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La filière laitière

Fauchage d'herbe
L’activité agricole participe à l’équilibre des territoires ruraux
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L’activité agricole participe à l’équilibre des territoires ruraux

La filière laitière française est à l’origine de 238 000 emplois* pour l’ensemble du territoire : en moyenne, 2 personnes travaillent à temps plein sur une exploitation laitière, sans compter les autres emplois directs ou induits (laiteries, services aux éleveurs, laboratoires, santé animale, alimentation…).

« Mon exploitation, qui mêle élevage laitier et pisciculture, a été sélectionnée pour participer à l’édition 2016 des trophées de l’agro-écologie. Ce concours national organisé par le Ministère de l’agriculture récompense les projets innovants et respectant les principes de l’agriculture durable. Notre projet répond à tous ces critères. Il est d’abord novateur, ce qui explique pourquoi il a fallu plusieurs années pour obtenir toutes les autorisations administratives. Économiquement, il est rentable. Socialement, je travaille avec deux salariés à temps plein et chacun d’entre nous doit être qualifié sur tous les postes de l’exploitation. Écologiquement, enfin, ce système permet de recycler et d’économiser les ressources en créant un cycle de production intelligent. »

Hélène, éleveuse dans le Berry

L’élevage laitier contribue ainsi à dynamiser et préserver les zones rurales, mais permet aussi de maintenir dans les campagnes des services fondamentaux pour la population (médecin, école, transports, Poste, supermarché…). De plus, les paysages, le patrimoine gastronomique et l’identité culturelle façonnés par les éleveurs et leurs troupeaux attirent de nombreux touristes, été comme hiver.

Les laiteries, c’est-à-dire les entreprises de transformation du lait en produits laitiers, sont elles aussi diverses et performantes. L’industrie laitière génère un chiffre d’affaires de 29,3 milliards d’euros . Elle est composée d’entreprises de tailles variables, depuis les leaders mondiaux jusqu’aux petites entreprises locales, particulièrement présentes en Franche-Comté et en Rhône-Alpes.

« La laiterie de Montaigu a été fondée en 1932 par Louise et Georges Sabourin. Elle a très vite misé sur des produits haut de gamme et elle est devenue, au fil des années, un établissement incontournable du paysage industriel agroalimentaire vendéen et français. Dans le même temps, c’est une entreprise qui a su rester familiale : elle est dirigée aujourd’hui par la troisième génération de la famille. Au niveau économique, elle représente 200 salariés et 179 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2012, dont 45 % à l’export. Le mélange entre savoir-faire traditionnels et équipements de pointe porte assurément ses fruits ! »

Caroline, responsable de la communication et du marketing de la laiterie de Montaigu 

*Source GIS Elevage demain. Equivalent temps plein, de l’élevage bovin

Troupeau de vaches à la montagne
Environnement : une filière naturellement vertueuse
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Environnement : une filière naturellement vertueuse

Les fermes laitières, des réservoirs de biodiversité

Au sein des 63 600 fermes qui parsèment le territoire français, le pâturage des vaches et l’action des éleveurs contribuent à maintenir la biodiversité  :

  • Les prairies présentent la flore la plus diversifiée en milieu tempéré, plus encore que nos forêts. Les troupeaux permettent à certaines variétés de plantes de se développer en créant un écosystème favorable, notamment parce que leurs bouses enrichissent et favorisent la vie du sol. Les prairies hébergent ainsi des graminées, des légumineuses, voire des plantes aromatiques. En tout, 233 espèces ont été relevées par les botanistes !
  • Les cultures et prairies qui servent à l’alimentation des vaches laitières, mais aussi les haies, talus, mares et murets présents et entretenus sur les fermes laitières sont des refuges et des sources de nourriture pour de nombreux animaux et insectes : lombrics, chauves-souris, oiseaux, abeilles, sauterelles…

Certains éleveurs s’engagent aussi parfois dans des projets originaux et « eco-friendly », comme l’implantation de cultures mellifères pour favoriser la pollinisation :

« Mon associé et époux a développé un projet d’implantation de cultures mellifères pour nourrir les abeilles, notamment en septembre et octobre, quand elles n’ont pas grand chose à butiner. Elles peuvent ainsi constituer leurs réserves pour l’hiver. On ne les fait pousser que dans les intervalles entre les cultures principales. L’intérêt pour les agriculteurs est important : les sols ne restent pas nus pendant la période automnale, ce qui évite l’érosion, maintient l’humidité grâce à la décomposition des plantes et assure un apport naturel en azote. On a réussi à convaincre d’autres agriculteurs de se lancer dans l’aventure, en leur expliquant que sans pollinisation, il n’y a plus de cultures possibles. Cette année, nous comptons 500 hectares de cultures mellifères dans le département et nous travaillons toujours au rapprochement entre agriculteurs et apiculteurs. Nous communiquons également auprès du grand public en mettant des panneaux autour des champs, magnifiques au moment de la floraison. C’est une grande réussite ! »

Isabelle, éleveuse en Haute-Savoie 

 

Du stockage de carbone à la Ferme laitière bas-carbone

D’après les Nations Unies, l’agriculture est le quatrième contributeur de gaz à effet de serre après les transports, l’énergie et l’industrie. Parmi les émissions du secteur agricole, l’élevage laitier représente une faible part : en 2013, la FAO a publié un rapport estimant à 14,5 % la contribution mondiale de l’élevage (moutons, chèvres, porcs, volailles, bovins) à l’émission de gaz à effet de serre. La part de la seule production laitière est quant à elle évaluée à 2,9 %.

En particulier, les vaches laitières, en tant que ruminants, émettent par leurs rots du méthane, un gaz à effet de serre important pour le climat. Mais les éleveurs laitiers, pour nourrir le troupeau, cultivent aussi des surfaces importantes de cultures et fourrages (dont la prairie), qui ont la capacité à stocker naturellement du carbone. Ainsi, l’élevage laitier compense environ 30 % de ses émissions en capturant et piégeant du carbone dans le sol des prairies, les haies et les bosquets. Ceux-ci ont besoin de CO2 pour assurer leur croissance. Lorsque les végétaux fanent et se décomposent, le carbone est intégré et stocké dans la terre. De plus, dans les prairies pâturées, une partie du CO2 fixé par les plantes retourne au sol par l’intermédiaire des déjections des vaches. C’est donc un véritable cercle vertueux qui se met en place : la quantité de CO2 dans l’atmosphère diminue et la fertilité des sols est améliorée.

Avec la Ferme laitière bas-carbone, programme volontariste pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il s’agit notamment de réaliser un « diagnostic environnement » dans chaque ferme pour estimer ses émissions de gaz à effet de serre, ses consommations d’énergie, sa contribution à la biodiversité, mais aussi le nombre de personnes nourries par l’élevage. Ce diagnostic permet d’identifier les meilleures pratiques agricoles et d’élevage, de constituer des plans d’action adaptés à chaque exploitation.

Ce programme vise à promouvoir des pratiques et des leviers d’action pour réduire les émissions de Gaz à effet de serre des élevages laitiers français de 20% par litre de lait produit à l’horizon 2025.

Renforcer l’autonomie alimentaire des vaches en produisant un maximum de fourrages à la ferme, implanter davantage de trèfle et de luzerne, diminuer l’utilisation d’engrais chimiques grâce au fumier et au lisier issus de l’élevage, planter des haies… : la plupart de ces leviers sont associés à un gain économique pour l’éleveur. Une stratégie « gagnant gagnant » ! L’implication des 64 000 élevages laitiers français pourrait permettre d’économiser plus de 2 millions de tonnes de CO2 en 10 ans.

« Une Ferme laitière bas-carbone, c’est une ferme laitière comme les autres, à la différence que j’ai réalisé un audit pour mesurer les émissions de gaz à effet de serre de l’exploitation et mis en place des solutions concrètes pour les réduire. Avec l’audit, j’ai découvert que ma ferme émet seulement 0,77 kg de CO2 par kg de lait, ce qui est assez faible par rapport à la moyenne nationale (0,82 kg de CO2). Mais je veux aller encore plus loin. Je pourrais par exemple investir dans un méthaniseur pour produire de l’électricité, une tour de séchage du bois… »

Thierry, éleveur laitier dans l’Eure, engagé dans une Ferme laitière bas-carbone