filiere-laitiere

La filière laitière

derniers articles
  • 09-12
    DIY : 4 idées de décorations de Noël en emballages laitiers recyclés

    Des moments ludiques et écologiques à partager avec les enfants.

  • 07-12
    Et si on faisait un apéritif dînatoire pour le réveillon de Noël ?

    Nos meilleures idées pour un buffet chic et festif.

  • 05-12
    Les plats emblématiques des chefs français (2) : des années 1960 aux années 1980, la Nouvelle Cuisine

    La vocation laitière de la France se prolonge naturellement dans la cuisine de ses chefs. Pour ce florilège de plats « signature » faisant la part belle aux produits laitiers, nous nous sommes intéressés aux grands cuisiniers français depuis le début du XXe siècle. Attention, ça donne faim !

  • 02-12
    4 repas de Noël autour du monde

    Envie de changer des traditions françaises ? Inspirez-vous avec des menus festifs venus du monde entier.

Voir toutes les actualités
Elevage et territoire
-

Portrait d’éleveur : Pierre Vaesken

Un passionné de Rouges Flamandes, la race reine du Salon de l’Agriculture 2015 !

Rouge-Flamande-B

Cette année, c’est Filouse, fière représentante des Rouges Flamandes, qui sera l’égérie du Salon International de l’Agriculture 2015*. À cette occasion, nous avons rencontré Pierre Vaesken, dont la famille élève cette race typique du Nord-Pas-de-Calais à Saint-Sylvestre-Cappel, un village situé à mi-chemin entre Lille et Dunkerque.

La Rouge Flamande est une race à petit effectif. Pourquoi avez-vous fait ce choix ?
C’est une passion familiale. Mon père élevait déjà des Flamandes, tout simplement parce qu’il s’agit de la race locale par excellence. Il en avait douze. Quand j’ai repris l’exploitation, en 1974, j’ai voulu développer le troupeau. Or, en 1977, un plan de sauvegarde a été lancé car le cheptel avait fortement décliné au fil du XXe siècle, sous les coups des deux guerres et de la réduction du nombre de races après la Deuxième Guerre mondiale. Je m’y suis engagé et, aujourd’hui, nous avons 45 Flamandes. J’ai transmis cette passion à mon épouse Maria et à nos trois enfants. L’un d’entre eux, Dominique, va d’ailleurs reprendre l’exploitation dans un an ou deux puisque je suis retraité.

Quels sont les qualités des Rouges Flamandes ?
Elles sont particulièrement rustiques et faciles à élever. En 1984, nous avons repris la ferme voisine où l’agriculteur élevait quelques Prim’Holstein, réputées comme les meilleures laitières. Nous en avons gardé deux et, aujourd’hui, nous en avons cinq. Cela nous permet de comparer quotidiennement les deux races. Le constat est très clair : les Flamandes produisent un peu moins de lait mais elles sont plus solides. Leur lait est très riche en protéines. Ce n’est pas un hasard si elles sont à l’origine des grands fromages régionaux (fromage de Bergues, maroilles, mimolette, mont des Cats…).

Où vos vaches pâturent-elles ?
Essentiellement au sein de notre exploitation. Sur 50 hectares, 30 sont en effet dédiés au troupeau : la moitié est constituée de prairies permanentes, l’autre moitié est réservée à la culture de maïs pour l’alimentation des bêtes. Depuis plusieurs années, quelques-unes de nos vaches font aussi l’expérience de l’éco-pâturage, une manière originale de gérer les espaces verts : la ville de Bergues, notamment, qui est le berceau de la race, met à disposition des éleveurs un terrain communal. L’objectif est d’entretenir la parcelle tout en faisant connaître la Rouge Flamande aux Berguois et aux touristes. La villégiature dure les quelques mois de la belle saison : c’est un peu la transhumance à l’envers, à la différence que nos vaches voyagent en tracteur !

* Filouse, égérie ch’ti du Salon de l’Agriculture
Pour la première fois, c’est une Rouge Flamande qui sera l’invitée d’honneur du Salon International de l’Agriculture, qui se tiendra du 21 février au 1er mars 2015 à Paris. Son petit nom ? Filouse, qui désigne en patois ch’ti une jeune fille maligne et rusée. Élevée par la famille Macke à Wemaers-Cappel, elle représente fièrement les Rouges Flamandes avec sa robe acajou, son corps trapu, sa belle ligne et sa tête noire. Une belle façon de rendre hommage à cette race sauvée de justesse : à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, elle représentait plus d’un million de têtes, soit 8 % de la population bovine française. Aujourd’hui, on n’en compte plus que 2 073 grâce à 65 éleveurs sélectionneurs du Nord-Pas-de-Calais et de Picardie.

Plus d'articles

Mots clés

Stéphane-Moreau
article précédent
Vacher de remplacement, un métier caméléon

Vacher de remplacement, un métier caméléon

Rencontre avec Stéphane Moreau, vacher au parcours multiple et original.

Rencontre avec Stéphane Moreau, vacher remplaçant au parcours multiple et original.

Pourriez-vous nous décrire votre métier ?
S. M. : J’en ai plusieurs ! Je suis notamment vacher de remplacement : quand un agriculteur ne peut pas être présent dans sa ferme – pour des vacances, en cas de congé maternité ou de formation, suite à un accident… –, je me rends sur place pour prendre la relève. Mon intervention, qui dure de plusieurs heures à plusieurs jours ou semaines, se fait à la carte en fonction des besoins de l’agriculteur et des particularités de son exploitation. La plupart du temps, je me charge des deux traites quotidiennes, de l’alimentation des vaches, de la surveillance de la santé du troupeau, du lien avec le vétérinaire en cas de besoin, éventuellement de la naissance des veaux… Bref, je suis aux petits soins pour les vaches. Je dois prendre les bonnes décisions au bon moment et m’adapter chaque fois à un nouveau contexte. C’est une grande responsabilité qui ne peut être assumée que dans une relation de confiance. Je suis également comédien et animateur, avec le statut d’intermittent du spectacle : j’anime des opérations pédagogiques pour le CNIEL, afin d’expliquer au grand public les réalités du métier d’éleveur, la production du lait, la vie dans une ferme, la traite, la fabrication des produits laitiers

Comment êtes-vous devenu vacher de remplacement ?
S. M. : Je vis à Paris depuis vingt-cinq ans mais j’ai grandi à Touraine, où je passais beaucoup de temps dans la ferme de mon parrain. J’adorais m’occuper des vaches. Très vite, je me suis orienté vers l’univers du spectacle, mais j’ai toujours gardé en tête l’idée de travailler dans l’agriculture. À 40 ans, j’ai décidé de faire un stage dans une ferme aveyronnaise, pour voir où l’expérience me mènerait. Tout s’est alors enchaîné très vite : j’ai intégré une école d’agriculture pour adultes, le Pôle de Formation de Bernussou, où j’ai planché pendant un an pour obtenir un Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA) Bovins Viande. En sortant, j’ai été embauché pendant deux mois par la ferme de l’école, où je suis devenu pleinement autonome. Le fait de devenir vacher remplaçant m’a permis de pouvoir exercer mes deux métiers. La cerise sur le gâteau a été de devenir animateur pour l’interprofession laitière : la boucle était bouclée !

Comment vous organisez-vous pour tout mener de front ?
S. M. : Avec un planning de compétition ! J’essaie de prévoir mes activités très en amont pour être disponible quand un éleveur a besoin de mes services. Pour les remplacements, je passe par les services de remplacement des chambres d’agriculture, qui sont des groupements d’employeurs dirigés par des agriculteurs bénévoles. Ils ont pour mission de proposer des salariés, agents de remplacement, à leurs agriculteurs adhérents qui souhaitent ou qui sont contraints de quitter momentanément leur exploitation. En plus de tout ça, je suis régisseur de spectacles et je travaille sur un projet d’aide aux agriculteurs en détresse. Il m’arrive parfois de travailler sept jours sur sept, mais je ne m’ennuie jamais : je passe facilement de la campagne au centre-ville de Paris et je me rends dans toutes sortes d’exploitations, de la plus traditionnelle à la plus moderne. Surtout, je m’enrichis chaque jour un peu plus grâce aux rencontres qui me permettent de comprendre en profondeur le monde de l’élevage aujourd’hui.

> Le site du Service de remplacement France.

Pré, vaches et maison
article suivant
Les fermes laitières, un concentré de biodiversité !

Les fermes laitières, un concentré de biodiversité !

On ne le sait pas toujours, mais le pâturage des vaches et l’action des éleveurs sur les paysages contribuent à maintenir la biodiversité. Dans les prairies, haies et bordures de champs, un grand nombre d’organismes vivants rendent en effet des services écologiques à la planète.

Les lombrics ou vers de terre
Les prairies des fermes françaises concentrent entre 30 et 40 vers de terre au mètre carré. Grâce à leur intense activité souterraine, ceux-ci sont indispensables à la vie des sols. En les ingérant et en les digérant sans relâche, ils les aèrent, améliorent leur structure et leur stabilité. Ils offrent aussi aux plantes une meilleure disponibilité de l’eau et des nutriments nécessaires à leur croissance.

Pré avec balles de foinLes chauves-souris
Dans les élevages, on dénombre en moyenne pas moins de 13 espèces de chauves-souris (ou chiroptères) sur les 29 espèces présentes en France. Celles-ci trouvent dans les milieux agricoles des zones d’habitat et de déplacement idéales (haies, bosquets, arbres, combles, bâtiments d’élevage…), ainsi que de quoi se nourrir en abondance. Or, en prenant le relais nocturne des oiseaux insectivores, les chauves-souris régulent les populations d’insectes, limitent l’usage de produits phytosanitaires et freinent la pullulation des moustiques.

Les oiseaux
40 à 70 espèces différentes vivent dans nos fermes : târier des prés y bénéficiant d’un habitat privilégié, grives faisant une halte migratoire, hérons garde-boeufs qui accompagnent les troupeaux, hirondelles rustiques trouvant à la ferme la chaleur nécessaire à leur couvée et de la nourriture en grande quantité… Plus les paysages agricoles sont diversifiés (pâturages, zones de cultures, haies…), meilleur est le contexte pour assurer la diversité des oiseaux.

Les bourdons
Sur les 20 espèces présentes en France, 13 ont été identifiées dans les élevages laitiers. Les bourdons, qui pollinisent de nombreuses espèces sauvage et cultivées, apprécient particulièrement les plantes fourragères (luzerne, trèfle). Quant aux reines fécondées, elles trouvent abri dans les talus et les haies pour hiverner. Au printemps, elles se nourrissent du nectar des fleurs sauvages qui poussent dans les zones de culture et les espaces semi-naturels.

Les orthoptères
Grillons, sauterelles et autres criquets, que l’on retrouve dans chaque ferme à hauteur de 40 à 70 espèces, s’abritent et se nourrissent dans les pâturages, haies et bandes enherbées. Ils représentent eux-mêmes une source de nourriture importante pour de nombreuses espèces animales menacées, notamment d’oiseaux, de reptiles et de mammifères.

La flore
Enfin, les prairies regorgent de graminées, légumineuses et plantes aromatiques. En tout, 233 espèces ont été relevées ! Certaines se retrouvent dans les prairies de toutes les régions, tandis que d’autres sont spécifiques aux terroirs. Comme pour la faune, plus les paysages des fermes sont hétérogènes, plus la flore est riche et variée.

Source : INDIBIO (2011-2013).

Crédit photo : Alexandra Lecerf, CNIEL.