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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Profession, éleveur : François Patte

Découverte d’un élevage qui fonctionne avec un robot de traite.

Profession éleveur : François Patte

De tout temps, les éleveurs laitiers ont dû se soumettre à la contrainte ancestrale des deux traites quotidiennes. Des outils ont été créés pour les aider dans cette tâche. François Patte, qui exploite avec son frère et son fils 235 hectares de polyculture-élevage à Domart-en-Ponthieu (Somme), a opté pour le plus récent d’entre eux : le robot de traite.

Quand et pourquoi avez-vous investi dans un robot de traite ?
Nous avons acheté notre premier robot en 2001 afin d’alléger notre travail et pouvoir continuer à mener de front nos deux activités, polyculture et élevage. C’était notre mère qui s’occupait des deux traites quotidiennes. Quand elle a pris sa retraite, nous avons donc étudié la possibilité d’acquérir un robot. Il en est ressorti que malgré un investissement de départ assez élevé, il nous coûterait moins cher qu’un salarié. Nous nous sommes donc lancés – nous étions les deuxièmes en France ! En 2008, l’exploitation s’est agrandie et nous avons installé un nouveau robot dans un nouveau bâtiment, en supprimant l’ancien.

Quels ont été les changements d’organisation pour vous ?
Le robot est programmable et il effectue la traite des vaches laitières sans notre intervention directe, vingt-quatre heures sur vingt-quatre : toutes les opérations sont automatisées et adaptées aux vaches, chacune d’entre elles portant un collier avec un numéro électronique individuel permettant au robot de l’identifier. Par exemple, certaines sont en fin de lactation et ne sont traites qu’une fois par jour, d’autres cinq. Quand elles passent dans la salle, le robot sait si elles doivent être traites ou pas. Le cas échéant, les barrières se ferment, les pis sont nettoyés et la vache traite jusqu’à ce que la quantité programmée soit atteinte. Le robot analyse ensuite le lait et l’envoie dans des tanks. Bref, le robot nous a dégagés de cette contrainte, ce qui nous permet de consacrer plus de temps au reste de l’exploitation.

Quels ont été les ajustements pour prendre soin du troupeau ?
La traite est habituellement un moment privilégié pour observer les vaches. Le robot doit donc pallier notre absence en recueillant et en enregistrant des données : poids de la vache, temps de traite, détection des éventuelles mammites, production attendue et réalisée, débit de lait… En cas de problème, par exemple si une vache ne passe pas dans le box, le robot envoie une alerte sur nos téléphones portables. Finalement, une grande partie du travail manuel est compensée par une analyse quotidienne des données produites par le robot.

Le robot favorise-t-il le bien-être animal ?
Bien sûr, en tout cas si on le souhaite ! Quand nous avons délocalisé l’étable en 2008 et acheté un nouveau robot, le bâtiment a été entièrement conçu autour du ration alimentaire : les vaches dorment sur de la paille et elles sont libres de se promener à leur guise. Par exemple, du printemps à l’automne, le robot ouvre les portes de l’étable du matin au soir, afin que les bêtes puissent pâturer à l’extérieur. Au départ, il faut leur apprendre le chemin, mais cela va très vite car non seulement elles ont besoin d’être traites, mais de la nourriture les attend dans la salle pour les motiver. En 2010, nous avons obtenu le prix national de la plus belle exploitation de France et nous ouvrons nos portes chaque année à l’occasion des journées du patrimoine : les visiteurs sont les bienvenus pour voir à quel point nos vaches sont heureuses !

Si c’était à refaire, reprendriez-vous un robot ?
Oui, et d’ailleurs, nous l’avons fait en 2008, après avoir tenté l’expérience en 2001. Le robot nous fait gagner deux heures et demi de travail par jour. Certes, il faut être motivé pour le gérer et aimer l’outil informatique, mais avant 2001, nous avions déjà une salle de traite électronique, gérée par ordinateur. Nous étions donc à l’aise avec cette approche. Une fois le robot pris en main, c’est une grande liberté sur laquelle nous ne reviendrions pour rien au monde !

> Nos autres portraits d’éleveurs.

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Fermes en scène 2012
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Fermes en scène, le tour de France !

Fermes en scène, le tour de France !

Depuis le 25 mai et jusqu’au 8 septembre 2012, le théâtre prend la clé des champs.

Depuis le 25 mai et jusqu’au 8 septembre 2012, le théâtre prend la clé des champs : Fermes en scène, festival itinérant en milieu rural, permet de mélanger citadins, ruraux, agriculteurs, éleveurs et artistes dans une ambiance créative et conviviale.

Du local au national

Depuis sept ans, la Compagnie Patrick Cosnet parcourt les fermes du Maine-et-Loire et des départements limitrophes, en période estivale, sur une remorque agricole aménagée en scène de théâtre. L’objectif : rapprocher le monde agricole et le monde artistique. L’opération est menée conjointement par les agriculteurs, les associations et les collectivités locales. Quant à la scène, elle est déplacée par un tracteur conduit par des paysans !

La grande nouveauté 2012 : pour fêter ses 20 ans, la Compagnie Patrick Cosnet étend son territoire à la France entière, soit 20 régions et 55 départements. De plus, ce voyage artistique dans la France agricole est filmé par un réalisateur pour en faire un court-métrage. Au programme : des expositions, des dégustations de produits locaux, des visites guidées… Le soir, après une première prestation d’artistes amateurs locaux (jeunes du village, danseurs de hip-hop, vieil accordéoniste, groupes folkloriques…), la Compagnie Patrick Cosnet joue l’un de ses spectacles sur le thème de la ruralité.

Comment ça marche ?

  • Une ferme accueillante : un agriculteur met à disposition sa ferme pour accueillir le spectacle. Il participe activement à l’organisation de l’événement et s’engage à tracter la scène-remorque de la Compagnie Patrick Cosnet.
  • Un comité d’accueil : piloté par une structure locale, agricole ou non, en partenariat avec les municipalités et les écoles, il se charge du déroulement et de l’animation de la journée. Sa mission ? Faire découvrir non seulement la ferme qui accueille l’événement, mais aussi le dynamisme de la vie locale : marchés à la ferme, visites des fermes, portes ouvertes, expositions, travaux d’enfants, premières parties musicales ou théâtrales, repas ou dégustations, journées professionnelles, débats, etc.
  • Un spectacle : afin que le spectacle soit accueilli dans les meilleures conditions possibles, la Compagnie Patrick Cosnet a réalisé une scène itinérante autonome de 11 m x 5 m à partir d’une remorque agricole. Celle-ci comprend tous les équipements nécessaires aux spectacles : projecteurs, sonorisation, coulisses… Le choix du spectacle est fait conjointement avec la compagnie et le comité d’accueil en fonction du lieu et des disponibilités des artistes. Les pièces ont suscité des commentaires enthousiastes dans la presse locale et même nationale (à découvrir sur le site du tour de France) !

Envie de participer ? Retrouvez le parcours du festival sur le site créé pour l’occasion : http://web.lerelaisinternet.com/cpcherberie/sitecpc/tdf/circuittdf.php.

Pour en savoir plus :

Vaches au pré
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Que veut dire pâturage ?

Que veut dire pâturage ?

De la pâture au pâturage.

« Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France », répétait le célèbre duc de Sully à son ami et roi Henri IV. Une manière pour lui d’encourager le développement de l’agriculture, l’une des principales richesses de la France !

La pâture, aliment de base des vaches

La vache est un mammifère herbivore de la famille des ruminants (elle absorbe des végétaux, puis les fait remonter pour les mastiquer avant de les avaler définitivement). Or, l’herbe qu’elle mange, qui constitue la base de ration alimentaire, est appelée « pâture ». D’une manière générale, ce mot désigne la nourriture végétale du bétail.

Le pâturage, un lieu et un temps

Par extension, le pâturage désigne aussi le lieu où pousse la nourriture des animaux herbivores. Il peut s’agir :

  • de pâturages permanents : prairies naturelles, bois, landes… La traditionnelle transhumance consiste d’ailleurs à faire monter le bétail, durant l’été, vers les pâturages de montagne où l’herbe est de meilleure qualité que dans la plaine (cette période est appelée « estive ») ;
  • de pâturages agricoles, c’est-à-dire de prairies cultivées par les éleveurs pour fournir de l’herbe destinée à être consommée sur place par le bétail. Dans la mesure où l’herbe ne pousse pas toute l’année, elle est fauchée en été et séchée (foin) ou fermentée (ensilage) pour continuer à alimenter les vaches pendant les mois d’hiver. C’est pourquoi quand il fait trop sec en été, l’éleveur ne peut préparer ses réserves pour l’hiver.

Enfin, ce mot caractérise le laps de temps pendant lequel les troupeaux sont gardés dans un pâturage saisonnier. La « mise à l’herbe » correspond à la première sortie des vaches à la fin de l’hiver : elles adorent !

Modernité et pâturage font bon ménage

Le pâturage reste donc le mode d’alimentation le plus traditionnel des vaches. Pour autant, il n’est pas contradictoire avec les méthodes d’élevage moderne. Par exemple, il est parfaitement compatible avec l’utilisation d’un robot de traite, comme nous le racontait dernièrement l’éleveur François Patte : « Quand nous avons installé notre dernier robot, le bâtiment a été entièrement conçu autour du bien-être animal : les vaches dorment sur de la paille et elles sont libres de se promener à leur guise. Par exemple, du printemps à l’automne, le robot ouvre les portes de l’étable du matin au soir, afin que les bêtes puissent pâturer à l’extérieur. »  Une stratégie « gagnant-gagnant » !

Crédit photo : P. DUREUIL / CNIEL.