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La filière laitière

Elevage et territoire
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Qu’est-ce que l’ensilage ?

Une méthode naturelle pour conserver l’herbe fraîche.

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Ensilage1Une méthode naturelle pour conserver l’herbe fraîche.

La vache, un animal herbivore

L’alimentation des vaches est exclusivement composée de produits végétaux. L’essentiel de leur ration est constitué de fourrages verts (herbe, luzerne, colza…), c’est-à-dire de plantes cultivées principalement pour nourrir les animaux d’élevage (feuilles, tiges et racines). Or, en France, plus de 80 % des aliments des troupeaux sont produits directement sur les exploitations. Chaque vache dispose ainsi, dans les fermes laitières, d’un hectare de pré et de champs pour paître et ruminer ses 60 à 80 kg quotidiens d’herbe fraîche !

L’ensilage, un mode de conservation naturel des pâturages agricoles

Pendant la belle saison, cette nourriture est broutée directement dans les pâturages. Mais l’herbe ne pousse pas toute l’année. C’est pourquoi au printemps et en été, les éleveurs, qui sont aussi des agriculteurs, fauchent les fourrages pour les conserver et les stocker, Ensilage2ce qui permet au troupeau de continuer à consommer des nourritures végétales saines quand la météo se fait rigoureuse. L’herbe peut être séchée, ce qui donne le foin, ou bien fermentée en milieu humide, ce qui donne l’ensilage. En pratique, pour fabriquer de l’ensilage, les fourrages sont broyés et stockés dans un silo sans air, où ils se conservent par acidification en l’absence d’oxygène, avec un excellent maintien des qualités nutritionnelles. En termes techniques, on parle de «  fermentation lactique anaérobie », ce qui rappelle la fabrication de… la choucroute !

L’ensilage de maïs

L’ensilage est donc tout simplement une technique naturelle qui permet aux éleveurs de subvenir aux besoins des bêtes en saison sèche et froide. Il se fait à partir de l’herbe produite sur les exploitations agricoles, mais le procédé s’applique aussi à d’autres espèces végétales. Le maïs, notamment, donne un ensilage particulièrement intéressant en raison de sa richesse en énergie et du confort digestif qu’il apporte aux vaches. Certains éleveurs, dans les zones plus sèches, font également le choix du sorgho car il est moins gourmand en eau que le maïs. Dans tous les cas, la transformation se fait selon des savoir-faire anciens et précis parfaitement maîtrisés par les éleveurs !

Crédits photos : P. DUREUIL / L.GUENEAU / CNIEL.

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Question (pas) bête : pourquoi cette vache porte-t-elle un bracelet à une patte arrière ?

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Découverte d’un système permettant d’identifier les vaches à surveiller.

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Sécurit’lait, c’est quoi ?

C’est un concept de bracelets fluorescents servant à identifier les vaches grâce à un code couleur : bracelet rose fluo pour les vaches sous traitement antibiotique, vert fluo pour les vaches taries et les génisses à vêler, jaune fluo pour les périodes de colostrum et orange fluo pour les autres vaches à problèmes. Un tableau mural reprend ce code couleur : l’éleveur y inscrit le nom des vaches qui portent tel ou tel bracelet, avec la date de la dernière traite à part, du vêlage ou des interventions. Il s’agit donc d’une sécurité supplémentaire pour assurer la qualité du lait.

Un vacher inspiré

À l’origine de cette innovation, un certain Alain Coraud qui, alors qu’il était jeune vacher remplaçant, changeait très souvent de troupeau. Il était donc difficile, pour lui, d’identifier les vaches qui posaient un problème pour la traite. Son principal souci : les bêtes traitées par antibiotiques, dont le lait est impropre à la consommation. Certes, les éleveurs avaient leurs techniques : une ficelle, un coup de crayon gras, un bout de ruban adhésif sur la queue, une simple bande velcro accrochée à une patte arrière pour être visible à la traite car la vache est de dos… Mais ces méthodes artisanales manquaient de fiabilité. Dès 1995, Alain Coraud eut donc l’idée d’utiliser de larges bracelets fluorescents en velcro, munis d’une boucle pour assurer une solidité à toute épreuve. La méthode Sécurit’Lait était née et dûment brevetée.

Un système « gagnant gagnant »

Pour les éleveurs, il s’agit d’une assurance supplémentaire face aux mauvaises surprises : les laiteries font en effet analyser le lait dès son arrivée en usine pour vérifier sa qualité. Le lait non conforme est tout simplement rejeté. « Avant, quand on avait des petits troupeaux, on connaissait nos vaches par cœur, confie Hervé Cizeron du GAEC du Polisan, aux portes de Saint-Étienne. Aujourd’hui, j’ai un troupeau de 70 bêtes, je les appelle encore par leur nom, mais je ne suis pas à l’abri d’une erreur. Or, quand la laiterie refuse le lait, et c’est normal qu’elle le fasse quand ce dernier n’est pas aux normes, c’est l’éleveur qui est pénalisé car il n’est pas payé. » Ce système permet donc de renforcer à la fois la tranquillité des éleveurs et la sécurité des consommateurs, raison pour laquelle de plus en plus de laiteries le proposent à leurs producteurs !

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Des vaches bien dans leur peau !

Des vaches bien dans leur peau !

Les éleveurs ne manquent pas d’idées pour bichonner leurs troupeaux.

Bruno-NeyroudLes éleveurs ne manquent pas d’idées pour bichonner leurs troupeaux et assurer le confort des vaches tout au long de l’année. En Isère, Bruno Neyroud élève, avec ses deux associés, une soixantaine de vaches laitières de race Montbéliarde dont le lait est destiné à la fabrication du saint-marcellin IGP*. Il confie ses astuces pour assurer le bien-être quotidien du troupeau.

Quel est l’intérêt, pour un éleveur, de bichonner ses vaches ?
La première chose, c’est que nous passons le plus clair de notre temps avec elles : nous aimons nos bêtes et nous préférons les voir contentes ! De toute façon, d’un point de vue économique, une vache bien dans son environnement produit plus et mieux. De plus, elle a moins de soucis de santé, de pieds, d’articulations… C’est donc aussi une sorte de prévention. Par exemple, une aération de l’étable dans les règles de l’art est indispensable pour éviter les courants d’air. Ici, les murs sont pleins jusqu’à deux mètres de haut, puis des filets brise-vent et des planches légèrement espacées prennent le relais. Au niveau du toit, les deux parties de la toiture sont légèrement décalées pour que l’humidité s’évacue. Avec ces aménagements, l’aération est lente mais constante.

On dit d’ailleurs qu’une vache heureuse est avant tout une vache bien logée.
Oui, c’est vrai : quand il fait froid, en hiver, les vaches sont rentrées à l’étable pour plusieurs mois. Il est indispensable qu’elles y soient à leur aise. C’est pourquoi depuis septembre 2013, nous avons installé des logettes qui leur permettent de bénéficier de couchages individuels pour dormir et ruminer en paix. Ce ne sont pas des box mais des zones délimitées par des tubes latéraux. Avant, toute l’étable était paillée et les bêtes se couchaient où elles voulaient. Le problème, c’est que dès que l’une d’entre elles se levait, elle dérangeait les autres. Désormais, elles restent ensemble tout en gardant leur espace. Bref, les logettes, c’est une tranquillité assurée pour les vaches.

Comment ces logettes sont-elles aménagées ?
Sur le sol de chaque logette, un tapis en caoutchouc souple, posé sur des petits plots, forme une sorte de matelas moelleux – pour une exploitation comme la nôtre, l’investissement a été de 11 000 euros. Une couche de paille fraîche, renouvelée chaque jour, parachève le confort de ce lit sur mesure. De plus, le sol est très légèrement pentu, de façon à ce que la tête des vaches soit un peu plus haute que l’arrière du corps : non seulement c’est plus confortable, mais en plus ça permet aux fuites éventuelles de lait de s’évacuer. Enfin, les espaces sont conçus de façon à ce que les déjections des vaches tombent à l’arrière des logettes et non dans la zone de couchage, ce qui permet de garder les bêtes propres.

Vache-sous-la-brosseAQuelles sont les autres techniques pour assurer le confort des vaches ?
C’est bien sûr la mise à disposition de grandes quantités de nourriture et d’eau fraîche, mais aussi le pâturage : quand on met les vaches à l’herbe, le premier jour, elles sautent en l’air tant elles sont contentes ! Ici, elles sont dehors au moins 180 jours par an, comme l’exige le cahier des charges du saint-marcellin IGP. On a d’autres astuces, comme la mise à disposition de pierres de sel que les vaches lèchent à leur guise : elles en sont friandes et cela complète l’apport en sels minéraux. Mais l’exemple le plus amusant à observer, c’est sans doute la grosse brosse rotative installée dans l’étable : elle se met en route automatiquement dès que les vaches passent dessous pour se gratter le dos, le cou, la croupe… Elles adorent ça ! D’ailleurs, en hiver, la brosse fonctionne 22 heures par jour. Au-delà de leur bien-être, cela stimule leur circulation sanguine et contribue à leur propreté.

Avez-vous d’autres projets pour la suite ?
En 2014, nous souhaitons installer un brumisateur qui permettra, pendant les traites d’été, de rafraîchir les vaches et de les protéger des mouches qui détestent l’humidité. Tout ceci représente des investissements assez lourds, mais il ne faut jamais oublier que mieux les vaches se portent, meilleure est la qualité du lait !

GAEC de Sully
146 chemin de Doz
38470 VARACIEUX

* Bruno Neyroud est aussi le président du comité pour le saint-marcellin (CISM).