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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Portrait d’éleveur en agriculture biologique : Bruno Martel

À l’occasion du Printemps bio, découvrez l’exploitation bretonne de Bruno Martel et de ses associés.

Associés-GAEC-B

Associés-GAECProducteurs de lait en Bretagne, Bruno Martel et ses deux associés misent sur l’agriculture biologique depuis 2000. Nous avons visité leur ferme à l’occasion du Printemps bio, qui se déroule partout en France pendant la première quinzaine de juin.

Quelles sont les caractéristiques de votre exploitation ?
Bruno Martel : Au sein du GAEC* de Guimbert, nous sommes trois associés : moi-même, mon beau-frère Jean-Marc Riot et une jeune femme, Julie Collin-Renard, qui nous a rejoints en 2012. Nous sommes exclusivement producteurs de lait. Celui-ci est collecté par la coopérative et transformé en lait de consommation, yaourts, beurre et crème fraîche. Le troupeau est constitué d’une centaine de vaches laitières de la race Prim’Holstein et de 140 génisses. Pour les alimenter, nous avons 180 hectares de surfaces agricoles, dont 160 d’herbes et le reste de céréales. Les herbes sont pâturées quand elles sont fraîches et conservées pour l’hiver sous forme de foin et d’ensilage. Quant aux céréales, elles sont utilisées en grains pour les animaux et transformées en paille pour les litières. La totalité de l’exploitation est en agriculture biologique.

Concrètement, qu’implique le label bio dans votre pratique professionnelle ?
B. M. : Les animaux ont un accès illimité à l’extérieur et sont nourris avec les cultures produites sur nos terres, sans pesticides ni engrais de synthèse. Nous nous adaptons donc aux conditions météo et aux sols locaux, en choisissant des variétés végétales parfaitement adaptées au terroir : trèfle violet, luzerne, fétuque… Nos seuls fertilisants sont les effluents d’élevage. Pour la santé des bêtes, le maître mot est la prévention : nous veillons sans cesse à l’état global du troupeau en surveillant la qualité des fourrages, la propreté des bâtiments, l’hygiène de traite, le bien-être animal… Si, malgré tout, une vache a besoin d’être soignée, nous privilégions les traitements naturels comme l’homéopathie, que Julie maîtrise très bien. Nous nous inscrivons enfin dans une démarche de développement durable, avec par exemple des GAECpanneaux solaires pour produire l’électricité nécessaire sur l’exploitation, un système de pré-refroidissement du lait ou encore la récupération de la chaleur produite par les tanks de réfrigération.

Pourquoi avez-vous choisi l’agriculture biologique ?
B. M. : Mon beau-frère et moi nous sommes installés en 1995. Les cinq premières années, nous avons cherché la meilleure façon de fonctionner selon nos terres et nos contraintes. Or, nous avons vite réalisé que l’agriculture biologique, tout en correspondant à nos valeurs, était parfaitement adaptée : nous étions déjà dans un système agricole extensif axé sur l’herbe, avec des zones de marécages à valoriser. C’est ainsi qu’en 2000, nous avons sauté le pas. Cela nous a aussi permis de majorer le prix du litre de lait tout en restant sur le même métier.

Aujourd’hui, êtes-vous toujours satisfaits par ce choix ?
B. M. : Absolument. Notre outil est performant et rentable, tout en étant proche de la nature. Grâce à une meilleure rentabilité dans le contexte particulier de notre exploitation, nous avons pu accueillir un troisième associé. De plus, nos horaires de travail nous permettent de consacrer du temps à nos familles, à l’amélioration permanente de nos pratiques et au monde extérieur. Bref, c’est une véritable ouverture, facilitée par le fait que nous sommes en zone péri-urbaine, tout près de la commune de Redon. Le grand public porte sur nous un regard bienveillant car nous répondons à une demande forte de la société en termes d’alimentation et d’environnement, mais nous souhaitons aussi donner l’image d’une agriculture moderne, dynamique, rentable, avec une vision d’avenir. C’est dans cette optique que nous avons créé une salle d’accueil pour les étudiants du Lycée Agricole de Redon. Les résultats sont très positifs !

GAEC de Guimbert
18 Colomel
35600 Bains-sur-Oust
Page Facebook du GAEC.

> Que veut dire bio pour un produit laitier ?

* Le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) est une société civile agricole de personnes permettant à des agriculteurs associés la réalisation d’un travail en commun dans des conditions comparables à celles existant dans les exploitations de caractère familial.

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Les fromages français à la conquête du Brésil

Les fromages français à la conquête du Brésil

Les Français adorent leurs fromages, mais ces derniers ont aussi du succès à l’étranger !

Les Français adorent leurs fromages, mais ces derniers ont aussi du succès à l’étranger ! Petit voyage sous le soleil du Brésil, où les produits laitiers ont été introduits par les Européens et où les fromages français bénéficient d’une excellente réputation.

Le fromage au Brésil, une tradition bien ancrée

Au Brésil comme dans le reste de l’Amérique latine, les produits laitiers sont très appréciés sucrés (on pense à la suprématie du lait concentré sucré dans les desserts et à l’incontournable confiture de lait que l’on appelle ici doce de leite). Mais les fromages ne sont pas en reste. Ceux du Minas Gerais, notamment, sont particulièrement réputés. Dans ce grand État célèbre pour ses mines de pierres précieuses et sa gastronomie, les savoir-faire fromagers ont été importés à partir du XVIe siècle par les explorateurs portugais. C’est d’ailleurs d’ici que sont originaires les fameux petits pains ronds au fromage (pães de queijo) qui ont conquis l’ensemble du Brésil et ensorcellent les touristes français. Le queijo minas au lait de vache, notamment, est fabriqué par une kyrielle de petits producteurs et disponible sous plusieurs affinages. Les Brésiliens consomment aussi beaucoup de requeijão, fromage frais à tartiner qui ressemble à de la ricotta, et de prato esferico, pâte pressée non cuite qui serait une réplique locale de l’édam.

Le point sur la consommation

Bref, le fromage fait incontestablement partie des habitudes alimentaires des Brésiliens : 9 sur 10 en consomment au moins une fois par semaine et les ventes de fromages ont augmenté de 16 % entre 2010 et 2011. Au niveau des variétés, 70 % des produits consommés sont des fromages de « commodité » utilisés dans les sandwichs ou les hamburgers (notamment le requeijão et le prato esferico). Quant aux fromages français, ce sont les fromages étrangers préférés des Brésiliens, au même niveau que les italiens. Ils évoquent spontanément une texture crémeuse et douce, ainsi qu’une image de qualité et d’art de vivre à la française. Ce n’est pas un hasard s’ils sont considérés comme les fromages les plus adaptés lorsque l’on reçoit chez soi ! Les plus appréciés sont le brie, le camembert et l’emmental.

Une campagne pour mieux faire connaître les fromages français au Brésil 

Pour consolider et intensifier la consommation de fromages français au Brésil, une campagne de communication a été lancée l’été 2013 par l’interprofession laitière française. Sous le nom de Queijos da França (fromages de France), elle met notamment en avant le brie, le camembert, le coulommiers, le brillat-Savarin, l’emmental, le comté, le cantal, le raclette, le reblochon, le bleu d’Auvergne et la fourme d’Ambert. Il s’agit d’habituer les palais brésiliens à des saveurs différentes et parfois très typées, de leur faire découvrir de nouveaux moments de consommation et de leur montrer comment utiliser les fromages français dans leur cuisine quotidienne. Comme en Corée du Sud, la notion d’appropriation reste donc fondamentale : elle implique d’inscrire directement les fromages français dans les habitudes de consommation locales.

Crédit photo : Mercado Central par Sertaobras via Flickr.

Normande
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Portrait d’éleveuse : Marie-Henriette Gillet

Portrait d’éleveuse : Marie-Henriette Gillet

Normande-AProductrice de lait en Gironde, Marie-Henriette Gillet sera présente aux Terres de Jim pour représenter la filière laitière. Une manifestation de grande envergure à ne pas manquer pour tout savoir du métier d’éleveur !

En quoi consiste votre métier ?
Marie-Henriette Gillet : Je suis à la tête, avec mon mari, d’une petite exploitation laitière située à Saint-Hilaire-de-la-Noaille, en Gironde. Nous avons 32 vaches laitières de races normande et prim’holstein, qui pâturent régulièrement sur 20 hectares d’herbe. Nous vendons notre lait au groupe Bongrain, plus exactement à la fromagerie des Chaumes. Nos journées sont rythmées par les deux traites quotidiennes et les soins aux bêtes. J’ai aussi de nombreuses activités hors l’exploitation : responsabilités syndicales pour défendre les jeunes agriculteurs du département, implication au sein de la Chambre d’Agriculture, engagements associatifs, bénévolat… Bref, c’est très varié ! En ce moment, je participe activement à l’organisation des Terres de Jim.

Terres-de-JimQu’est-ce que les Terres de Jim ?
M.-H. G. : C’est une grande manifestation internationale qui aura lieu du 4 au 7 septembre 2014 à Saint-Jean-d’Illac, toujours en Gironde. Elle sera placée sous le signe du concours de labour, avec l’idée plus générale d’échanger et d’expliquer au grand public ce qu’est le travail de la terre. Toutes les filières seront sur place pour représenter l’agriculture girondine et française. Une trentaine de nations, venues de tous les continents, vont faire le déplacement ! Le tout se déroulera sur 300 hectares, ce qui est gigantesque. Bien sûr, les produits laitiers auront une place particulière. Tout ce qui concerne la filière sera présenté au grand public sous un chapiteau de 600 mètres carrés : la traite, le lait, sa transformation, les produits qui en sont issus… Il y aura des animaux et des éleveurs sur place. Nous avons aussi prévu d’accueillir des écoles pour expliquer aux enfants ce qu’est le métier d’éleveur, d’où viennent les produits, comment ils sont fabriqués…

Pourquoi souhaitez-vous communiquer sur le métier d’éleveur ?
M.-H. G. : Parce qu’on se rend compte que, dans les milieux urbains surtout, le monde agricole est mal connu. Dernièrement, une personne m’a indiqué vouloir mettre une vache dans son jardin, à Bordeaux, pour avoir du lait frais tous les matins. Elle est tombée des nues quand je lui ai expliqué qu’il allait falloir inséminer la vache – parce que sans veau, pas de lait ! –, la traire deux fois par jour, la soigner, la nourrir de façon équilibrée… A travers le respect du travail des éleveurs, qui s’accomplit 365 jours sur 365, il s’agit d’induire un respect du produit et de comprendre pourquoi celui-ci a un coût. Il me semble également très important d’expliquer ce que signifie la notion de filière, de montrer que derrière les produits laitiers, il y a des personnes, une économie, des emplois. Et surtout, si on mange à notre faim en France, c’est notamment grâce à l’agriculture et à l’élevage !

> Retrouvez Marie-Henriette Gillet dans le village du lait et des produits laitiers, du 4 au 7 septembre 2014, à l’occasion des Terres de Jim.

Crédit photo : J.C. Coutausse / Cniel.