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La filière laitière

Economie et société
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Vétérinaire rural : un métier aux multiples facettes

C’est l’un des métiers rêvés des enfants. Et pourquoi pas vous ?

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Vétérinaire rural Le vétérinaire rural est mal connu du grand public, contrairement au vétérinaire « canin » qui soigne les animaux de compagnie. Pourtant, en traitant les animaux de ferme (dits « de rente »), il occupe une place centrale dans l’économie laitière. Zoom sur un métier multiforme.

Une profession polyvalente

Le vétérinaire rural ne travaille pas dans un cabinet où il reçoit les éleveurs avec leurs bêtes (quand on pense au gabarit d’une vache, on comprend pourquoi !) : il sillonne plutôt les routes de campagne dans son véhicule spécialement aménagé pour cet usage. Il accomplit ainsi l’essentiel de son métier sur le terrain, où il couvre de nombreuses missions : soins des animaux en cas de maladies ou d’accidents, interventions chirurgicales d’urgence (vêlages difficiles, césariennes, opérations…), suivi des troupeaux, visites sanitaires et conseils aux éleveurs pour l’essentiel. Il connaît les vaches sur le bout des doigts ! « Sur le plan technique, la vache a un fonctionnement biologique très complexe, témoigne Claude, vétérinaire dans le nord de la France depuis 1980. C’est ce qui rend notre métier à la fois passionnant et spécifique. »

Conseil et prévention

Si le vétérinaire est parfaitement autonome pour la gestion de son travail et de ses journées, il s’inscrit dans une véritable logique de partenariat avec les éleveurs. En effet, ces derniers détiennent des connaissances techniques de plus en plus poussées, ce qui leur permet d’administrer eux-mêmes une partie des soins. Une grande partie du travail du vétérinaire rural est ainsi orientée vers la prévention et le conseil. « Nous ne sommes plus seulement des urgentistes, explique Claude. Nous devons aussi apporter des conseils en alimentation, reproduction, zootechnie ou encore économie ». Cela implique un travail relationnel important et une indispensable relation de confiance avec les éleveurs.

Un maillon essentiel de la qualité des produits laitiers

L’objectif final de ce partenariat ? Réunir les conditions optimales pour que les animaux soient en bonne santé. Le vétérinaire rural assure ainsi une véritable mission de service public : il fait partie des maillons qui garantissent aux consommateurs la qualité sanitaire des viandes et des produits laitiers. Il contrôle les traitements médicamenteux, inspecte les abattoirs, examine la chaîne de production des denrées et surveille les grandes maladies contagieuses. En bref, son métier exige à la fois des connaissances scientifiques et médicales solides, un bon esprit d’observation et une résistance physique à toute épreuve. Un vétérinaire ne s’ennuie jamais !

Vous êtes tenté ?

La formation se fait dans les Écoles Nationales Vétérinaires (Alfort, Lyon, Nantes, Toulouse) qui délivrent le diplôme d’État de docteur vétérinaire. Les études durent cinq ans (auxquelles il faut ajouter deux années de classes préparatoires). On y accède par concours et le nombre de places est limité… mais les débouchés nombreux.

> Découvrez d’autres métiers du lait.

Crédit photos : L.GUENEAU / CNIEL

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Portrait de vache : la Salers

Portrait de vache : la Salers

Découvrez la reine des Auvergnates.

Belle, robuste et maternelle, la vache Salers fournit tout à la fois une viande recherchée et un lait parfaitement adapté à la fabrication de fromages.

Vache Salers et son veau

Une race tout-terrain

La légende dit que la Salers fut créée à partir des boules rouges des volcans d’Auvergne, d’où sa magnifique robe acajou. Si l’on ajoute à cela un poil qui frise et des cornes en forme de lyres, la Salers a tout pour plaire. Derrière les atours de cette race originaire du Massif Central se cache pourtant une grande rusticité : résistante aux climats rudes (froids comme chauds), marcheuse infatigable, peu sensible aux variations alimentaires, la Salers est très appréciée des éleveurs. Prédominante au sein des hauts plateaux volcaniques de l’Auvergne, où elle est capable d’aller pâturer sa nourriture dans les reliefs les plus tourmentés, elle est aussi présente dans quatre-vingt-cinq départements français et vingt-cinq pays du monde entier (Texas, Portugal, Australie, Afrique, Amérique du sud, Canada, Pologne, Russie…).

Ô bonne mère

Sa qualité la plus frappante ? C’est une vache très maternelle. Elle surveille et protège attentivement son veau, qu’elle n’a d’ailleurs aucun mal à mettre à mettre au monde grâce à des aptitudes physiques exceptionnelles, et s’impose comme la championne des allaitantes. En période de disette alimentaire, elle mobilise en effet ses réserves pour maintenir une bonne production laitière. Surtout, elle accepte d’être traite uniquement en présence de son petit. Les veaux grandissent ainsi au lait de leur mère, en partie dans les riches pâturages des hauteurs : chaque été, dans le Cantal, de nombreux éleveurs perpétuent la tradition de la transhumance. Ce pastoralisme extensif, qui préserve les terres tout en tirant parti de leurs richesses, permet la production de broutards* de qualité et de fromages issus du lait le plus parfumé, celui qui est trait pendant ce séjour dans l’estive.

Ne pas confondre Salers et… salers !

Race mixte par excellence, la Salers fournit en effet une viande persillée, juteuse et goûteuse très appréciée des amateurs. D’un point de vue strictement laitier, elle produit deux à trois fois moins de lait qu’une vache de race spécialisée comme la Holstein, mais son lait est gras et très concentré en protéines, donc particulièrement adapté à la transformation fromagère. L’un des célèbres fromages AOC d’Auvergne, le salers (sans « S » majuscule, contrairement à la vache), porte parfois la mention « tradition Salers » : cela signifie qu’il est fabriqué avec du lait de Salers, sur l’exploitation agricole, entre le 15 avril et le 15 novembre (période pendant laquelle les vaches se nourrissent exclusivement d’herbe). Il existe aussi un cantal au lait cru 100 % lait de Salers. Des fromages très recherchés par les amoureux de Salers !

* Les broutards sont des jeunes veaux qui se nourrissent exclusivement de lait maternel et d’herbe jusqu’à leur sevrage.

> Consulter le site du Groupe Salers Evolution.
> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédit photos : Groupe Salers Evolution

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Portrait de vache : la Brune

Portrait de vache : la Brune

À la rencontre d’une vache qui n’en finit pas de monter.

Solide et à l’aise dans tous les milieux, la Brune séduit de plus en plus d’éleveurs. Rencontre avec une vache aux aptitudes fromagères exceptionnelles.

La classe internationaleVache Brune

États-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Italie, Allemagne, Slovénie, Ukraine, Turquie, Sénégal, Zaïre, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie, Inde, Japon, Thaïlande… : la Brune est présente sur tous les continents de la planète ! Avec 10 millions de têtes, cette vache le plus souvent vêtue de gris s’impose comme la deuxième race laitière du monde derrière la Holstein. D’origine suisse, elle été appelée « Brune des Alpes » pendant longtemps, ce qui ne l’empêche pas de s’adapter sans peine aux climats chauds. Grande voyageuse au cours des derniers siècles, elle est arrivée en France en 1786, où elle s’est installée dans le Nord-Est (Côte d’Or) et dans le sud du Massif central (Tarn), deux zones qui restent encore aujourd’hui ses berceaux. Elle est aussi très présente dans l’Ariège, autre région historique.

Une race qui monte

Féconde, aussi à l’aise dans les systèmes extensifs qu’intensifs, tout à fait capable de s’accommoder de pâturages pauvres, la Brune vit très longtemps et fait preuve d’une excellente facilité de vêlage. La qualité qui séduit de plus en plus d’éleveurs ? Sa formidable capacité d’adaptation. En France, elle connaît ainsi, depuis le début des années 1990, une progression régulière de ses effectifs dans l’Ouest (Bretagne, Pays de Loire, Normandie) et conquiert de nouveaux territoires dans l’Est, en Auvergne et dans la région Rhône-Alpes. Elle est également présente au sein de l’île de la Réunion. Bref, celle que l’on considère comme l’une des plus anciennes races bovines de la planète continue à rouler sa bosse avec dynamisme et sérénité.

Une excellente fromagère

Malgré de très bonnes aptitudes de production de viande et de travail, la Brune a été orientée vers une carrière laitière dès les années 1970. C’est surtout une fromagère exceptionnelle : très riche en protéines, son lait est caractérisé par une nature de caséines assurant un rendement fromager supérieur à celui des autres vaches. Par ailleurs, il coagule plus rapidement et donne un caillé consistant et résistant. Il représente ainsi près des deux-tiers du lait transformé en AOC époisses. Toutefois, malgré cette spécialisation laitière, la Brune présente des aptitudes bouchères intéressantes, notamment pour la production de taurillons et de veaux de boucherie. Elle a tout pour plaire !

> Consulter le site Brune Génétique Service.
> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédits photos : Elise Fargier – Midatest