filiere-laitiere

La filière laitière

Bouclage d'un jeune veau
Traçabilité des vaches
Lire la suite

Traçabilité des vaches

La traçabilité, qui fait l’objet d’une réglementation draconienne, permet de suivre les produits laitiers tout au long de leur chaîne de production, depuis le fournisseur de matière première jusqu’au consommateur final. Dans la filière laitière, elle commence dans les fermes avec une identification efficace des bovins et un registre d’élevage tenu par chaque éleveur.

Le passeport bovinL’identification des bovins

En France, tous les bovins sont dotés d’un numéro d’identification unique qui permet de les suivre à la trace tout au long de leur vie. Délivré et géré par les Établissements départementaux de l’Élevage (EdE), il est inscrit sur 2 boucles en plastique de couleur saumon que portent toutes les vaches française sur chacune de leurs oreilles. C’est l’éleveur lui-même qui est chargé de poser ces boucles sur les veaux nés dans sa ferme. Le numéro comporte 10 chiffres précédés du code pays (FR pour la France).

Un passeport bovin individuel est associé à ce numéro. Il indique l’identité de l’animal et son statut sanitaire. Un code barre permet la lecture automatique des principales informations. Il permet aussi de connaître tous les élevages où le bovin a séjourné. Ces informations sont centralisées pour former un schéma précis des bovins présents sur le territoire.

« Tous les flux d’animaux – naissances, morts, ventes, échanges – sont déclarés par les éleveurs aux Établissements départementaux de l’Élevage. Les informations remontent vers une base de données nationale qui répertorie tous les bovins de France. En interrogeant la base, on peut tout savoir de la vie du bovin de sa naissance à sa mort. »

Fabrice, responsable du service santé et protection animale de la Direction départementale de la protection des populations des Bouches-du-Rhône 

Ce système exemplaire d’identification a été mis en place dès 1978 puis adapté au fil du temps. En 1998, notamment, il a été ajusté pour correspondre aux procédures de la Communauté européenne, sans que ses fondements ne soient modifiés.


bureau-de-la-fermeLe registre d’élevage

Autre outil essentiel pour la traçabilité des produits laitiers : le registre d’élevage. Il s’agit d’un document réglementaire, présent dans toutes les exploitations agricoles françaises. Véritable tableau de bord de la ferme laitière, il est tenu par l’éleveur et détaille les caractéristiques de l’exploitation (présentation des bâtiments et des animaux de l’exploitation) ainsi que ses productions et les informations relatives à l’encadrement de l’élevage (organisation de producteurs dont fait partie l’éleveur, vétérinaires référents, etc.).

Le carnet sanitaire des vaches est l’une des composantes du registre d’élevage : ce « carnet de santé » obligatoire répertorie notamment tous les soins effectués sur les animaux et toutes les ordonnances des médicaments vétérinaires utilisés.

Au niveau national, le réseau sanitaire bovin, mis en place par le Ministère de l’agriculture, assure la surveillance et le suivi des maladies bovines contagieuses (tuberculose, brucellose). Celles-si ont été quasiment éradiquées des élevages français.

Le lait collecté et mis à la vente provient ainsi exclusivement de vaches en bonne santé.

Tableau de commande - Salle de traite
Cap sur l’avenir
Lire la suite

Cap sur l’avenir

Modernité ne signifie pas productivisme : la France a su préserver un modèle qui lui est propre, où l’innovation reste au service du lien au sol et de l’interaction permanente entre les éleveurs et les vaches laitières.

Des éleveurs connectés

88 % des éleveurs dont le troupeau comporte plus de 50 vaches laitières disposent d’un ordinateur, 47 % d’un ordinateur portable, 25 % d’une tablette et 50 % d’un smartphone*. Les éleveurs sont en effet des chefs d’entreprise pour qui les outils informatiques et numériques, y compris les smartphones qu’ils utilisent lors de leurs nombreux déplacements sur la ferme, sont indispensables :

  • Gestion : comptabilité, fiscalité, suivi administratif et réglementaire.
  • Troupeau : réception sur le smartphone d’informations sur le comportement individuel des vaches grâce à des capteurs placés sur les animaux.
  • Qualité du lait : réception en ligne des résultats des analyses effectuées sur le lait de l’exploitation.
  • Météo : sites et applications dédiés pour organiser les travaux des champs.

Des équipements de plus en plus performants

Au niveau du matériel de la ferme, des équipements modernes permettent de gagner en performance, d’optimiser le temps de travail et, très souvent, de faire des économies. En particulier, les éleveurs sont de plus en plus nombreux à investir dans des robots de traite, dont étaient équipées plus de 4 800 exploitations en 2015**. Le processus de la traite y est entièrement automatisé. Chaque vache, qui entre dans la loge du robot entre 2 et 3 fois par 24 heures, est reconnue grâce à un collier électronique et traite selon ses besoins. La relation de l’éleveur avec ses animaux reste quotidienne mais gagne en sérénité.

« C’est un métier très moderne. La salle de traite automatisée enregistre une multitude de données. Bien analysées, celles-ci nous permettent de rationaliser notre travail et d’obtenir une traçabilité rigoureuse et poussée. Mais une vache reste une vache. Je passe toujours du temps à surveiller mes animaux, à m’en occuper et à assurer leur bien-être. Depuis l’arrivée du robot, je m’étonne chaque jour du calme de mes vaches. On les sent beaucoup plus détendues. Un vrai bonheur, que l’on retrouve,  j’espère, dans le lait ! »

Dominique, éleveur laitier dans la Somme

traite-d-une-vache-de-race-montbeliarde-a-l-etableL’élevage de précision, un concept à suivre

Pour piloter le troupeau, améliorer ses conditions de travail ou mieux répondre aux demandes sociétales (bien-être animal, sécurité alimentaire, qualité des produits), l’éleveur a de plus en plus recours à des technologies dites d’« élevage de précision ». Il s’agit de placer sur les vaches des capteurs ou des puces électroniques qui permettent de recueillir un grand nombre d’informations sur le comportement et la biologie de l’animal : température, rythme cardiaque, activité…

Ces informations ne remplacent pas le contact entre l’homme et l’animal : l’élevage de précision est fait pour aider l’éleveur et non pour le remplacer. Il facilite par exemple la détection des chaleurs et contribue à augmenter le taux de réussite de l’insémination. Les informations ou les alertes sont ainsi directement envoyées sur le smartphone, la tablette ou l’ordinateur de l’éleveur.

Il permet aussi d’automatiser certaines tâches astreignantes comme la surveillance des vêlages, ou de détecter précocement une éventuelle infection de la mamelle d’une vache (mammite). De nombreux projets sont en cours, tant pour suivre les troupeaux que pour optimiser la gestion du pâturage et l’utilisation des ressources, augmenter l’autonomie alimentaire des élevages ou encore réduire les émissions de gaz à effet de serre.

* Sources : étude agrinautes – agrisurfeurs 2015 (TICAgri/BVA) + étude Idele, Orange, Evolution 2015.