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La filière laitière

Elevage et territoire
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Portrait d’éleveuse : Hélène Fréger

Des vaches et des poissons dans une seule exploitation agricole ? Non seulement c’est possible, mais dans la ferme d’Hélène Fréger, les deux fonctionnent de manière complémentaire !

Ferme

Souvenez-vous d’Hélène Fréger : après un DUT de chimie et un emploi chez Michelin, cette éleveuse atypique est retournée à ses racines agricoles à Venesmes, au cœur du Berry. Elle est aujourd’hui à la tête de 156 hectares de cultures et de prairies, 70 vaches laitières de race Prim’Holstein et 19 bassins piscicoles. Un projet innovant et unique en France qui lui vaut de participer aux trophées de l’agro-écologie 2015 : dans un contexte pourtant difficile, les éleveurs laitiers n’en finissent pas de se réinventer. Leur objectif ? Vivre mieux en fortifiant leur engagement dans tous les aspects du développement durable : depuis toujours, la nature est leur gagne-pain !

Hélène FrégerUne ferme laitière spécialisée dans la pisciculture : voilà un concept particulièrement original ! Quelle est l’histoire de ce projet ?

C’est une histoire de hasard et de choix économique. Après avoir repris mes études pour retrouver le monde agricole, j’ai rejoint l’exploitation familiale. Dans les années 1980, nous avons créé un étang, plus exactement une réserve d’irrigation de 2,5 hectares pour arroser les cultures. On y mettait des poissons à pêcher pour l’amusement de la famille. À côté de ça, on avait une grande fosse pour stocker le lisier, un mélange d’eau et de déjections propre aux élevages. Un été, à cause de pluies diluviennes, le lisier a ruisselé jusqu’à l’étang et, quelques mois après, on s’est rendu compte que les poissons s’étaient multipliés de façon considérable. Mon père cherchait alors des revenus complémentaires. Il a pensé à une diversification autour de la pisciculture. Nous avons rationalisé ce que nous avions constaté de manière empirique et, aujourd’hui, nous élevons les poissons de A à Z, depuis les minuscules larves jusqu’aux gros spécimens.

À quel usage les poissons sont-ils destinés ?

Il s’agit surtout de poissons d’ornement que les clients achètent pour leurs bassins ou aquariums. Depuis quelques années, je propose notamment des carpes koï européennes, particulièrement jolies et colorées. J’élève également des carpes dites « amour blanc », qui régulent la flore dans les étangs. Enfin, au moment des fêtes de fin d’année, je vends des poissons comestibles comme les brochets ou les sandres. La plupart de mes clients sont des particuliers, mais je compte également quelques collectivités.

Dans la vie quotidienne à la ferme, quel est le lien entre l’activité laitière, les cultures au sol et les bassins de pisciculture ?

Les trois ateliers sont complémentaires et forment un véritable cercle vertueux. Pour schématiser, les déjections liquides des vaches laitières sont récupérées dans l’étable. Elles sont déversées dans l’étang où elles nourrissent les phytoplanctons qui nourrissent eux-mêmes les zooplanctons, pour arriver enfin aux larves et aux poissons dans les bassins. C’est donc une « chaîne alimentaire aquatique » qui commence avec les vaches. Cette technique de dépollution des eaux naturelle et écologique s’appelle le lagunage, mais nous allons encore plus loin que les projets habituels, car une partie de l’eau sert ensuite à arroser les cultures qui nourrissent le troupeau. La boucle est bouclée !

Vous avez été sélectionnée pour participer aux trophées de l’agro-écologie. De quoi s’agit-il ?

C’est un concours national organisé par le Ministère de l’agriculture. Il récompense les projets innovants et respectant les principes de l’agriculture durable. Notre projet répond à tous ces critères. Il est d’abord novateur, ce qui explique pourquoi il a fallu plusieurs années pour obtenir toutes les autorisations administratives ! Économiquement, le concept est rentable. Socialement, je travaille avec deux salariés à temps plein et chacun d’entre nous doit être qualifié sur tous les postes de l’exploitation. Écologiquement, enfin, ce système permet de recycler et d’économiser les ressources en créant un cycle de production intelligent. Je cherche également à produire sur place la plus grande partie de l’alimentation des animaux afin de tendre vers l’autonomie, le tout en pariant sur la biodiversité des cultures (céréales, luzerne, pois, lin, maïs, vesce…), les rotations et d’autres techniques permettant d’améliorer la qualité des sols. Le tout se fait bien sûr dans le respect du bien-être animal : dans les élevages français, où les troupeaux sont de taille réduite, le lien avec les animaux reste quotidien et individualisé. Avec ce concours, j’ai à cœur de faire connaître mon engagement, pourquoi pas susciter des vocations, et surtout découvrir les nombreux projets innovants et écologiques qui maillent l’ensemble du territoire agricole français.

La ferme de Scay
18190 VENESMES
http://www.poisson-koi-venesmes.com
Facebook https://www.facebook.com/HSCAY
Et https://www.facebook.com/FERMEDESCAY?ref=hl

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Paysage-agricole
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Agriculture durable, agriculture raisonnée : quelle différence ?

Agriculture durable, agriculture raisonnée : quelle différence ?

La filière laitière est depuis longtemps engagée dans l’agriculture durable, qui est l’une des formes du développement durable.

Alors que la conférence Paris climat (COP 21) se tiendra du 30 novembre au 11 décembre 2015, jamais la notion de développement durable n’a autant été d’actualité. Dans ce contexte, que signifie l’expression « agriculture durable » ? En quoi se différencie-t-elle de l’agriculture dite « raisonnée » ? Comment la filière laitière s’inscrit-elle dans ce courant engagé pour l’avenir ?

Une agriculture durable… comme son nom l’indique !

D’après le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, « l’agriculture durable se définit par une production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé. » Pour résumer, il s’agit de produire sans compromettre l’avenir de l’humanité et de la planète, le tout en respectant les besoins et les limites des hommes comme de la nature. L’agriculture durable est donc tout simplement l’application à l’agriculture des principes du développement durable tel qu’il a été formulé en 1987 par le Rapport Brundtland : « un développement qui répond aux besoins des générations présentes sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. »

L’agriculture raisonnée, l’une des formes de l’agriculture durable

L’agriculture raisonnée est une démarche française qui, sans remettre en cause la rentabilité économique des exploitations – voire en l’améliorant ! –, prend en compte la protection de l’environnement, la santé et le bien-être animal. Elle a notamment pour objectif de maîtriser l’utilisation de substances chimiques (engrais, produits de protection des plantes) dans le but de limiter leur impact sur l’environnement. Elle consiste aussi à économiser les ressources en eau et à pratiquer le tri des déchets. Il ne faut pas la confondre avec l’agriculture biologique, qui bénéficie d’un signe officiel d’identification : l’agriculture raisonnée autorise les produits de synthèse, mais en les « raisonnant ». Les agriculteurs ne traitent que s’il le faut, avec un matériel et des dosages adaptés.

Les produits laitiers, une filière naturellement durable

Avec un nombre moyen de 56 vaches par troupeau et une majorité d’exploitations familiales, les éleveurs vivent spontanément en harmonie avec la nature. Qu’ils soient en agriculture raisonnée ou qu’ils aient décidé de passer au bio, ils portent chaque jour en eux le souci de préserver l’avenir et de faire en sorte que leur activité soit durable. L’élevage laitier rend également de multiples services au territoire : entretien des paysages, biodiversité, fertilité des sols, maintien d’une activité économique dans les zones rurales et montagneuses… Enfin, la filière s’est engagée d’une manière collective pour réduire son empreinte carbone : non seulement l’élevage compense naturellement une partie de ses émissions de gaz à effet de serre, mais la démarche volontariste du plan « la ferme laitière bas carbone » a pour ambition de réduire les émissions par litre de lait de 20 % en 10 ans. Ce projet stimulant a été récompensé par la Fondation Nicolas Hulot lors du concours « My positive impact ». Une affaire à suivre !

Produits laitiers bio
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Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Qu’est-ce que l’agriculture biologique ?

Lait de consommation, yaourt, crème dessert, fromage frais, beurre, crème fraîche, fromage affiné : tous les produits laitiers peuvent être issus de l’agriculture biologique !

En 2014, la collecte de lait de vache biologique, qui concerne près de 2 100 éleveurs, a atteint 537,4 millions de litres. Cela représente une augmentation de 9,2 % par rapport à 2013. Mais que veut dire exactement « agriculture biologique » ?

Un mode de culture durable…

L’agriculture biologique est l’une des formes de l’agriculture durable, qui « se définit par une production agricole économiquement viable, socialement équitable, et qui ne nuit ni à l’environnement ni à la santé » (Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie) :

  • Les cultures sont produites sans pesticides de synthèse, engrais chimique ou organismes génétiquement modifiés (OGM). Ceux-ci sont remplacés par d’autres produits d’origine végétale ou animale : fumiers, lisiers, composts pour fertiliser ou éliminer les parasites…
  • Du côté de l’élevage, les animaux sont nourris avec des aliments principalement issus de la ferme, cultivés selon les règles de l’agriculture biologique. Leur santé passe avant tout par la prévention et l’utilisation de médecines douces. Ils disposent obligatoirement d’un accès au plein air et d’espace.
  • Les produits laitiers bio dépendent d’un circuit de fabrication spécifique. Ils ne contiennent ni exhausteurs de goût, ni colorants, ni arômes chimiques de synthèse. L’utilisation d’additifs est très fortement limitée.

Cela ne signifie pas que les produits laitiers issus de l’agriculture conventionnelle sont élaborés dans des conditions ne respectant pas l’environnement, la santé ou le bien-être animal – en France, par exemple, l’élevage est très majoritairement composé de petites exploitations où chaque vache est bichonnée quotidiennement. Simplement, ils ne peuvent pas bénéficier du label bio.

… et contrôlé par les pouvoirs publics

À la différence de l’agriculture raisonnée, l’agriculture biologique constitue en effet l’un des signes officiels d’identification de la qualité et de l’origine tels que l’AOP, l’IGP ou le label rouge. À ce titre, elle fait l’objet de contrôles stricts de la part d’un organisme certificateur indépendant agréé par les pouvoirs publics.

Deux logos garantissent que le produit respecte les règles de l’agriculture biologique :

  • Logo bio européenLe logo bio européen est obligatoire sur tous les produits bio alimentaires pré-emballés dans l’Union européenne. Il comporte l’indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit (« Agriculture UE », « Agriculture non UE » ou « Agriculture UE/non UE », avec la possibilité de mentionner le pays), ainsi que le numéro de code de l’organisme certificateur. Les logos nationaux et privés peuvent être utilisés en complément.
  • Logo ABLe logo AB, français, est facultatif. Propriété exclusive du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt qui en définit ses règles d’usage, il identifie, comme le logo bio européen, des produits 100 % bio ou contenant au moins 95 % de produits agricoles bio dans le cas des produits transformés.

Le logo bio peut accompagner d’autres signes officiels de qualité. C’est pourquoi il est possible de trouver du comté AOP bio, de la crème d’Isigny AOP bio ou du beurre de Bresse AOP bio !