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La filière laitière

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Economie et société
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Quand des femmes allaitent… des bébés gazelles !

Petit voyage en Inde, à la découverte d’une pratique qui va à l’encontre de nombreuses idées reçues.

bishnoi-bando

L’allaitement inter-espèces n’existerait pas ? Si, c’est ce que montrent plusieurs exemples récemment étudiés par des chercheurs.

Femme Bishnoï allaitant une gazelleIdées reçues

Chez tous les mammifères, le lait de la mère est celui qui est le plus adapté pour ses petits. Certains en déduisent que l’homme serait la seule espèce à consommer le lait d’une autre espèce, ce qui est tout simplement… faux ! Les femmes Bishnoïs, mises à l’honneur en mai dernier par un documentaire diffusé sur la chaîne Arte (Bishnoï, les femmes qui allaitent les gazelles), prouvent en effet, depuis plusieurs siècles, que ce raisonnement relève de la croyance et non de faits avérés.

Végétariens du Rajasthan (Inde) vivant dans un strict respect de la nature, les Bishnoïs rythment leur vie quotidienne par la protection des plantes, des arbres et des animaux sauvages. Leur valeur suprême ? Le respect de la vie sous toutes ses formes : pas question, pour eux, de laisser mourir de faim un petit animal orphelin. C’est pourquoi, aujourd’hui encore, les femmes Bishnoïs allaitent les gazelles isolées.

Ce n’est pas, d’ailleurs, le seul exemple de ce type : les femmes de la tribu des Indiens Achuars d’Amazonie allaitent de jeunes animaux apprivoisés en rétribution symbolique des bienfaits de la nature.

Et les bébés humains ?

À l’inverse, l’histoire montre des exemples de bébés humains allaités directement au pis d’un animal : les sources iconographiques attestent cette pratique au XIXe siècle dans diverses cultures rurales. Avant l’invention du lait maternisé, il fallait bien nourrir les petits orphelins ou les enfants de mères en incapacité d’allaiter ! Or, il n’était pas toujours possible de trouver des femmes nourrices.

Autre cause, même résultat : la Nourricerie des Enfants Assistés, créée par le Professeur Parrot, Directeur de l’Hospice des Enfants Assistés à Paris, fonctionna avec des chèvres et des ânesses de 1881 à 1893. En effet, les nourrissons nés syphilitiques ne pouvaient pas être confiés à des femmes nourrices à cause du risque de contamination.

Bref, il ne s’agissait pas d’une pratique généralisée, loin de là, mais elle existait, y compris au XXe siècle : l’édition 1926 du Larousse ménager propose une image technique montrant comment nourrir un bébé avec une chèvre. Les pratiques laitières réservent bien des surprises !

> Pour en savoir plus :

Crédits photos : M.Harsh Vardhan / Himanshu Vyas pour Hindustan Times

Mots clés

Vache au pré, race Simmental
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Portrait de vache : la Simmental française

Portrait de vache : la Simmental française

Rendez-vous avec une race en pleine expansion.

Jolie, cosmopolite, parfois affublée d’une cloche autour du cou, cette race mixte tout droit venue des montagnes de Suisse s’affiche comme une véritable vache d’Épinal, euh, de Simmental !

Petite histoire d’une vache en plein renouveau

La Simmental française, qui fait partie de la très répandue population « pie rouge » des montagnes, est originaire de Suisse mais elle est élevée dans l’est de la France depuis longtemps. Le Herd Book (registre généalogique) fut créé en 1930 à Dijon, sous l’appellation de « Tachetée Rouge de l’Est ». La race connut alors une progression fulgurante et acquit une position dominante en France. Toutefois, à partir des années 1960, elle vit son effectif chuter de façon vertigineuse malgré son changement de nom en « Pie Rouge de l’Est ». Simmental françaiseEn cause, le délaissement des races mixtes au profit des races laitières ou bouchères spécialisées.

Ce n’est qu’au début des années 1990, alors que les races spécialisées montraient leurs limites, que la situation commença à s’éclaircir. L’UPRA (Unité nationale Pour la RAce bovine) décida de rattacher clairement la vache à ses origines et à son nom mondialement renommé : elle devint « Simmental française » et connut un regain de croissance grâce, notamment, à un développement fort au cœur du Massif central. La relance était assurée !

Un succès retrouvé

L’Aveyron (Massif central) reste aujourd’hui le département leader de la race, mais elle se développe également dans les régions de l’ouest de la France. Ses effectifs sont en pleine expansion. La Simmental française présente en effet des qualités très appréciées par les éleveurs : résistance naturelle aux maladies, bonne fécondité, rapide retour en chaleur après vêlage, adaptation à tous les systèmes d’élevage… Elle est particulièrement intéressante dans les exploitations herbagères car elle est capable de valoriser les fourrages grossiers.

Grâce à ces aptitudes et à des performances laitières remarquables, elle a été retenue, avec l’Aubrac, dans le cahier des charges du fromage AOC Laguiole. D’une manière générale, la Simmental française est très convoitée dans les zones de production fromagère, tout en assurant aux éleveurs des revenus non négligeables grâce à la qualité de sa viande. Les veaux, notamment, sont très appréciés et vendus plus cher que les races laitières traditionnelles. Race mixte par excellence, la Simmental française n’a pas fini de monter !

> Découvrir d’autres portraits de vaches.
> Voir le site de l’Organisme et Entreprise de Sélection de la race Simmental française.

Crédit photos : P.BOURGAULT / CNIEL

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Des distributeurs de lait cru… qui l’eût cru ?

Des distributeurs de lait cru… qui l’eût cru ?

La bouteille en verre fait son grand retour… via les distributeurs automatiques de lait cru !

Distributeur de lait fraisLes distributeurs automatiques de lait cru en zone urbaine ou rurale ne cessent de se multiplier. Retour sur une initiative qui surfe sur la vague de la consommation de proximité.

Une idée venue d’Italie

Annecy, Chambéry, Cran-Gevrier, Saint-Renan, Montauban, Bordeaux… : ils essaiment dans la France entière ! Les distributeurs de lait frais intéressent de plus en plus de producteurs, soucieux de vendre leur lait à un prix convenable, mais aussi de consommateurs, séduits par la saveur incomparable du lait cru et le renouveau des circuits courts. C’est à Arbresle, dans la région lyonnaise, que le premier distributeur automatique de lait frais a été installé en 2008 près d’un supermarché. « J’ai pensé à importer cette idée lors d’un voyage en Italie », raconte Michel Besnard, premier à avoir implanté le concept en France avec la création de la société Distrilait. « En Lombardie, le succès était fulgurant ! ».

Entre tradition et modernité

Le concept est simple : il s’agit de mettre à disposition des consommateurs du lait frais, en libre service, 24 heures sur 24. Le lait est tiré non pas au pis de la vache mais à la machine, ce qui s’avère peut-être moins pittoresque mais bien plus pratique, facile et rapide ! Concrètement, la cuve du distributeur est remplie quotidiennement par un producteur local. Le lait y est réfrigéré à 3° C. Le consommateur récupère le lait en plaçant une bouteille sous le bec verseur (c’est le grand retour de la bouteille en verre !). La sécurité est assurée par un système complexe : à chaque fois qu’un client se sert, la température du lait est enregistrée, ainsi que l’heure et la quantité prise. En cas de problème (manque de lait, coupure de courant, porte ouverte, problème de température…), le producteur est immédiatement averti par une alarme via téléphone. Bref, il s’agit d’un bijou de technologie.

Des opportunités à saisir Distributeur de lait frais

Face à la baisse des prix du lait, de nombreux éleveurs apprécient cette possibilité de valoriser leur production directement auprès des consommateurs : en moyenne, ils peuvent vendre le litre à 1 euro. Mais gare aux illusions ! « Certains distributeurs fonctionnent très bien, d’autres moins, tempère Michel Besnard. Ce qui fait la différence, c’est la qualité de la communication de la part des éleveurs : ce n’est pas leur métier et il ne faut surtout pas les blâmer, mais plutôt les encourager à développer les contacts. » Parmi les consommateurs, en effet, beaucoup n’ont jamais connu le lait cru et ne savent pas comment l’utiliser. Par exemple, contrairement au lait UHT, il doit être consommé très rapidement, et, de préférence, immédiatement bouilli après l’achat. La récompense, c’est bien sûr sa saveur unique. Un secret ? Essayez le flan au lait cru et… succombez !

Crédit photos : Distrilait