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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Portrait de vache : la Rouge flamande

Bienvenue chez les ch’tis !

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Figurant parmi les meilleures productrices laitières en France, cette belle vache est à l’origine de grandes spécialités fromagères. Petit voyage dans le Nord.

La reine des fromages du Nord

Rouge Flamande par Florent PiedannaFromage de Bergues, maroilles (AOP), mimolette, mont des Cats… : autant de fromages célèbres fabriqués à partir de lait de Rouge flamande. Cette vache au pelage brun acajou profond, presque uniforme, fournit en effet un lait abondant (6 600 kg de lait par lactation en moyenne) et surtout très riche en protéines : l’idéal pour la fabrication fromagère. Au Salon Agricole de Paris de 1935, une Rouge flamande prénommée « Victorieuse » fut la première vache française à franchir la barre des 10 000 kg de lait dans une seule lactation ! Elle est également dotée de qualités très recherchées par les éleveurs : facilité de vêlage, solidité et longévité.

Une vraie ch’ti !

Aujourd’hui, on la trouve principalement dans le Nord-Pas-de-Calais, mais elle est aussi présente dans quelques élevages de la Somme, des Ardennes et de la Normandie. Originaire d’Europe du Nord, elle figure parmi les races les plus anciennes de France (son « herd-book », registre généalogique, a été créé en 1886). Au début du XXe siècle, le cheptel était très important, mais il a fortement décliné sous les coups des deux guerres et de la réduction du nombre de races après la Deuxième Guerre mondiale. Grâce à un plan de sauvegarde lancé en 1977, l’effectif est aujourd’hui stabilisé autour de 3000 bêtes, même si les croisements se sont banalisés (on ne trouve quasiment plus de Rouges flamandes à l’état pur). Depuis une vingtaine d’année, le Centre régional de ressources génétiques de Villeneuve d’Ascq s’attelle ainsi à les sauvegarder et à travailler avec les éleveurs à des débouchés économiques.

Le saviez-vous ?

La Rouge flamande est aussi bien un nom donné à une vache laitière qu’à… une bière du Nord ! On la reconnaît à son étiquette rouge ornée d’une tête de vache. À déguster avec des fromages du Nord (avec modération).

> Contact : Union Rouge Flamande – Maison de l’élevage du Nord
140 Boulevard de la Liberté – 59013 Lille Cedex
Tel : +33 (0)3 20 88 67 44 – courriel : maison.elevage.nord@wanadoo.fr

> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédit photo : Florent Piedanna

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Portrait de vache : la Pie Rouge des plaines

Portrait de vache : la Pie Rouge des plaines

Une vache puissante, performante et rentable.

Pie rouge des plainesPas encore très développée en France, la Pie Rouge des plaines est la deuxième race laitière européenne. Découverte d’une grande laitière.

Gloire au métissage

Armoricaine de Bretagne, MRY hollandaise, Rotbunt allemande puis Red Holstein par la suite : voici les races croisées dès 1800, mais surtout à partir des années 1950, pour créer la robuste Pie Rouge des plaines. Ce métissage étudié a donné naissance à une vache de grande taille au squelette solide, bref, une race vigoureuse faite pour durer : le poids d’une femelle est de 800 kg et celui d’un mâle de 1200 kg ! Elle porte une robe pie rouge (marron doux) et des cornes en croissant dirigées vers le bas. Sa tête est fine, avec un mufle large et des muqueuses claires.

Une vache européenne

Alternative à la Normande et à la prim’Holstein, la Pie Rouge des plaines peuple essentiellement la Bretagne (plus de 80 % des effectifs), mais elle est également présente en Haute-Normandie, dans le Centre et dans le Massif central. En France, ses effectifs restent faibles et elle n’est que la sixième race, mais elle puise sa force au niveau européen, où elle occupe la deuxième position. Elle fait d’ailleurs l’objet d’un programme de testage commun avec l’Allemagne et d’un accord avec Allemands et Néerlandais pour utiliser une banque commune de semence.

Une race mixte à tendance laitière

Les responsables de l’Unité de sélection sont optimistes. Longévité remarquable, production laitière riche (elle est deuxième pour la quantité de lait après la prim’Holstein) et bonne valorisation bouchère : les performances de la Pie Rouge des plaines séduisent de plus en plus d’éleveurs français. Sa rusticité, sa docilité et sa fertilité sont également reconnues. Effectifs et nombre d’élevages augmentent ainsi régulièrement. Une vache qui gagne à être connue !

> Le site de l’UPRA Pie Rouge des plaines.

> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédit photo : UPRA Pie Rouge des plaines.

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Profession, éleveur : Gérard Guyot

Profession, éleveur : Gérard Guyot

Le bien-être animal avant tout !

Pour cet éleveur installé dans le Jura, rien de tel que des bêtes heureuses et en bonne santé pour produire un lait de qualité et en quantité. Rencontre au pays du comté.

En quoi consiste votre métier d’éleveur ?
Gérard Guyot : Avec mon épouse, j’élève une trentaine de vaches de race montbéliarde dans le département du Doubs. Leur lait est destiné à la fabrication de comté AOP. C’est de ce fromage que je tire l’essentiel de mes revenus : avec une vingtaine d’autres éleveurs, je fais partie d’une fruitière à comté, c’est-à-dire une fromagerie organisée en coopérative. C’est elle qui récupère le lait et le transforme. En période de pointe, les fromagers produisent jusqu’à cinquante meules par jour ! Une fois fabriqué, le comté reste un mois ici, puis il part chez un affineur pendant cinq mois. Il est ensuite classé en fonction de sa qualité, ce qui détermine le prix auquel l’affineur va nous acheter chaque meule. Je tire des revenus complémentaires de la vente de génisses à l’étranger.

Concrètement, comment se déroulent vos journées ?
G.G. : Le matin, dès le lever, nous donnons à manger aux bêtes et nettoyons les étables. Nous procédons alors à la première traite, vers 7 heures. Nous nourrissons ensuite les veaux, récurons la machine à traire et organisons nos activités en fonction de la saison. À partir de mi-mai, par exemple, la fenaison commence : nous fauchons l’herbe au sein de nos 76 hectares de prairies naturelles, nous la faisons sécher et nous réunissons le foin ainsi obtenu en gros rouleaux. C’est une nourriture saine et naturelle pour l’hiver, quand les troupeaux ne peuvent plus pâturer et qu’ils sont à l’étable. L’entretien de l’exploitation couvre également une grosse partie de nos journées. Vers 18 heures, nous procédons à la deuxième traite de la journée. Nous nettoyons de nouveau puis nous préparons la paille afin d’assurer aux bêtes un lit confortable pour la nuit.

En somme, vous bordez vos vaches !
G.G. : Bien sûr. Pour les éleveurs, le bien-être des bêtes est essentiel : nous vivons avec elles sept jours sur sept et tous nos veaux ont un nom. J’adhère d’ailleurs à la Charte des bonnes pratiques d’élevage qui, depuis sa création en 1999, aide les éleveurs à produire un lait d’une qualité irréprochable tout en préservant le bien-être animal. J’ai également suivi une formation d’éleveur-infirmier auprès d’un vétérinaire pour apprendre à mieux observer les animaux. Si une vache est isolée dans le troupeau, c’est qu’elle a un souci. Nous essayons de faire de la prévention avec de l’homéopathie et de la phytothérapie, mais, si elle tombe malade malgré tout, nous appelons bien sûr le vétérinaire. Autre intervenant qui nous rend visite régulièrement : le pareur, qui taille les ongles des vaches pour leur éviter des souffrances inutiles.

Vous donnez l’impression qu’il s’agit surtout d’anticiper les problèmes.
G.G. : C’est tout à fait ça. De toute façon, si la vache est stressée, malade ou mal nourrie, l’éleveur est perdant : la qualité du lait est moins bonne car les protéines et les matières grasses qui permettent de fabriquer le comté diminuent. Or, le cahier des charges de l’AOP comté est très strict. Dans le même ordre d’idées, nous respectons au maximum les traditions des anciens, en travaillant par exemple avec un calendrier lunaire basé sur les phases de la lune (nouvelle lune, premier croissant, pleine lune, etc.). En effet, celle-ci a une influence évidente sur les marées, alors pourquoi pas sur les cultures et les animaux ? Ainsi, nous avons remarqué que certains jours, selon la position de la lune, les bêtes sont plus énervées que d’autres. Pour les déplacer ou les sortir, nous choisissons de préférence les jours calmes ! Notre objectif est d’être en phase avec la nature : c’est mieux pour les vaches et c’est mieux pour les éleveurs.