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La filière laitière

Vache à l'ombre d'un arbre
Les conditions d’élevage des vaches
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Les conditions d’élevage des vaches

Le bien-être des vaches, une préoccupation quotidienne pour les éleveurs

Les éleveurs laitiers surveillent attentivement chacune de leurs vaches. Vivant avec elles 7 jours sur 7 et toute l’année, ils veillent à ce qu’elles soient à leur aise et en bonne santé. Ils les font naître, les élèvent et les gardent plusieurs années lorsqu’elles sont en production laitière. Ils connaissent individuellement chaque animal. Bien sûr, la taille raisonnable  des troupeaux permet ce suivi particulier. Mais il s’agit aussi, pour les producteurs, d’un intérêt économique : une vache bien traitée et en bonne santé est plus productive.

 « Chacune de mes 70 vaches a un nom. Je connais leurs points faibles, leur canaillerie… J’ai perdu ma plus vieille vache l’été dernier, au moment des grosses chaleurs. Elle avait 12 ans et s’appelait Picardie. Je l’ai soignée pendant 15 jours pour la voir mourir dans mes bras : un drame pour l’élevage. Avant elle, sa mère avait déjà vécu jusqu’à 16 ans, un record ! »

Hélène, éleveuse dans le Cher

92% des vaches laitières françaises sortent pâturerEn France, plus de 9 vaches sur 10 sortent pâturer

Les vaches françaises ne restent pas à l’étable toute l’année ! En fonction des régions, du climat et de la configuration de la ferme, la grande majorité des vaches pâturent pendant plusieurs semaines chaque année, de 4 à 9 mois selon que la ferme se trouve en montagne ou en plaine, où l’hiver est plus doux.

Quand il fait froid, les vaches restent à l’abri, dans l’étable, où tout est conçu pour assurer leur confort : espace suffisant pour chaque animal, aire de repos confortable et propre (litière ou tapis).

« Quand il fait froid, les vaches sont rentrées à l’étable pour plusieurs mois. Il est indispensable qu’elles y soient à leur aise. L’aération est étudiée pour évacuer l’humidité mais sans courants d’air. Ici, nous avons installé des logettes qui permettent aux vaches de bénéficier de couchages individuels pour dormir et ruminer en paix. Sur le sol de chaque logette, un tapis en caoutchouc souple, posé sur des petits plots, forme une sorte de matelas moelleux. Une couche de paille fraîche, renouvelée chaque jour, parachève le confort de ce lit sur mesure. De plus, le sol est très légèrement pentu, de façon à ce que la tête des vaches soit un peu plus haute que l’arrière du corps : non seulement c’est plus confortable, mais en plus ça permet aux fuites éventuelles de lait de s’évacuer. Enfin, les espaces sont conçus pour que les déjections des vaches tombent à l’arrière des logettes et non dans la zone de couchage, ce qui permet de garder les bêtes propres. Nous avons aussi installé dans l’étable une grosse brosse rotative qui se met en route automatiquement quand les vaches passent dessous pour se gratter le dos, le cou, la croupe… Elles adorent ça ! D’ailleurs, en hiver, la brosse fonctionne 22 heures par jour. Au-delà de leur bien-être, cela stimule leur circulation sanguine et contribue à leur propreté. »

Bruno, éleveur laitier en Isère 

Il arrive aussi que les troupeaux soient abrités en été : les vaches ne transpirant pas, elles sont très sensibles à la chaleur, voire plus qu’au froid. En période de canicule, elles sont donc plus à leur aise à l’ombre dans l’étable.

La traite, un moment de bien-être pour les vaches

La traite n’est pas douloureuse pour les vaches : elle les soulage quand on récolte leur lait. Les vaches sont traites 2 fois par jour, matin et soir. Dans les fermes équipées de robots de traite, où les vaches choisissent leur rythme et leur moment, elles vont parfois se faire traire 3 fois.

La traite participe en effet à leur bien-être, car, comme toutes les femelles mammifères en période d’allaitement, elles sont gênées quand leurs mamelles sont pleines. Il n’y a qu’à observer leur comportement pour s’en convaincre : à l’heure habituelle de la traite, elles se regroupent spontanément à la sortie des prés ou devant la salle de traite.

Vaches couchéesLes conditions de vie des vaches sous contrôle

La conduite du troupeau, l’identification individuelle des animaux, les traitements vétérinaires et les conditions d’élevage sont réglementés par des textes européens et français. Les pouvoirs publics français ont la responsabilité de les faire respecter. Les Directions Départementales des Territoires (DDT), les services vétérinaires et les Chambres d’Agriculture réalisent ainsi chaque année de nombreux contrôles dans les fermes laitières.

La Charte des bonnes pratiques d’élevage, à laquelle adhèrent 95 % des élevages laitiers, comporte également un chapitre sur le bien-être animal : vaches logées dans un bâtiment suffisamment aéré et éclairé et dans des conditions conformes à leurs besoins, propreté assurée en toute saison…

Eleveur et son troupeau
L’alimentation des vaches laitières
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L’alimentation des vaches laitières

La vache est un herbivore ruminant. Elle a la particularité de pouvoir produire du lait à partir d’herbe, ce qui permet de valoriser des terres qui ne pourraient être utilisées autrement.

L’alimentation des vaches laitières françaises traduit la diversité et les contrastes de la France agricole. Elle révèle aussi tout le savoir-faire des hommes et des femmes qui ont su s’adapter à leur territoire naturel pour tirer le meilleur de leur terre et offrir à leurs vaches une alimentation saine, équilibrée, répondant à leurs besoins et leur permettant de produire un lait de qualité.

Qu’est-ce qu’un herbivore ruminant ?

La vache est un mammifère qui se nourrit exclusivement de végétaux, dont elle assimile toutes les substances nutritives grâce à la rumination . Pour digérer les 56 kg d’aliments végétaux qu’elle mange chaque jour en moyenne, un processus digestif d’environ 3 jours est nécessaire : les aliments cheminent dans son estomac qui compte 4 poches (rumen, bonnet, feuillet, caillette). Ils font plusieurs allers et retours, remontent, sont remastiqués…, puis finement broyés et enfin digérés. Grâce à ce processus naturel, seuls les ruminants sont capables de valoriser la cellulose des fourrages.

Où les vaches laitières trouvent-elles l’herbe qu’elles consomment ?

Quelles que soient les régions de France, les fourrages (herbes, maïs…) constituent l’essentiel de la ration alimentaire des vaches. Ils sont produits et récoltés à la ferme. Les vaches ne peuvent brouter dans les prairies que quand la météo le permet, c’est-à-dire jamais en hiver et de 4 à 9 mois le reste de l’année selon les régions.

Les fourrages peuvent donc se présenter sous différentes formes :

  • L’herbe fraîche est directement broutée au pâturage ou apportée à l’auge à l’étable. Elle peut aussi être séchée (foin) ou conservée en ensilage.
  • Pour ce qui concerne le maïs, la plante entière est stockée et conservé en ensilage

Les troupeaux qui évoluent dans des prairies naturelles ou transhument vers les alpages en été pâturent également des herbes sauvages .

composition-alimentation-vaches-frPourquoi les vaches mangent-elles autre chose que de l’herbe fraîche ?

Pendant leur lactation, les vaches laitières ont besoin d’être traites tous les jours. Il est donc nécessaire de les faire pâturer sur des prairies situées à proximité de la ferme. C’est pourquoi les éleveurs laitiers ont, de tout temps, assuré l’alimentation de leurs troupeaux en produisant des fourrages conservés.

De plus, l’herbe ne pousse pas toute l’année. C’est une plante qui n’aime pas les températures extrêmes (périodes hivernales ou estivales). Selon les régions, les saisons de pâturage sont donc plus ou moins longues. Pour compléter ou assurer intégralement l’alimentation des vaches laitières à toutes les saisons, les éleveurs conservent donc les fourrages dans des granges ou des silos : la fauche de l’herbe permet de constituer des stocks sous forme séchée (foin) ou fermentée (ensilage). À noter que l’ensilage de maïs fourrager, cultivé sur la ferme, est aussi particulièrement intéressant car il est riche en énergie (grâce aux grains de maïs) et apporte un certain confort digestif aux vaches.

Ainsi, l’alimentation fourragère de la vache varie en fonction des saisons et des régions : herbe fraîche des pâturages à la belle saison, foin et ensilage d’herbe, de maïs ou d’autres plantes fourragères. Les vaches ayant besoin d’une nourriture équilibrée en énergie, protéines, vitamines et minéraux, leur alimentation est également complétée par 4 à 5 kg par tête d’aliments dits « concentrés ». Ceux-ci sont constitués uniquement de produits végétaux et minéraux : céréales, colza, soja, vitamines, minéraux… Bien sûr, elles disposent aussi d’eau à volonté.

« En hiver, les vaches sont nourries d’aliments mélangés : blé, orge, pulpe de betterave et maïs fourrager cultivés sur ma ferme, paille de colza broyée pour faire ruminer les vaches, tourteau de colza produit par une usine de Dieppe à 30 km de la ferme. On peut dire que mes vaches sont locavores ! À partir d’avril, elles vont pâturer dehors, dans les prairies qui jouxtent l’étable : elles se régalent alors d’herbe fraîche. »

Dominique, éleveur laitier à Saint-Riquier (Somme)

56 kg par jourQuel est le menu quotidien moyen des vaches laitières ?

Chaque jour, les vaches laitières françaises mangent en moyenne, sur une année, 56 kg d’aliments 100 % végétaux : 90 % de fourrages et 10 % de « concentrés » (céréales, oléo-protéagineux). Plus exactement, le menu est constitué de :

  • 24 kg d’herbe ou foin (43 %) ;
  • 27 kg d’ensilage de maïs fourrager (47 %) ;
  • 1,3 kg de céréales (2 %) ;
  • 1,3 kg de tourteaux de soja (2 %) ;
  • 1 kg d’autres tourteaux, principalement colza et tournesol (2 %) ;
  • 800 g de coproduits (1 %) ;
  • 300 g de minéraux et vitamines (1 %) ;
  • eau à volonté.

La ration alimentaire des vaches laitières ne comporte aucune farine animale, ni anabolisant ou antibiotique. La loi les interdit formellement.


origine-alimentation-vaches-frD’où vient l’alimentation des vaches laitières françaises ?

Les vaches laitières sont locavores ! En France, les élevages laitiers sont en effet marqués par une forte autonomie : en moyenne, les éleveurs auto-produisent plus de 90 % de l’alimentation nécessaire à leurs animaux (fourrages, céréales).

L’essentiel de ce qui n’est pas cultivé sur place est d’origine française. Ainsi, au total, 98 % de l’alimentation des vaches est produite en France.

Les 2 % restants correspondent aux tourteaux de soja, qui ne sont pas produits en France et proviennent généralement d’Amérique du Sud, où la culture d’OGM est le plus souvent autorisée (contrairement à la France où elle est strictement interdite). Il est donc possible que du soja OGM entre dans l’alimentation des vaches, à hauteur de 2 % en moyenne. À noter qu’aucune trace d’OGM n’a jamais été retrouvée dans le lait de vache par les scientifiques.