Cuisine & recettes
Cuisiniers en herbe
Cuisiner à quatre mains
De grand-mère Madeleine Palante et sa petite-fille Fanny, 13 ans
« Il faut « ébrossonner » la poule ! » disait ma grand-mère
« J’ai été élevée par ma grand-mère dont les moyens étaient modestes. Elle réservait la poule au pot aux jours de fête. Elle la tuait la veille et se mettait dehors ou dans un appentis pour la plumer, à sec. Je la revois, assise, la volaille coincée entre ses cuisses. Les plumes volaient partout ! On gardait les meilleures pour faire des oreillers ou des édredons. Parfois, en retirant la tripaille, on trouvait un œuf ! Ma grand-mère retirait ensuite les « brossons » (ce qui reste des plumes sur la poule) en balançant la bête qu’elle tenait par les ailes au-dessus des flammes du feu de cheminée. « Elle doit être bien « ébrossonnée ! » exigeait-elle car elle voulait que la poule soit impeccable. Puis elle l’essuyait minutieusement avant de l’envelopper dans un torchon propre et de la laisser reposer une nuit entière au frais (il n’y avait pas de réfrigérateur à l’époque !).
La poule au pot reste dans la famille
Madeleine transmet sa recette préférée à Fanny, sa petite fille.
« Une cuisine simple, traditionnelle… » Ainsi Madeleine résume-t-elle ses talents culinaires quand elle s’apprête à réaliser l’une de ses recettes préférées : la poule au pot (l’une des plus anciennes de la gastronomie française). Après son fils Yannick, devenu depuis chef cuisinier, c’est sa petite fille Fanny qu’elle convie à ce délicat exercice à quatre mains. Ce plat lui rappelle ses souvenirs d’enfance, quand elle vivait dans la campagne de Dinan. « La poule au pot c’était la fête, le repas d’exception comme celui de Noël. » Un peu nostalgique Madeleine quand elle évoque les gallinacés que l’on allait chercher dans le poulailler pour les plumer… ou cette haute cheminée de pierre d’où se dégageait une odeur de corne grillée qui annonçait l’imminence d’un rendez-vous gourmand. Les images défilent pendant qu’elle surveille d’un œil attentif Fanny appliquée à lier la botte de poireaux qui rejoindra un bouillon déjà bien garni de carottes et de navets.
Désormais, le riz a remplacé les pommes de terre et l’autocuiseur, la marmite en fonte. « C’est toujours la même recette, mais ce n’est plus vraiment pareil ». N’empêche : la poule au pot connaît toujours autant de succès lors des repas de famille dans sa maison de Lanester. Son secret ? « Oh ! Je n’ai rien inventé. J’ai juste mes petits trucs pour bien réussir ce plat ». Comme de choisir un beurre bien jaune et bien salé pour concocter la sauce blanche qui accompagne ce délicieux festin.
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