrique, Asie, Europe, États-Unis…) et dans les disciplines scientifiques (anthropologie, géographie, biophysicochimie, archéozoologie, agronomie, immunologie…), on comprend comment les hommes et les femmes qui valorisent les cultures laitières ont su s’adapter à presque tous les écosystèmes de la planète.

Le tout renvoie à cette réflexion de Jean-Denis Vigne, archéozoologue, dans le premier chapitre : « De toute évidence, les hommes ont toujours connu le lait. Ce qu’ils ont découvert au fil de leur histoire, ce sont les multiples manières de s’en nourrir » (p. 22).

Cultures des Laits du Monde, actes du Colloque OCHA des 6/7 mai 2010, N° 15 des Cahiers de l’Ocha, avril 2011.

> Voir le sommaire, la biographie des auteurs et la quatrième de couverture sur le site de l’OCHA.

> À découvrir également : notre compte-rendu du livre Peuples du lait.

Crédits photos : Cahiers de l’OCHA / P. BOURGAULT / CNIEL