Les produits laitiers

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Les produits laitiers
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Qu’est-ce que la présure ?

Un coagulant naturel essentiel à la fabrication du fromage.

Présure

Pour fabriquer du fromage, il faut d’abord solidifier du lait. Retour sur l’une des techniques les plus importantes de l’univers laitier.

Aux origines du fromage

Pour plusieurs historiens, c’est au cours de la préhistoire que l’homme découvrit, en dépeçant les jeunes ruminants après la chasse, le procédé permettant de fabriquer le fromage : dans l’estomac des animaux, le lait avait formé une masse solide qu’il était possible de déguster et même de conserver. Le fromage était né ! Grâce à cette découverte, les hommes purent reproduire le processus et conserver longtemps l’aliment riche et périssable qu’est le lait. L’estomac des jeunes ruminants contient en effet une enzyme naturelle qui permet d’accélérer le caillage du lait et donc de le transformer en fromage : la présure.

Le coagulant laitier par excellence

Celle-ci est extraite du suc gastrique de la quatrième poche de l’estomac, appelée « caillette », des jeunes ruminants abattus avant sevrage (veaux surtout, mais aussi chevreaux et agneaux). C’est elle qui permet aux bêtes de digérer le lait. Une fois introduite dans le lait par le fromager, la présure entraîne une coagulation rapide : les protéines du lait s’amalgament et tombent au fond du récipient pour former le caillé. Celui-ci est couvert par la partie liquide restante, appelée lactosérum ou « petit-lait ». Ce caillé est ensuite traité selon diverses techniques (égouttage, moulage, salage, éventuellement cuisson, affinage…) pour donner les différentes variétés de fromage.

Une technique traditionnelle en Europe

Aujourd’hui encore, de nombreux fromages traditionnels à pâte pressée sont fabriqués avec de la présure animale. Il s’agit d’ailleurs d’une condition sine qua non pour obtenir une Appellation d’Origine Protégée (AOP) ou un Label rouge. Par ailleurs, le terme « présure » sur une étiquette implique d’ailleurs obligatoirement que celle-ci est d’origine animale. Mais cette technique n’est pas exclusive : il existe aussi un caillage plus lent réalisé avec des ferments lactiques(fromages frais et certains fromages à croûte fleurie ou lavée), ainsi qu’un caillage mixte qui mêle présure et ferments lactiques (fromages persillés et pâtes molles). Mais aujourd’hui, la technologie fromagère évolue, et les industriels savent faire du fromage avec des enzymes coagulantes d’origine microbienne.

Crédit photo : DR/CNIEL
Cuves de caillage du lait : le lait a été emprésuré, on le brasse quelques minutes pour répartir la présure. Méthode de fabrication employée pour toutes les pâtes pressées cuites (comté, gruyère, beaufort, emmental…).

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Question (pas) bête : pourquoi certains fromages sont-ils entourés de bois ?

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Signe distinctif du vacherin Mont d’Or : sa large bande de bois qui l’encercle. Savez-vous exactement à quoi elle sert ?  Et avez-vous déjà goûté d’autres fromages qui se présentent ainsi ? Le point sur ces drôles de fromages bien ceinturés.

De la tenue… et du goût
Lors de la fabrication du fromage, le caillé est moulé pour prendre sa forme définitive. Il peut être versé dans un cercle de bois, dit éclisse. Par exemple, le caillé du beaufort est rassemblé dans une toile, puis moulé dans un cercle de bois de hêtre convexe, que l’on nomme « cercle de beaufort ». Sa forme bien particulière va donner un talon concave au fromage une fois démoulé, devenant un de ses signes de reconnaissance.
Néanmoins, peu de fromages gardent leur cerclage de bois lors de l’affinage et jusqu’au consommateur. Le plus connu d’entre tous, c’est le vacherin Mont d’Or : son cerclage d’épicéa, un résineux caractéristique du Jura, lui donne un parfum unique de résine et de sous-bois qui le rendent reconnaissable dès la première bouchée.
Fromage à pâte molle, le vacherin est cerclé après démoulage dans une sangle d’épicéa –tel que précisément mentionné dans le cahier des charges de l’AOP. Il est ensuite affiné sur des planches d’épicéa pendant 21 jours puis placé à son tour dans une boîte toujours du même bois. La boîte est légèrement trop petite afin que la croûte plisse légèrement pour conserver tout le moelleux et le fondant de la pâte coulante. On dit aussi que c’est pour évoquer les reliefs montagneux du Haut Doubs ! Loin de n’être qu’une décoration ou un simple emballage, cette sangle de bois est partie prenante du fromage, signifiant son attachement au terroir du Haut Doubs.
La preuve ? C’est un artisan dédié, le « sanglier », qui les réalise. Métier attesté dès Louis XIV en Franche-Comté, les bûcherons-sangliers ne sont plus qu’une douzaine à exercer cette profession.

D’autres fromages encerclés
Si vous aimez le moelleux boisé du vacherin Mont d’Or, vous aimerez aussi le vacherin des Bauges, dit aussi vacherin de Savoie, fabriqué à l’automne avec le lait des premières gelées. Il n’est hélas que très peu produit – trois fromageries environ, et se déguste surtout dans la région.
De création plus récente -2008-, le moelleux du Revard revisite la tradition du vacherin des Bauges. Il est fabriqué avec du lait de vaches abondance, tarine et montbéliarde, collecté sur la zone AOP de la Tome des bauges. Au lait cru, à la pâte molle et à la croûte lavée, sa ceinture vise surtout à éviter à sa pâte ultra-moelleuse de se répandre… et à le parfumer d’arômes boisés. A guetter aussi dans les crémeries : le sanglé  de la fromagerie Badoz.

Du cercle aux bandelettes
Version « allégée » du cercle de bois : les bandelettes naturelles entourant un fromage. L’exemple le plus connu ? Le livarot ! Fabriqué à l’origine au lait écrémé, ce fromage avait peu de tenue et avait tendance à s’affaisser. Pour conserver sa forme ronde, il était entouré de 5 bandelettes faites en laiches, c’est-à-dire en roseaux séchés, dits aussi massettes. C’est elles qui lui ont donné son surnom de colonel : il est décoré de 5 bandes, comme les galons sur la veste du militaire. Désormais plus décoratives qu’utiles, ces bandelettes sont maintenant le plus souvent de papier.

Crédits photo : V. RIBAUT / Les Studios Associés / CNIEL

Yaourts au frais
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Congeler les produits laitiers, c’est possible !

Congeler les produits laitiers, c’est possible !

Oui, mais dans certaines conditions.

La congélation permet de faire des économies et de ne jamais être pris au dépourvu. Ne manquez pas nos conseils pour bien congeler lait, beurre, fromages, yaourts et crème fraîche.

Congélation, mode d’emploi

Avant de passer en revue vos produits laitiers préférés, retenez ces quelques règles générales qui s’appliquent à tous sans exception :

  • Les produits laitiers congelés doivent être décongelés au réfrigérateur et non à température ambiante pour ne pas favoriser la multiplication microbienne. Comptez environ huit à dix heures de décongélation et consommez rapidement.
  • Ne recongelez jamais un aliment décongelé, ce qui favoriserait la prolifération de bactéries pouvant provoquer des intoxications alimentaires.
  • Soignez vos emballages : utilisez des contenants qui supportent les températures extrêmes, retirez le plus d’air possible et étiquetez-les précisément sans oublier la date. Par ailleurs, n’oubliez pas que le volume des aliments augmente lors de la congélation, surtout quand ils sont riches en eau.
  • Pour accélérer la congélation et préserver les propriétés des aliments, entreposez-les préalablement au réfrigérateur afin de les refroidir complètement.

Le lait

Le lait pasteurisé ou stérilisé et homogénéisé peut être congelé sans problème, pendant six mois, dans son contenant. S’il s’agit de lait entier, l’opération peut entraîner une coagulation des graisses : remuez bien avant utilisation.

Le beurre

Le beurre se congèle parfaitement, entier dans son emballage d’origine lui-même enveloppé de papier d’aluminium ou glissé dans un sac de congélation. Pensez aussi à congeler des petites portions, plus modulables selon l’usage. Il se garde environ six mois : au-delà de ce délai, ses qualités gustatives peuvent décliner.

Le fromage

D’une manière générale, les fromages à faible taux d’humidité (pâtes pressées notamment) se congèlent bien, tandis que les fromages très humides (fromages frais) voient leur texture altérée par le processus :

  • Pour les fromages à pâte pressée, découpez des petites portions, enveloppez celles-ci dans du papier d’aluminium et glissez-les dans un sac de congélation en retirant l’air. Vous pouvez aussi les râper et les conserver dans une boîte en plastique pendant six mois : idéal pour ne jamais être à cours de fromage râpé !
  • Les fromages à pâte molle à coûte fleurie (camembert, brie, chaource…) ou lavée (époisses, langres, livarot, maroilles…), deviennent légèrement farineux, tandis que les bleus ont tendance à s’effriter. Ne désespérez pas pour autant : ils ne sont pas impropres à la consommation et peuvent être utilisés en cuisine pour des tartines, cakes, tartes et autres gratins, tout comme les fromages frais.

Les yaourts

On peut les congeler mais leur texture devient liquide et grumeleuse à la décongélation. La solution : ne pas les déguster tels quels mais en guise de glaces au yaourt express ! Vous pouvez les verser dans des moules en plastique spéciaux façon sucettes glacées, ou simplement planter des bâtonnets dans des pots de yaourts aux fruits ou de petits-suisses aromatisés. Les yaourts nature décongelés peuvent entrer dans la composition de vos recettes de cuisine, par exemple pour préparer un délicieux gâteau au yaourt.

La crème

La crème entière se congèle bien. Battez-la légèrement avant de la verser dans des boîtes en plastique et de la congeler pour une durée maximale de six mois. Elle devient plus ou moins granuleuse à la décongélation, mais il suffit de la mélanger pour lui redonner une texture correcte. Utilisez-la en cuisine, mais pas pour une crème chantilly car le résultat n’est absolument pas garanti !