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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Portrait d’éleveuse : Marie-Henriette Gillet

Normande

Normande-AProductrice de lait en Gironde, Marie-Henriette Gillet sera présente aux Terres de Jim pour représenter la filière laitière. Une manifestation de grande envergure à ne pas manquer pour tout savoir du métier d’éleveur !

En quoi consiste votre métier ?
Marie-Henriette Gillet : Je suis à la tête, avec mon mari, d’une petite exploitation laitière située à Saint-Hilaire-de-la-Noaille, en Gironde. Nous avons 32 vaches laitières de races normande et prim’holstein, qui pâturent régulièrement sur 20 hectares d’herbe. Nous vendons notre lait au groupe Bongrain, plus exactement à la fromagerie des Chaumes. Nos journées sont rythmées par les deux traites quotidiennes et les soins aux bêtes. J’ai aussi de nombreuses activités hors l’exploitation : responsabilités syndicales pour défendre les jeunes agriculteurs du département, implication au sein de la Chambre d’Agriculture, engagements associatifs, bénévolat… Bref, c’est très varié ! En ce moment, je participe activement à l’organisation des Terres de Jim.

Terres-de-JimQu’est-ce que les Terres de Jim ?
M.-H. G. : C’est une grande manifestation internationale qui aura lieu du 4 au 7 septembre 2014 à Saint-Jean-d’Illac, toujours en Gironde. Elle sera placée sous le signe du concours de labour, avec l’idée plus générale d’échanger et d’expliquer au grand public ce qu’est le travail de la terre. Toutes les filières seront sur place pour représenter l’agriculture girondine et française. Une trentaine de nations, venues de tous les continents, vont faire le déplacement ! Le tout se déroulera sur 300 hectares, ce qui est gigantesque. Bien sûr, les produits laitiers auront une place particulière. Tout ce qui concerne la filière sera présenté au grand public sous un chapiteau de 600 mètres carrés : la traite, le lait, sa transformation, les produits qui en sont issus… Il y aura des animaux et des éleveurs sur place. Nous avons aussi prévu d’accueillir des écoles pour expliquer aux enfants ce qu’est le métier d’éleveur, d’où viennent les produits, comment ils sont fabriqués…

Pourquoi souhaitez-vous communiquer sur le métier d’éleveur ?
M.-H. G. : Parce qu’on se rend compte que, dans les milieux urbains surtout, le monde agricole est mal connu. Dernièrement, une personne m’a indiqué vouloir mettre une vache dans son jardin, à Bordeaux, pour avoir du lait frais tous les matins. Elle est tombée des nues quand je lui ai expliqué qu’il allait falloir inséminer la vache – parce que sans veau, pas de lait ! –, la traire deux fois par jour, la soigner, la nourrir de façon équilibrée… A travers le respect du travail des éleveurs, qui s’accomplit 365 jours sur 365, il s’agit d’induire un respect du produit et de comprendre pourquoi celui-ci a un coût. Il me semble également très important d’expliquer ce que signifie la notion de filière, de montrer que derrière les produits laitiers, il y a des personnes, une économie, des emplois. Et surtout, si on mange à notre faim en France, c’est notamment grâce à l’agriculture et à l’élevage !

> Retrouvez Marie-Henriette Gillet dans le village du lait et des produits laitiers, du 4 au 7 septembre 2014, à l’occasion des Terres de Jim.

Crédit photo : J.C. Coutausse / Cniel.

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Les Terres de Jim à St Jean d’Illac (2014)

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Portrait d’éleveur en agriculture biologique : Bruno Martel

Portrait d’éleveur en agriculture biologique : Bruno Martel

À l’occasion du Printemps bio, découvrez l’exploitation bretonne de Bruno Martel et de ses associés.

Associés-GAECProducteurs de lait en Bretagne, Bruno Martel et ses deux associés misent sur l’agriculture biologique depuis 2000. Nous avons visité leur ferme à l’occasion du Printemps bio, qui se déroule partout en France pendant la première quinzaine de juin.

Quelles sont les caractéristiques de votre exploitation ?
Bruno Martel : Au sein du GAEC* de Guimbert, nous sommes trois associés : moi-même, mon beau-frère Jean-Marc Riot et une jeune femme, Julie Collin-Renard, qui nous a rejoints en 2012. Nous sommes exclusivement producteurs de lait. Celui-ci est collecté par la coopérative et transformé en lait de consommation, yaourts, beurre et crème fraîche. Le troupeau est constitué d’une centaine de vaches laitières de la race Prim’Holstein et de 140 génisses. Pour les alimenter, nous avons 180 hectares de surfaces agricoles, dont 160 d’herbes et le reste de céréales. Les herbes sont pâturées quand elles sont fraîches et conservées pour l’hiver sous forme de foin et d’ensilage. Quant aux céréales, elles sont utilisées en grains pour les animaux et transformées en paille pour les litières. La totalité de l’exploitation est en agriculture biologique.

Concrètement, qu’implique le label bio dans votre pratique professionnelle ?
B. M. : Les animaux ont un accès illimité à l’extérieur et sont nourris avec les cultures produites sur nos terres, sans pesticides ni engrais de synthèse. Nous nous adaptons donc aux conditions météo et aux sols locaux, en choisissant des variétés végétales parfaitement adaptées au terroir : trèfle violet, luzerne, fétuque… Nos seuls fertilisants sont les effluents d’élevage. Pour la santé des bêtes, le maître mot est la prévention : nous veillons sans cesse à l’état global du troupeau en surveillant la qualité des fourrages, la propreté des bâtiments, l’hygiène de traite, le bien-être animal… Si, malgré tout, une vache a besoin d’être soignée, nous privilégions les traitements naturels comme l’homéopathie, que Julie maîtrise très bien. Nous nous inscrivons enfin dans une démarche de développement durable, avec par exemple des GAECpanneaux solaires pour produire l’électricité nécessaire sur l’exploitation, un système de pré-refroidissement du lait ou encore la récupération de la chaleur produite par les tanks de réfrigération.

Pourquoi avez-vous choisi l’agriculture biologique ?
B. M. : Mon beau-frère et moi nous sommes installés en 1995. Les cinq premières années, nous avons cherché la meilleure façon de fonctionner selon nos terres et nos contraintes. Or, nous avons vite réalisé que l’agriculture biologique, tout en correspondant à nos valeurs, était parfaitement adaptée : nous étions déjà dans un système agricole extensif axé sur l’herbe, avec des zones de marécages à valoriser. C’est ainsi qu’en 2000, nous avons sauté le pas. Cela nous a aussi permis de majorer le prix du litre de lait tout en restant sur le même métier.

Aujourd’hui, êtes-vous toujours satisfaits par ce choix ?
B. M. : Absolument. Notre outil est performant et rentable, tout en étant proche de la nature. Grâce à une meilleure rentabilité dans le contexte particulier de notre exploitation, nous avons pu accueillir un troisième associé. De plus, nos horaires de travail nous permettent de consacrer du temps à nos familles, à l’amélioration permanente de nos pratiques et au monde extérieur. Bref, c’est une véritable ouverture, facilitée par le fait que nous sommes en zone péri-urbaine, tout près de la commune de Redon. Le grand public porte sur nous un regard bienveillant car nous répondons à une demande forte de la société en termes d’alimentation et d’environnement, mais nous souhaitons aussi donner l’image d’une agriculture moderne, dynamique, rentable, avec une vision d’avenir. C’est dans cette optique que nous avons créé une salle d’accueil pour les étudiants du Lycée Agricole de Redon. Les résultats sont très positifs !

GAEC de Guimbert
18 Colomel
35600 Bains-sur-Oust
Page Facebook du GAEC.

> Que veut dire bio pour un produit laitier ?

* Le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) est une société civile agricole de personnes permettant à des agriculteurs associés la réalisation d’un travail en commun dans des conditions comparables à celles existant dans les exploitations de caractère familial.

Matthieu-Haudebert-B
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Profession, éleveur : Matthieu Haudebert

Profession, éleveur : Matthieu Haudebert

Un jeune éleveur de 31 ans qui reprend avec bonheur les rênes de l’exploitation familiale.

Matthieu-HaudebertCe jeune éleveur de 31 ans a repris le flambeau de ses parents avec enthousiasme. Rencontre au cœur de la France laitière.

Pourriez-vous décrire votre exploitation ?
Matthieu Haudebert : En 2007, je me suis installé avec mes parents en acquérant un tiers des parts de l’exploitation familiale. Celle-ci est située à Villerable, dans le Loir-et-Cher, tout près de Vendôme. Mon père ayant pris sa retraite récemment, je suis désormais associé avec ma mère et nous avons un salarié à temps plein pour compenser. Nous employons aussi, au gré du planning, de la main d’œuvre partagée. L’objet de toutes nos attentions, c’est un troupeau de 80 vaches laitières de la race Prim’Holstein, essentiellement nourries avec de l’herbe, de la luzerne et du maïs ensilage. La plus grande partie de leur alimentation est issue des 145 hectares de l’exploitation. Tous les deux jours, leur lait est livré à la laiterie Bel pour fabriquer du fromage. Dès 2008, nous avons décidé de leur offrir un bâtiment entièrement neuf avec 80 places, une salle de traite, une zone dédiée à l’alimentation… L’investissement a été de 450 000 euros, sans compter mon implication personnelle dans les travaux.

Avez-vu suivi une formation spéciale pour reprendre l’exploitation ?
M. H. : J’ai toujours voulu reprendre le flambeau, alors je me suis dirigé très tôt dans ce domaine. Après la classe de troisième, j’ai intégré un BEP orienté sur les céréales, car la première fonction d’une exploitation est de nourrir les animaux avec ce qui est produit sur place. J’ai ensuite opté pour un bac technologique spécialisé dans les grandes cultures fourragères. Je suis ensuite parti en Vendée pour un BTS formant à la gestion des exploitations agricoles. J’ai terminé mon cursus par une année de contrat de professionnalisation au cours duquel je me suis totalement consacré à l’élevage laitier : alimentation du troupeau, suivi vétérinaire, qualité du lait… Ces années d’études m’ont permis d’aborder la plupart des problématiques liées à l’agriculture et à l’élevage.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous installer comme éleveur laitier ?
M. H. : J’ai toujours baigné dans cet univers. Pour un enfant, le cadre de la ferme est formidable avec son espace, ses animaux, ses tracteurs… Surtout, mes parents m’ont transmis leur passion pour le métier. D’ailleurs, quand je me suis installé, je n’ai pas eu envie d’abandonner l’élevage laitier pour me consacrer exclusivement à la culture de céréales, ce qui aurait pu facilement se concevoir dans la mesure où nous sommes aux portes de la Petite Beauce. L’un des aspects les plus séduisants de mon activité, c’est en effet qu’elle permet de toucher à tout : entre le début et la fin de la journée, je fais de l’agriculture, de l’élevage, de la maçonnerie… Et puis en tant qu’éleveur, je contribue à nourrir la population. Je trouve cela valorisant. Le parcours administratif est parfois complexe et je travaille beaucoup, mais je ne regrette pas mon choix.

L’imbrication des rapports familiaux et professionnels est-elle facile à gérer ?
M. H. : Il faut savoir dissocier les deux et prendre le meilleur. L’intérêt de s’associer avec ses parents, c’est que ceux-ci ont un véritable rôle d’accompagnement à jouer. En tant que jeune, on a les idées, tandis que les parents ont le savoir-faire et l’expérience. C’est une bonne combinaison pour conduire l’exploitation avec efficacité. De plus, la reprise de la ferme se fait de façon progressive : quand ma mère prendra sa retraite, j’aurai suffisamment d’expérience pour prendre les rênes avec sérénité et me consacrer à de nouveaux projets pour l’avenir. En particulier, j’aimerais aller vers encore plus d’autosuffisance alimentaire pour mes vaches et développer la vente directe sur la ferme. Un programme passionnant en perspective !