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La filière laitière

Eleveur et son troupeau
L’alimentation des vaches laitières
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L’alimentation des vaches laitières

La vache est un herbivore ruminant. Elle a la particularité de pouvoir produire du lait à partir d’herbe, ce qui permet de valoriser des terres qui ne pourraient être utilisées autrement.

L’alimentation des vaches laitières françaises traduit la diversité et les contrastes de la France agricole. Elle révèle aussi tout le savoir-faire des hommes et des femmes qui ont su s’adapter à leur territoire naturel pour tirer le meilleur de leur terre et offrir à leurs vaches une alimentation saine, équilibrée, répondant à leurs besoins et leur permettant de produire un lait de qualité.

Qu’est-ce qu’un herbivore ruminant ?

La vache est un mammifère qui se nourrit exclusivement de végétaux, dont elle assimile toutes les substances nutritives grâce à la rumination . Pour digérer les 56 kg d’aliments végétaux qu’elle mange chaque jour en moyenne, un processus digestif d’environ 3 jours est nécessaire : les aliments cheminent dans son estomac qui compte 4 poches (rumen, bonnet, feuillet, caillette). Ils font plusieurs allers et retours, remontent, sont remastiqués…, puis finement broyés et enfin digérés. Grâce à ce processus naturel, seuls les ruminants sont capables de valoriser la cellulose des fourrages.

Où les vaches laitières trouvent-elles l’herbe qu’elles consomment ?

Quelles que soient les régions de France, les fourrages (herbes, maïs…) constituent l’essentiel de la ration alimentaire des vaches. Ils sont produits et récoltés à la ferme. Les vaches ne peuvent brouter dans les prairies que quand la météo le permet, c’est-à-dire jamais en hiver et de 4 à 9 mois le reste de l’année selon les régions.

Les fourrages peuvent donc se présenter sous différentes formes :

  • L’herbe fraîche est directement broutée au pâturage ou apportée à l’auge à l’étable. Elle peut aussi être séchée (foin) ou conservée en ensilage.
  • Pour ce qui concerne le maïs, la plante entière est stockée et conservé en ensilage

Les troupeaux qui évoluent dans des prairies naturelles ou transhument vers les alpages en été pâturent également des herbes sauvages .

composition-alimentation-vaches-frPourquoi les vaches mangent-elles autre chose que de l’herbe fraîche ?

Pendant leur lactation, les vaches laitières ont besoin d’être traites tous les jours. Il est donc nécessaire de les faire pâturer sur des prairies situées à proximité de la ferme. C’est pourquoi les éleveurs laitiers ont, de tout temps, assuré l’alimentation de leurs troupeaux en produisant des fourrages conservés.

De plus, l’herbe ne pousse pas toute l’année. C’est une plante qui n’aime pas les températures extrêmes (périodes hivernales ou estivales). Selon les régions, les saisons de pâturage sont donc plus ou moins longues. Pour compléter ou assurer intégralement l’alimentation des vaches laitières à toutes les saisons, les éleveurs conservent donc les fourrages dans des granges ou des silos : la fauche de l’herbe permet de constituer des stocks sous forme séchée (foin) ou fermentée (ensilage). À noter que l’ensilage de maïs fourrager, cultivé sur la ferme, est aussi particulièrement intéressant car il est riche en énergie (grâce aux grains de maïs) et apporte un certain confort digestif aux vaches.

Ainsi, l’alimentation fourragère de la vache varie en fonction des saisons et des régions : herbe fraîche des pâturages à la belle saison, foin et ensilage d’herbe, de maïs ou d’autres plantes fourragères. Les vaches ayant besoin d’une nourriture équilibrée en énergie, protéines, vitamines et minéraux, leur alimentation est également complétée par 4 à 5 kg par tête d’aliments dits « concentrés ». Ceux-ci sont constitués uniquement de produits végétaux et minéraux : céréales, colza, soja, vitamines, minéraux… Bien sûr, elles disposent aussi d’eau à volonté.

« En hiver, les vaches sont nourries d’aliments mélangés : blé, orge, pulpe de betterave et maïs fourrager cultivés sur ma ferme, paille de colza broyée pour faire ruminer les vaches, tourteau de colza produit par une usine de Dieppe à 30 km de la ferme. On peut dire que mes vaches sont locavores ! À partir d’avril, elles vont pâturer dehors, dans les prairies qui jouxtent l’étable : elles se régalent alors d’herbe fraîche. »

Dominique, éleveur laitier à Saint-Riquier (Somme)

56 kg par jourQuel est le menu quotidien moyen des vaches laitières ?

Chaque jour, les vaches laitières françaises mangent en moyenne, sur une année, 56 kg d’aliments 100 % végétaux : 90 % de fourrages et 10 % de « concentrés » (céréales, oléo-protéagineux). Plus exactement, le menu est constitué de :

  • 24 kg d’herbe ou foin (43 %) ;
  • 27 kg d’ensilage de maïs fourrager (47 %) ;
  • 1,3 kg de céréales (2 %) ;
  • 1,3 kg de tourteaux de soja (2 %) ;
  • 1 kg d’autres tourteaux, principalement colza et tournesol (2 %) ;
  • 800 g de coproduits (1 %) ;
  • 300 g de minéraux et vitamines (1 %) ;
  • eau à volonté.

La ration alimentaire des vaches laitières ne comporte aucune farine animale, ni anabolisant ou antibiotique. La loi les interdit formellement.


origine-alimentation-vaches-frD’où vient l’alimentation des vaches laitières françaises ?

Les vaches laitières sont locavores ! En France, les élevages laitiers sont en effet marqués par une forte autonomie : en moyenne, les éleveurs auto-produisent plus de 90 % de l’alimentation nécessaire à leurs animaux (fourrages, céréales).

L’essentiel de ce qui n’est pas cultivé sur place est d’origine française. Ainsi, au total, 98 % de l’alimentation des vaches est produite en France.

Les 2 % restants correspondent aux tourteaux de soja, qui ne sont pas produits en France et proviennent généralement d’Amérique du Sud, où la culture d’OGM est le plus souvent autorisée (contrairement à la France où elle est strictement interdite). Il est donc possible que du soja OGM entre dans l’alimentation des vaches, à hauteur de 2 % en moyenne. À noter qu’aucune trace d’OGM n’a jamais été retrouvée dans le lait de vache par les scientifiques.

Bouclage d'un jeune veau
Traçabilité des vaches
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Traçabilité des vaches

La traçabilité, qui fait l’objet d’une réglementation draconienne, permet de suivre les produits laitiers tout au long de leur chaîne de production, depuis le fournisseur de matière première jusqu’au consommateur final. Dans la filière laitière, elle commence dans les fermes avec une identification efficace des bovins et un registre d’élevage tenu par chaque éleveur.

Le passeport bovinL’identification des bovins

En France, tous les bovins sont dotés d’un numéro d’identification unique qui permet de les suivre à la trace tout au long de leur vie. Délivré et géré par les Établissements départementaux de l’Élevage (EdE), il est inscrit sur 2 boucles en plastique de couleur saumon que portent toutes les vaches française sur chacune de leurs oreilles. C’est l’éleveur lui-même qui est chargé de poser ces boucles sur les veaux nés dans sa ferme. Le numéro comporte 10 chiffres précédés du code pays (FR pour la France).

Un passeport bovin individuel est associé à ce numéro. Il indique l’identité de l’animal et son statut sanitaire. Un code barre permet la lecture automatique des principales informations. Il permet aussi de connaître tous les élevages où le bovin a séjourné. Ces informations sont centralisées pour former un schéma précis des bovins présents sur le territoire.

« Tous les flux d’animaux – naissances, morts, ventes, échanges – sont déclarés par les éleveurs aux Établissements départementaux de l’Élevage. Les informations remontent vers une base de données nationale qui répertorie tous les bovins de France. En interrogeant la base, on peut tout savoir de la vie du bovin de sa naissance à sa mort. »

Fabrice, responsable du service santé et protection animale de la Direction départementale de la protection des populations des Bouches-du-Rhône 

Ce système exemplaire d’identification a été mis en place dès 1978 puis adapté au fil du temps. En 1998, notamment, il a été ajusté pour correspondre aux procédures de la Communauté européenne, sans que ses fondements ne soient modifiés.


bureau-de-la-fermeLe registre d’élevage

Autre outil essentiel pour la traçabilité des produits laitiers : le registre d’élevage. Il s’agit d’un document réglementaire, présent dans toutes les exploitations agricoles françaises. Véritable tableau de bord de la ferme laitière, il est tenu par l’éleveur et détaille les caractéristiques de l’exploitation (présentation des bâtiments et des animaux de l’exploitation) ainsi que ses productions et les informations relatives à l’encadrement de l’élevage (organisation de producteurs dont fait partie l’éleveur, vétérinaires référents, etc.).

Le carnet sanitaire des vaches est l’une des composantes du registre d’élevage : ce « carnet de santé » obligatoire répertorie notamment tous les soins effectués sur les animaux et toutes les ordonnances des médicaments vétérinaires utilisés.

Au niveau national, le réseau sanitaire bovin, mis en place par le Ministère de l’agriculture, assure la surveillance et le suivi des maladies bovines contagieuses (tuberculose, brucellose). Celles-si ont été quasiment éradiquées des élevages français.

Le lait collecté et mis à la vente provient ainsi exclusivement de vaches en bonne santé.