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La filière laitière

Eleveuse marchant avec son troupeau
Des exploitations laitières à taille humaine
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Des exploitations laitières à taille humaine

Il suffit de parcourir la France rurale en voiture ou en train pour observer l’image d’Épinal des vaches pâturant dans les prés : en France, l’élevage laitier prédominant reste celui de petits troupeaux. Même quand les fermes s’agrandissent, le soin apporté aux animaux ne change pas et ils continuent à être nourris par les fourrages produits sur la ferme.

Une moyenne de 60 vaches par troupeau

Une ferme laitière française compte en moyenne 60 vaches et 96 hectares, avec 2 personnes pour y travailler. Bien sûr, cette moyenne englobe des situations variées, mais, dans la grande majorité des cas, les troupeaux sont composés de 30 à 80 vaches.

Celles-ci sont essentiellement nourries avec des cultures produites par les éleveurs, qui sont aussi des agriculteurs, puisque plus de 90 % de l’alimentation des animaux est cultivée à la ferme . L’une des grandes particularités de l’élevage laitier français reste ainsi son lien au territoire  : non seulement les fermes et les laiteries sont réparties dans la quasi-totalité des départements français, mais, grâce au climat tempéré et à la disponibilité des surfaces agricoles, les exploitations laitières produisent elles-mêmes les aliments destinés à nourrir les vaches.

Eleveur et son troupeauQuand l’agrandissement des troupeaux ne change pas la nature de l’élevage

Les très grandes fermes laitières restent rares parmi les 63 600 exploitations dénombrées en 2015 : seules 10 % d’entre elles comptent plus de 100 vaches laitières. On assiste toutefois à un agrandissement des troupeaux, essentiellement lié à deux facteurs :

  • Quand un éleveur sans succession part en retraite, c’est généralement un ou deux autres éleveurs voisins qui prennent la relève et se retrouvent, de ce fait, avec davantage de vaches.
  • La tendance actuelle est au regroupement des éleveurs et des troupeaux, notamment par le biais de GAEC (Groupements Agricoles d’Exploitation en Commun) qui réunissent des agriculteurs voisins. Leurs objectifs sont de mieux organiser le travail, notamment pour dégager du temps pour la vie privée en se répartissant les contraintes liées à l’élevage (travaux agricoles, traite biquotidienne, investissements financiers importants…).

Cependant, ces modifications ne changent pas fondamentalement les conditions d’élevage, que ce soit pour la traite, l’alimentation ou les soins et l’attention apportés aux animaux. Quand les vaches sont plus nombreuses à la ferme, les éleveurs qui s’en occupent le sont aussi ! De même, le bien-être des vaches est préservé : si les bâtiments sont plus vastes, ils restent tout aussi confortables.

« Je suis agriculteur-éleveur laitier, installé depuis 1987 sur une exploitation familiale. En 1995, je me suis associé avec un autre agriculteur, Philippe Cambon, et nous avons créé le GAEC du Bourgadot. Fabrice Daverat nous a rejoints en 2006.  Aujourd’hui, nous avons environ 130 hectares d’exploitation pour notre troupeau de vaches laitières de la race Prim’Holstein. Leur alimentation est en effet majoritairement produite sur l’exploitation. »

François, éleveur dans les Landes 

La « ferme des 1 000 vaches » une exception

Le projet de « ferme des 1 000 vaches » constitue une première dans notre pays et suscite de nombreux débats. Il s’agit toutefois d’une véritable exception en France, alors que les fermes laitières de cette taille, voire plus grandes, ne sont pas rares dans d’autres pays.

Dans les conditions françaises, il est difficile d’imaginer aujourd’hui un développement accéléré des grandes fermes de ce type. Cela supposerait d’abandonner une organisation familiale performante pour se reposer sur des salariés ou une automatisation poussée, avec par conséquent des coûts de production très élevés.

Vache à l'ombre d'un arbre
Les conditions d’élevage des vaches
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Les conditions d’élevage des vaches

Le bien-être des vaches, une préoccupation quotidienne pour les éleveurs

Les éleveurs laitiers surveillent attentivement chacune de leurs vaches. Vivant avec elles 7 jours sur 7 et toute l’année, ils veillent à ce qu’elles soient à leur aise et en bonne santé. Ils les font naître, les élèvent et les gardent plusieurs années lorsqu’elles sont en production laitière. Ils connaissent individuellement chaque animal. Bien sûr, la taille raisonnable  des troupeaux permet ce suivi particulier. Mais il s’agit aussi, pour les producteurs, d’un intérêt économique : une vache bien traitée et en bonne santé est plus productive.

 « Chacune de mes 70 vaches a un nom. Je connais leurs points faibles, leur canaillerie… J’ai perdu ma plus vieille vache l’été dernier, au moment des grosses chaleurs. Elle avait 12 ans et s’appelait Picardie. Je l’ai soignée pendant 15 jours pour la voir mourir dans mes bras : un drame pour l’élevage. Avant elle, sa mère avait déjà vécu jusqu’à 16 ans, un record ! »

Hélène, éleveuse dans le Cher

92% des vaches laitières françaises sortent pâturerEn France, plus de 9 vaches sur 10 sortent pâturer

Les vaches françaises ne restent pas à l’étable toute l’année ! En fonction des régions, du climat et de la configuration de la ferme, la grande majorité des vaches pâturent pendant plusieurs semaines chaque année, de 4 à 9 mois selon que la ferme se trouve en montagne ou en plaine, où l’hiver est plus doux.

Quand il fait froid, les vaches restent à l’abri, dans l’étable, où tout est conçu pour assurer leur confort : espace suffisant pour chaque animal, aire de repos confortable et propre (litière ou tapis).

« Quand il fait froid, les vaches sont rentrées à l’étable pour plusieurs mois. Il est indispensable qu’elles y soient à leur aise. L’aération est étudiée pour évacuer l’humidité mais sans courants d’air. Ici, nous avons installé des logettes qui permettent aux vaches de bénéficier de couchages individuels pour dormir et ruminer en paix. Sur le sol de chaque logette, un tapis en caoutchouc souple, posé sur des petits plots, forme une sorte de matelas moelleux. Une couche de paille fraîche, renouvelée chaque jour, parachève le confort de ce lit sur mesure. De plus, le sol est très légèrement pentu, de façon à ce que la tête des vaches soit un peu plus haute que l’arrière du corps : non seulement c’est plus confortable, mais en plus ça permet aux fuites éventuelles de lait de s’évacuer. Enfin, les espaces sont conçus pour que les déjections des vaches tombent à l’arrière des logettes et non dans la zone de couchage, ce qui permet de garder les bêtes propres. Nous avons aussi installé dans l’étable une grosse brosse rotative qui se met en route automatiquement quand les vaches passent dessous pour se gratter le dos, le cou, la croupe… Elles adorent ça ! D’ailleurs, en hiver, la brosse fonctionne 22 heures par jour. Au-delà de leur bien-être, cela stimule leur circulation sanguine et contribue à leur propreté. »

Bruno, éleveur laitier en Isère 

Il arrive aussi que les troupeaux soient abrités en été : les vaches ne transpirant pas, elles sont très sensibles à la chaleur, voire plus qu’au froid. En période de canicule, elles sont donc plus à leur aise à l’ombre dans l’étable.

La traite, un moment de bien-être pour les vaches

La traite n’est pas douloureuse pour les vaches : elle les soulage quand on récolte leur lait. Les vaches sont traites 2 fois par jour, matin et soir. Dans les fermes équipées de robots de traite, où les vaches choisissent leur rythme et leur moment, elles vont parfois se faire traire 3 fois.

La traite participe en effet à leur bien-être, car, comme toutes les femelles mammifères en période d’allaitement, elles sont gênées quand leurs mamelles sont pleines. Il n’y a qu’à observer leur comportement pour s’en convaincre : à l’heure habituelle de la traite, elles se regroupent spontanément à la sortie des prés ou devant la salle de traite.

Vaches couchéesLes conditions de vie des vaches sous contrôle

La conduite du troupeau, l’identification individuelle des animaux, les traitements vétérinaires et les conditions d’élevage sont réglementés par des textes européens et français. Les pouvoirs publics français ont la responsabilité de les faire respecter. Les Directions Départementales des Territoires (DDT), les services vétérinaires et les Chambres d’Agriculture réalisent ainsi chaque année de nombreux contrôles dans les fermes laitières.

La Charte des bonnes pratiques d’élevage, à laquelle adhèrent 95 % des élevages laitiers, comporte également un chapitre sur le bien-être animal : vaches logées dans un bâtiment suffisamment aéré et éclairé et dans des conditions conformes à leurs besoins, propreté assurée en toute saison…