Nutrition & santé

Questions de santé

Allergie ou intolérance

Quand le lait ne "passe" pas bien chez certaines personnes, c’est en général parce qu’elles digèrent mal le lactose.

"Moi, je ne bois plus de lait : je suis allergique".
C’est presque toujours une idée fausse : on croit être allergique au lait, parce qu’on a des ballonnements ou de la diarrhée après en avoir bu.
Mais chez un adulte, l’allergie aux protéines de lait de vache est rarissime ! Il s’agit plutôt d’une intolérance au lactose due à la présence insuffisante de lactase, une enzyme particulière dans le système digestif.
Ne plus consommer de lait et de produits laitiers suite à cette confusion entre l’allergie et l’intolérance expose à des carences dangereuses, alors que les symptômes gênants de cette "hypolactasie" bénigne peuvent facilement être maîtrisés.



L'allergie aux protéines de lait de vache

L’allergie est une réaction exagérée et inadaptée du système de défense de notre organisme vis-à-vis d’une substance extérieure, que l’on appelle allergène. Ces allergènes peuvent être "aériens" (pollens, poussières), alimentaires (arachide, soja...) ou "de contact" (certains produits chimiques).

Pour des raisons encore mal connues, les allergies alimentaires progressent dans les pays industrialisés : elles touchent près de 10% des enfants de moins de 4 ans. L’allergie aux protéines du lait de vache en fait partie, mais elle est peu fréquente : 2 à 3% des enfants entre la naissance et 2 ans sont concernés.

Cette allergie est beaucoup plus rare à l'âge adulte : seulement 1% des adultes touchés.

Une allergie rare

Cette allergie est, comme les autres allergies, essentiellement due à une prédisposition génétique : on constate une nette augmentation du risque d’allergie alimentaire quand les parents ou les frères et sœurs en sont eux-mêmes victimes. Cette prédisposition est amplifiée par l’immaturité normale du système digestif du bébé face à l’introduction d’une protéine étrangère. L’allergie aux protéines de lait de vache disparaît dans la plupart des cas entre 2 et 3 ans. Elle se traduit surtout par des vomissements, des coliques, des reflux gastro-oesophagiens, et plus rarement, par de l’eczéma, de l’asthme ou une rhinite. Toutefois, la simple observation de ces symptômes ne constitue pas un diagnostic sûr. Seul un médecin allergologue est à même de constater une allergie véritable.

Vers une désensibilisation

Si une allergie véritable est diagnostiquée, l’élimination de tous les produits contenant des protéines de lait de vache - et d’autres mammifères - est obligatoire. Des aliments de substitution sont proposés aux nourrissons. L'enfant doit faire l'objet d'un suivi nutritionnel spécifique, car les régimes sans protéines de lait de vache exposent à des carences alimentaires. A partir d’un an, une désensibilisation en milieu hospitalier peut être envisagée.

Lorsqu’une allergie est repérée dans une fratrie, on propose pour chaque nouvel enfant l’usage du lait hypoallergénique à titre préventif. On incitera également la maman à allaiter le bébé le plus longtemps possible, car un allaitement prolongé et exclusif peut diminuer de manière importante le risque d’allergie.

 Aller plus loin : Les aliments les plus souvent en cause dans les allergies

 
 
 

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