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La filière laitière

Troupeau de vaches à la montagne
Environnement : une filière naturellement vertueuse
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Environnement : une filière naturellement vertueuse

Les fermes laitières, des réservoirs de biodiversité

Au sein des 63 600 fermes qui parsèment le territoire français, le pâturage des vaches et l’action des éleveurs contribuent à maintenir la biodiversité  :

  • Les prairies présentent la flore la plus diversifiée en milieu tempéré, plus encore que nos forêts. Les troupeaux permettent à certaines variétés de plantes de se développer en créant un écosystème favorable, notamment parce que leurs bouses enrichissent et favorisent la vie du sol. Les prairies hébergent ainsi des graminées, des légumineuses, voire des plantes aromatiques. En tout, 233 espèces ont été relevées par les botanistes !
  • Les cultures et prairies qui servent à l’alimentation des vaches laitières, mais aussi les haies, talus, mares et murets présents et entretenus sur les fermes laitières sont des refuges et des sources de nourriture pour de nombreux animaux et insectes : lombrics, chauves-souris, oiseaux, abeilles, sauterelles…

Certains éleveurs s’engagent aussi parfois dans des projets originaux et « eco-friendly », comme l’implantation de cultures mellifères pour favoriser la pollinisation :

« Mon associé et époux a développé un projet d’implantation de cultures mellifères pour nourrir les abeilles, notamment en septembre et octobre, quand elles n’ont pas grand chose à butiner. Elles peuvent ainsi constituer leurs réserves pour l’hiver. On ne les fait pousser que dans les intervalles entre les cultures principales. L’intérêt pour les agriculteurs est important : les sols ne restent pas nus pendant la période automnale, ce qui évite l’érosion, maintient l’humidité grâce à la décomposition des plantes et assure un apport naturel en azote. On a réussi à convaincre d’autres agriculteurs de se lancer dans l’aventure, en leur expliquant que sans pollinisation, il n’y a plus de cultures possibles. Cette année, nous comptons 500 hectares de cultures mellifères dans le département et nous travaillons toujours au rapprochement entre agriculteurs et apiculteurs. Nous communiquons également auprès du grand public en mettant des panneaux autour des champs, magnifiques au moment de la floraison. C’est une grande réussite ! »

Isabelle, éleveuse en Haute-Savoie 

 

Du stockage de carbone à la Ferme laitière bas-carbone

D’après les Nations Unies, l’agriculture est le quatrième contributeur de gaz à effet de serre après les transports, l’énergie et l’industrie. Parmi les émissions du secteur agricole, l’élevage laitier représente une faible part : en 2013, la FAO a publié un rapport estimant à 14,5 % la contribution mondiale de l’élevage (moutons, chèvres, porcs, volailles, bovins) à l’émission de gaz à effet de serre. La part de la seule production laitière est quant à elle évaluée à 2,9 %.

En particulier, les vaches laitières, en tant que ruminants, émettent par leurs rots du méthane, un gaz à effet de serre important pour le climat. Mais les éleveurs laitiers, pour nourrir le troupeau, cultivent aussi des surfaces importantes de cultures et fourrages (dont la prairie), qui ont la capacité à stocker naturellement du carbone. Ainsi, l’élevage laitier compense environ 30 % de ses émissions en capturant et piégeant du carbone dans le sol des prairies, les haies et les bosquets. Ceux-ci ont besoin de CO2 pour assurer leur croissance. Lorsque les végétaux fanent et se décomposent, le carbone est intégré et stocké dans la terre. De plus, dans les prairies pâturées, une partie du CO2 fixé par les plantes retourne au sol par l’intermédiaire des déjections des vaches. C’est donc un véritable cercle vertueux qui se met en place : la quantité de CO2 dans l’atmosphère diminue et la fertilité des sols est améliorée.

Avec la Ferme laitière bas-carbone, programme volontariste pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il s’agit notamment de réaliser un « diagnostic environnement » dans chaque ferme pour estimer ses émissions de gaz à effet de serre, ses consommations d’énergie, sa contribution à la biodiversité, mais aussi le nombre de personnes nourries par l’élevage. Ce diagnostic permet d’identifier les meilleures pratiques agricoles et d’élevage, de constituer des plans d’action adaptés à chaque exploitation.

Ce programme vise à promouvoir des pratiques et des leviers d’action pour réduire les émissions de Gaz à effet de serre des élevages laitiers français de 20% par litre de lait produit à l’horizon 2025.

Renforcer l’autonomie alimentaire des vaches en produisant un maximum de fourrages à la ferme, implanter davantage de trèfle et de luzerne, diminuer l’utilisation d’engrais chimiques grâce au fumier et au lisier issus de l’élevage, planter des haies… : la plupart de ces leviers sont associés à un gain économique pour l’éleveur. Une stratégie « gagnant gagnant » ! L’implication des 64 000 élevages laitiers français pourrait permettre d’économiser plus de 2 millions de tonnes de CO2 en 10 ans.

« Une Ferme laitière bas-carbone, c’est une ferme laitière comme les autres, à la différence que j’ai réalisé un audit pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation et mis en place des solutions concrètes pour les réduire. Avec l’audit, j’ai découvert que ma ferme émet seulement 0,77 kg de CO2 par kg de lait, ce qui est assez faible par rapport à la moyenne nationale (0,82 kg de CO2). Mais je veux aller encore plus loin. Je pourrais par exemple investir dans un méthaniseur pour produire de l’électricité, une tour de séchage du bois… »

Thierry, éleveur laitier dans l’Eure, engagé dans une Ferme laitière bas-carbone

Des éleveurs responsables de leur environnement
La baisse de l’impact environnemental, une préoccupation quotidienne de la filière
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La baisse de l’impact environnemental, une préoccupation quotidienne de la filière

À la ferme ou à l’usine, la filière laitière s’inscrit pleinement dans l’utilisation raisonnée des ressources de la planète.

Dans les fermes, des éleveurs responsables de leur environnement

Au-delà des atouts naturels de l’élevage laitier, les éleveurs mettent en place des mesures concrètes pour diminuer leur impact environnemental. Le parcours du lait commence en effet dans les 63 600 fermes laitières françaises, où les éleveurs manifestent jour après jour leur volonté de préserver l’environnement dans lequel ils vivent et travaillent quotidiennement :

  • Ils produisent 90 % de l’alimentation des troupeaux sur la ferme, limitant l’utilisation de produits phytosanitaires et le transport.
  • Ils ont amélioré leurs pratiques de fertilisation des cultures en réduisant les engrais chimiques et en stockant les déjections animales pour pouvoir les épandre au bon moment.
  • Ils ont également recours à de nombreuses procédés techniques pour limiter leurs dépenses en énergie (récupération de la chaleur du lait par exemple), produisant parfois leur énergie renouvelable au sein des exploitations comme avec la méthanisation.

« Ma ferme émet peu de gaz à effet de serre. Je travaille en polyculture élevage, c’est-à-dire que je cultive du blé, des petits pois, du colza ou encore du lin fibre pour la vente, sur 110 hectares. Je réserve 45 hectares à la production d’une alimentation de qualité pour mes vaches : maïs ensilage, prairie… Les terres cultivées sont fertilisées grâce aux déjections des vaches, ce qui permet de diminuer l’utilisation d’engrais. Lors de la traite, j’utilise un pré-refroidisseur. Je récupère les eaux de pluie, qui, une fois filtrées, sont distribuées aux vaches. Les bâches qui protègent les fourrages des vaches sont également recyclées. Pour soigner les vaches, j’ai régulièrement recours à l’homéopathie. Tous ces gestes sont écologiques, mais ils représentent aussi un gain économique pour ma ferme. »

Thierry, éleveur laitier dans l’Eure, engagé dans une Ferme laitière bas-carbone

Par ailleurs, l’élevage laitier ne consomme pas beaucoup d’eau  : il faut en moyenne 10 litres d’eau pour produire 1 litre de lait. Ce chiffre comprend l’eau nécessaire par exemple pour abreuver les animaux (une vache boit en moyenne 50 litres d’eau par jour), laver la salle de traite et ses équipements voire exceptionnellement pour irriguer les fourrages dans les régions les plus sèches.

De plus, les éleveurs laitiers élaborent des stratégies pour réduire encore plus la consommation de leur ferme (nettoyage économe, lutte contre les fuites, récupération des eaux de pluie, utilisation de l’eau tiédie par le pré-refroidisseur pour allaiter les veaux…).

« Nous sommes dans une zone relativement sèche et nous avons pour projet de créer un lac artificiel d’une surface de 2 hectares et d’une capacité de 80 000 mètres cubes. La sécheresse est de plus en plus fréquente et, l’idée, c’est de pouvoir irriguer le maïs sans difficulté. Il faut creuser un trou, construire des digues… Bref, ce n’est pas simple et on doit obtenir des autorisations. Au final, cela nous permettra de stocker l’eau de pluie en hiver pour arroser en été. C’est notre plus grand pari aujourd’hui. J’espère sincèrement qu’on y arrivera, d’autant plus que mon fils de 21 ans souhaite reprendre l’exploitation. »

François, éleveur dans les Landes

Ils mettent également en place des pratiques pour limiter la pollution de l’eau, telle la construction de fosses récupérant toutes les déjections (bouses et lisier). Ces déjections sont recyclées car épandues comme engrais sur les cultures. Mais la réglementation n’autorise ces épandages que sur les parcelles et les sols appropriés, pour des quantités de déjections nécessaires à la pousse des plantes, et ce seulement pendant des périodes définies (hors hiver et période de gel par exemple). Des contrôles très stricts sont effectués régulièrement.

« Ma ferme, ce sont 156 hectares de cultures et de prairies, 70 vaches laitières et… 19 bassins piscicoles ! J’y élève surtout des poissons d’ornement. Le tout forme un véritable cercle vertueux. Pour schématiser, les déjections liquides des vaches laitières sont récupérées dans l’étable. Elles sont déversées dans l’étang où elles nourrissent les phytoplanctons qui nourrissent eux-mêmes les zooplanctons, pour arriver enfin aux larves et aux poissons dans les bassins. C’est donc une « chaîne alimentaire aquatique » qui commence avec les vaches. Cette technique de dépollution des eaux naturelle et écologique s’appelle le lagunage, mais nous allons encore plus loin que les projets habituels, car une partie de l’eau sert ensuite à arroser les cultures qui nourrissent le troupeau. La boucle est bouclée ! »

Hélène, éleveuse dans le Berry  

Des transformateurs au diapason

Du côté des laiteries, la question environnementale fait aussi l’objet de toutes les attentions :

  • Réparties sur l’ensemble du territoire français, les usines optimisent la collecte (transport du lait de la ferme à la laiterie), ce qui limite les émissions de CO2 : réduire le nombre de kilomètres parcourus permet de diminuer le coût environnemental mais aussi économique. De la même manière, le volume des camions est utilisé au mieux et les chauffeurs sont parfois formés à l’éco-conduite.
  • Dans les usines, des installations sont conçues pour réduire l’utilisation de l’eau, présente dans toutes les procédures de nettoyage : les installations sont conçues sur un principe d’optimisation et de récupération de l’eau.
  • Il en va de même pour l’optimisation des sources d’énergie. L’identification et le développement de nouvelles pratiques ont permis de réduire la facture au cours des dernières années. De nombreux industriels ont installé des chaudières de moindre puissance.  Surtout, ils ont innové dans des sources d’énergie renouvelable (chaudières à bois, biomasse…).
  • Les laiteries cherchent à réduire les emballages et à recourir à des matériaux recyclables et issus de ressources durables.
  • Elles collectent tout le lait produit dans les fermes et le transforment en produits laitiers : il n’y pas de gaspillage.