Qu’est-ce que le stockage carbone ?

Publié le 25.04.2016 , mis à jour le 17.02.2023

Le stockage carbone, naturel dans les fermes laitières, est un mécanisme clé de la lutte contre le changement climatique.

Schéma stockage carbone

L’agriculture et l’élevage compensent une grande partie de leurs émissions de gaz à effet de serre grâce au stockage de carbone dans les haies et les prairies.

 

Le carbone, point trop n’en faut !

Depuis des millions d’années, le carbone s’est progressivement accumulé dans le sol de la planète. Il est également présent dans l’atmosphère sous forme de gaz carbonique ou dioxyde de carbone (CO2). Dans les deux cas, il s’agit d’un élément naturel et indispensable à la vie sur terre.

Le problème, c’est quand il y en a trop dans l’atmosphère et plus assez dans la terre. Le CO2 est en effet l’un des principaux gaz à effet de serre. Or, en raison de l’intensification inédite des activités humaines industrielles et agricoles au cours des deux derniers siècles, la teneur des sols en carbone a fortement diminué alors que celle du gaz carbonique dans l’air a augmenté, contribuant fortement au réchauffement climatique.

 

Le retour du carbone à la terre : merci la photosynthèse !

Toutefois, ce mouvement n’est pas irréversible : la concentration de CO2 dans l’atmosphère peut être diminuée, ce qui constitue d’ailleurs l’enjeu des conférences sur le climat. La solution la plus évidente consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais il est également possible de capturer du gaz carbonique et de le piéger dans les sols.

Dans l’agriculture et l’élevage, ce processus est entièrement naturel. L’herbe des prairies consommée par les ruminants, ainsi que les haies et autres boisements présents dans les fermes, ont en effet besoin de CO2 pour assurer leur photosynthèse, qui maintient la présence d’oxygène – et donc de vie – sur terre. Ensuite, lorsque les végétaux fanent et se décomposent, le carbone est intégré et stocké dans la terre. De plus, dans les prairies pâturées, une partie du CO2 fixé par les plantes retourne au sol par l’intermédiaire des déjections des vaches. C’est donc un véritable cercle vertueux qui se met en place : non seulement la quantité de CO2 dans l’atmosphère diminue, mais la fertilité des sols est améliorée.

 

Du stockage carbone à la compensation carbone

C’est pourquoi la contribution de l’agriculture et de l’élevage au réchauffement climatique ne peut être évaluée uniquement en fonction des émissions de gaz à effet de serre. Par exemple, la rumination des vaches produit du méthane rejeté dans l’air par éructation, mais celui-ci est en grande partie neutralisé par le stockage de carbone dans les haies et les prairies. On estime ainsi que la compensation des émissions brutes de gaz à effet de serre d’une ferme laitière peut aller de 5 % dans les systèmes les moins herbagers à plus de 40 % dans les systèmes les plus herbagers.

Conséquence logique : le renforcement de ce phénomène naturel par des pratiques agricoles spécifiques constitue l’un des enjeux de l’élevage laitier aujourd’hui, en particulier dans le cadre de la « Ferme laitière bas carbone ». Il s’agit d’encourager les éleveurs à accroître le stock de carbone en plantant des haies et en augmentant les surfaces des prairies permanentes, mais aussi de les informer sur les conduites à éviter, tel un retournement fréquent des sols qui entraîne une émission vers l’air du carbone stocké.

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