filiere-laitiere

La filière laitière

derniers articles
  • 09-12
    DIY : 4 idées de décorations de Noël en emballages laitiers recyclés

    Des moments ludiques et écologiques à partager avec les enfants.

  • 07-12
    Et si on faisait un apéritif dînatoire pour le réveillon de Noël ?

    Nos meilleures idées pour un buffet chic et festif.

  • 05-12
    Les plats emblématiques des chefs français (2) : des années 1960 aux années 1980, la Nouvelle Cuisine

    La vocation laitière de la France se prolonge naturellement dans la cuisine de ses chefs. Pour ce florilège de plats « signature » faisant la part belle aux produits laitiers, nous nous sommes intéressés aux grands cuisiniers français depuis le début du XXe siècle. Attention, ça donne faim !

  • 02-12
    4 repas de Noël autour du monde

    Envie de changer des traditions françaises ? Inspirez-vous avec des menus festifs venus du monde entier.

Voir toutes les actualités
Elevage et territoire
-

Que veut dire… changement climatique ?

Pleins feux sur l’objet de la COP21, qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015.

Eleveur dans les prés

La COP21, conférence des Nations unies sur le climat, sera lancée à la fin du mois : l’occasion de revenir sur ce que recouvre concrètement l’expression « changement climatique » et de torde le cou aux idées reçues sur l’élevage laitier.

Le changement climatique, une modification durable du climat global de la terre

Le changement climatique tel qu’on l’entend actuellement désigne une augmentation de la température à la surface du globe. En particulier, il est caractérisé par :

  • une élévation des températures moyennes (en 2012, la température moyenne planétaire a progressé de 0,89 °C par rapport à celle du XXe siècle ; en été, elle pourrait augmenter de 1,3 à 5,3 °C d’ici la fin du XXIe siècle si nous ne mettons pas en œuvre des solutions efficaces) ;
  • une augmentation de la température des océans ;
  • une augmentation du niveau de la mer (environ 20 cm depuis le début du XXe siècle) ;
  • une accélération de la fonte des glaciers de montagne (750 millions de tonnes par jours depuis 20 ans) et des calottes polaires (990 millions de tonnes par jours depuis 10 ans) ;
  • une augmentation de la fréquence des aléas climatiques.

La biodiversité, le littoral, l’océan, la santé et même le patrimoine culturel sont concernés par les impacts de ce changement climatique (plus d’informations sur le site du Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie).

Les gaz à effet de serre sur la sellette

D’une manière générale, les changements climatiques peuvent être dus à des phénomènes naturels, comme une crise volcanique. On parle alors plutôt de variabilité climatique. Mais ils sont également liés aux activités humaines : c’est ce changement climatique dit « anthropique » (en rapport avec l’espèce humaine) qui constitue l’enjeu de la COP 21.

Dans son rapport d’octobre 2013, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) indique en effet que l’influence humaine sur la période actuelle de changement climatique que nous traversons est clairement établie. Depuis le XIXe siècle, l’homme a considérablement accru la quantité de gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère. Si ceux-ci sont nécessaires à la vie (ils retiennent sur terre une partie de la chaleur reçue du soleil et, sans eux, la température moyenne sur terre serait de –18°C au lieu de +15°C !), l’augmentation des gaz générés par l’homme (notamment CO2 ou gaz carbonique, CH4 ou méthane et N2O ou protoxyde d’azote) est en partie responsable du réchauffement climatique. On parle d’impact ou d’empreinte carbone.

Et la filière laitière, dans tout ça ?

La filière laitière subit les conséquences du changement climatique. En particulier, les cultures fourragères sont mises à l’épreuve dans certaines régions où les prairies sont sensibles à la sécheresse. Mais elle contribue aussi au réchauffement. C’est pourquoi la réduction des émissions de gaz à effet de serre de la filière et son adaptation au changement climatique représentent un enjeu majeur pour le secteur.

Les éleveurs mettent déjà en œuvre un certain nombre de pratiques pour réduire l’émission des gaz à effet de serre, comme implanter des légumineuses, réduire les consommations de carburant, optimiser la quantité de concentré donné aux vaches, réduire la consommation d’engrais chimiques, améliorer la qualité des fourrages, installer des unités de méthanisation

L’élevage compense également une partie de ses émissions par le stockage de carbone dans les haies et les sols, notamment des prairies. D’après l’Institut de l’élevage, ce stockage compense 75 % des émissions de méthane du troupeau ruminant en France et ce stockage peut encore augmenter en plantant plus de haies et en améliorant les prairies. Par ailleurs, l’élevage joue un rôle central dans les territoires ruraux au sein desquels il assure, au-delà de l’approvisionnement alimentaire, de nombreuses contributions sur les plans économique, social et environnemental.

Pour continuer de progresser, un plan d’action a été initié par la filière lait en 2015 : la Ferme laitière « bas-carbone », qui vise à promouvoir des leviers d’action permettant à la production laitière de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20 % à l’horizon 2020. Elle a récemment fait partie des lauréats du concours My positive impact organisé par la Fondation Nicolas Hulot.

Plus d'articles

Mots clés

Plateau de fromage
article précédent
Le fromage, un patrimoine en mouvement

Le fromage, un patrimoine en mouvement

C’est ce qu’a montré le colloque « Le fromage, patrimoine culturel français et européen ».

Le colloque international « Le fromage, patrimoine culturel français et européen » s’est tenu à Paris le 15 octobre 2015. À cette occasion, plusieurs experts internationaux ont partagé les dernières découvertes concernant cet aliment emblématique de notre culture et de notre gastronomie. Zoom sur trois enseignements qui montrent la richesse du patrimoine fromager en France et en Europe.

1. Le fromage est un patrimoine plus que millénaire.

Comme l’a expliqué Mélanie Roffet-Salque de l’Université de Bristol, des débris de poteries percés de petits trous, datant du sixième millénaire av. J.-C., ont été découverts dans des sites du début du Néolithique en Europe tempérée. Leur analyse a établi que ces récipients étaient utilisés pour transformer le lait. Autrement dit, les hommes ont exploité le lait des animaux dès leur domestication, prouvant l’ancienneté de la consommation de produits laitiers. Le fromage fournissait ainsi du lait aux populations sous une forme non-périssable et aisément transportable. Ce n’est pas un hasard si, en Grèce et dans la Rome antiques, il était vu comme l’aliment des hommes « civilisés » ! Au fil du temps, les produits se sont diversifiés. Le résultat ? Une géographie des fromages qui exprime l’histoire et la diversité des terroirs, comme l’a montré le géographe Jean-Robert Pitte.

2. Les Européens aiment passionnément le fromage, mais tous ne le consomment pas de la même manière.


Aujourd’hui, le fromage fait partie du quotidien alimentaire en France (87 % des Français consomment du fromage tel quel), mais aussi dans les autres pays fromagers d’Europe que sont les îles britanniques, la péninsule ibérique, l’Italie, la Suisse, l’Allemagne ou encore les Pays-Bas. Chaque pays possède toutefois ses particularités locales et ses habitudes de consommation :

  • En France, le fameux plateau de fromage servi avant le dessert continue de ravir les adeptes du repas à la française, surtout chez les plus de 60 ans, très attachés à ce mode de consommation traditionnel.
  • Au Danemark, le fromage est dégusté au petit-déjeuner, pendant le repas de midi sur du pain ou en plateau accompagné de fruits secs, radis, confiture de coing et crackers.
  • En Irlande et Irlande du Nord, le fromage apparaît le plus souvent dans des snacks et sandwichs à différents moments de la journée. Il est parfois servi après le dessert avec du raisin, du chutney et éventuellement du porto. Il fait partie du fameux « ploughman lunch » : cet en-cas typique composé de pain, de beurre, de fromage, de jambon, de salade et de pickles, est servi dans les pubs et généralement accompagné de bière.

3. Les goût et les usages du fromage ne cessent d’évoluer.

Le fromage a beau continuer à séduire les Français et les Européens en mode traditionnel, il a pris le train des nouveaux modes de consommation au cours des dernières années :

  • De nouveaux usages et moments de dégustation se sont développés. En particulier, le fromage s’est installé à l’apéritif, comme en-cas autour d’associations originales et en tant qu’ingrédient culinaire.
  • Les évolutions des modes de vie (bi-activité des couples, allongement des temps de transport et de loisirs…) se sont traduites par une baisse du temps passé devant les fourneaux, d’où le succès des aliments prêts à utiliser, des surgelés et des plats préparés. Les repas pris à l’extérieur (cantine, restaurant, fast-food, etc.) sont également de plus en plus fréquents.
  • Dans le même temps, les changements profonds de la filière alimentaire au cours des dernières décennies ont engendré une recherche de transparence et une volonté de retrouver du lien entre le producteur et le consommateur, comme l’a expliqué l’agronome et sociologue Eric Birlouez : retour aux produits locaux, soif d’information sur l’origine des produits…

Pour les producteurs de fromage, ces changements constituent à la fois un défi et une opportunité : le fromage fait partie, avec les fruits et les yaourts et fromages blancs, du top 3 des produits les plus souvent consommés en dehors des repas. Il reste également l’un des symboles vivants de la richesse du terroir français.

> Le colloque « Le fromage, patrimoine culturel français et européen » était porté par le programme « Cheese up your life », lancé par la France, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni (Irlande du Nord) dans le cadre du collectif EMF (European Milk Forum) et co-financé par la Commission Européenne. Ce programme a pour objectif de valoriser le fromage comme une partie intégrante d’une culture européenne du fait de sa diversité et de la variété de ses usages.

Paysage d'élevage laitier
article suivant
Qu’est-ce que la COP21 ?

Qu’est-ce que la COP21 ?

Toute la lumière sur la COP et les engagements de la filière laitière pour l’environnement.

Cette année, la Conférence internationale du climat aura lieu en France. Mais qu’est-ce qu’une COP ? En quoi la filière laitière est-elle concernée et impliquée dans la lutte contre le changement climatique ?

La COP21 en bref

COP est l’abréviation de COnférence des Parties, ces dernières désignant les États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio, entrée en vigueur en 1994 et ratifiée à ce jour par 195 pays. Cette Convention-cadre « reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène » (site officiel de la COP21).

La COP est donc une conférence mondiale sur les changements climatiques. Chaque année, elle réunit les États « parties » qui font le point sur la situation et préparent les actions à venir pour limiter le réchauffement climatique. C’est lors de la COP de 1997 qu’a été signé, au Japon, le fameux protocole de Kyoto, premier accord climatique mondial juridiquement contraignant.

La COP qui se tient cette année à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 est la 21e, d’où le nom de « COP21 ». Elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous à partir de 2020, avec l’objectif commun de maintenir le réchauffement mondial sous la limite de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle (vers 1850).

L’élevage laitier s’engage pour le climat

La filière laitière subit les conséquences du changement climatique mais contribue aussi au réchauffement, même si l’élevage compense une partie de ses émissions de gaz à effet de serre par le stockage de carbone dans les haies et les sols. Outre les pratiques déjà mises en œuvre pour réduire son impact, la filière a créé la Ferme laitière « bas-carbone », récemment lauréate du concours My positive impact organisé par la Fondation Nicolas Hulot. Cette initiative portée par le CNIEL, avec le partenariat scientifique de l’Institut de l’Élevage, a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre par litre de lait d’origine française de 20 % au cours des 10 prochaines années.

La Ferme laitière bas carbone prolonge à grande échelle l’expérience « Life Carbon Dairy », qui concerne 3 900 éleveurs de 6 grandes régions pilotes (Basse-Normandie, Bretagne, Lorraine, Pas de Calais, Pays de Loire, Rhône-Alpes). Celui-ci a d’ores et déjà permis d’identifier des leviers de progrès pour réduire encore plus les émissions de gaz à effet de serre : produire un maximum de fourrages de qualité à la ferme, diminuer l’utilisation d’engrais en valorisant les fumiers et lisiers et en introduisant des légumineuses, planter des haies, diminuer la consommation de carburant… La plupart de ces leviers sont associés à un gain économique pour l’éleveur, ce qui constitue une véritable stratégie « gagnant gagnant ». La Ferme laitière bas carbone a pour ambition d’étendre ce programme aux 60 000 élevages laitiers français, ce qui pourrait permettre d’économiser 2 millions de tonnes de CO2 en 10 ans !

> Pour en savoir plus :