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La filière laitière

Troupeau et éleveurs au pré
L’élevage
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L’élevage

L’élevage laitier est une tradition française. C’est d’ailleurs l’élevage le plus répandu sur l’ensemble du territoire national : il est présent dans plus de 9 petites régions agricoles sur 10  ! Les fermes laitières sont certes plus nombreuses dans le « croissant laitier français » ou « fer à cheval laitier », c’est-à-dire les régions qui forment un arc de cercle allant du Grand Ouest à la région Rhône-Alpes en incluant la Lorraine, la Franche-comté, le Nord-Pas-de-Calais et l’Auvergne, mais cela n’empêche pas la présence d’exploitations en Provence ou dans les Pyrénées : pourvu qu’il y ait de l’eau et de l’herbe, ainsi que des hommes pour s’y consacrer, il est possible de produire du lait !

Or, la France est un grand pays, composé d’une mosaïque de territoires, avec à la clé une grande diversité de systèmes d’élevage : on n’élève pas ses animaux dans les mêmes conditions lorsque l’on vit en montagne avec des hivers rigoureux, en plaine avec des étés chauds ou en bordure de l’Atlantique avec un climat plus tempéré.

Du point de vue des races laitières, la variété est également de mise. Trois races laitières se partagent le territoire français  : Prim’Holstein (66 % du cheptel français), Montbéliarde (16 %) et Normande (9 %). Mais la France possède aussi une grande variété de races, dotées de patrimoines génétiques diversifiés. 15 d’entre elles, dites « à petit effectif » (moins de 5 000 femelles reproductrices sur le territoire national), font l’objet de programmes de conservation : Bretonne Pie Noire, Armoricaine, Lourdaise, Froment du Léon, Jersiaise, Rouge Flamande, Béarnaise… Les éleveurs les apprécient particulièrement pour leur capacité à s’adapter au terroir local. L’Auvergne, par exemple, est le berceau de races bovines très robustes, comme la Salers ou la Ferrandaise.

Enfin, au sein d’un même terroir, chaque ferme est marquée par des choix spécifiques . Mais au-delà de cette diversité, la France a su préserver un modèle qui lui est propre, alliant innovation et tradition. Ses secrets : des exploitations laitières à taille humaine et un lien préservé de l’élevage bovin au sol, assurant des conditions d’élevage et une traçabilité exemplaires

Eleveuse marchant avec son troupeau
Des exploitations laitières à taille humaine
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Des exploitations laitières à taille humaine

Il suffit de parcourir la France rurale en voiture ou en train pour observer l’image d’Épinal des vaches pâturant dans les prés : en France, l’élevage laitier prédominant reste celui de petits troupeaux. Même quand les fermes s’agrandissent, le soin apporté aux animaux ne change pas et ils continuent à être nourris par les fourrages produits sur la ferme.

Une moyenne de 60 vaches par troupeau

Une ferme laitière française compte en moyenne 60 vaches et 96 hectares, avec 2 personnes pour y travailler. Bien sûr, cette moyenne englobe des situations variées, mais, dans la grande majorité des cas, les troupeaux sont composés de 30 à 80 vaches.

Celles-ci sont essentiellement nourries avec des cultures produites par les éleveurs, qui sont aussi des agriculteurs, puisque plus de 90 % de l’alimentation des animaux est cultivée à la ferme . L’une des grandes particularités de l’élevage laitier français reste ainsi son lien au territoire  : non seulement les fermes et les laiteries sont réparties dans la quasi-totalité des départements français, mais, grâce au climat tempéré et à la disponibilité des surfaces agricoles, les exploitations laitières produisent elles-mêmes les aliments destinés à nourrir les vaches.

Eleveur et son troupeauQuand l’agrandissement des troupeaux ne change pas la nature de l’élevage

Les très grandes fermes laitières restent rares parmi les 63 600 exploitations dénombrées en 2015 : seules 10 % d’entre elles comptent plus de 100 vaches laitières. On assiste toutefois à un agrandissement des troupeaux, essentiellement lié à deux facteurs :

  • Quand un éleveur sans succession part en retraite, c’est généralement un ou deux autres éleveurs voisins qui prennent la relève et se retrouvent, de ce fait, avec davantage de vaches.
  • La tendance actuelle est au regroupement des éleveurs et des troupeaux, notamment par le biais de GAEC (Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun) qui réunissent des agriculteurs voisins. Leurs objectifs sont de mieux organiser le travail, notamment pour dégager du temps pour la vie privée en se répartissant les contraintes liées à l’élevage (travaux agricoles, traite biquotidienne, investissements financiers importants…).

Cependant, ces modifications ne changent pas fondamentalement les conditions d’élevage, que ce soit pour la traite, l’alimentation ou les soins et l’attention apportés aux animaux. Quand les vaches sont plus nombreuses à la ferme, les éleveurs qui s’en occupent le sont aussi ! De même, le bien-être des vaches est préservé : si les bâtiments sont plus vastes, ils restent tout aussi confortables.

« Je suis agriculteur-éleveur laitier, installé depuis 1987 sur une exploitation familiale. En 1995, je me suis associé avec un autre agriculteur, Philippe Cambon, et nous avons créé le GAEC du Bourgadot. Fabrice Daverat nous a rejoints en 2006.  Aujourd’hui, nous avons environ 130 hectares d’exploitation pour notre troupeau de vaches laitières de la race Prim’Holstein. Leur alimentation est en effet majoritairement produite sur l’exploitation. »

François, éleveur dans les Landes 

La « ferme des 1 000 vaches » une exception

Le projet de « ferme des 1 000 vaches » constitue une première dans notre pays et suscite de nombreux débats. Il s’agit toutefois d’une véritable exception en France, alors que les fermes laitières de cette taille, voire plus grandes, ne sont pas rares dans d’autres pays.

Dans les conditions françaises, il est difficile d’imaginer aujourd’hui un développement accéléré des grandes fermes de ce type. Cela supposerait d’abandonner une organisation familiale performante pour se reposer sur des salariés ou une automatisation poussée, avec par conséquent des coûts de production très élevés.