Alimentation et Santé

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Allergie au lait, découvrez tout ce qu’il faut savoir
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Allergie au lait, découvrez tout ce qu’il faut savoir

Les signes d’une réaction allergique à un aliment peuvent être digestifs (douleurs, vomissements, coliques …) ou au niveau de la peau (plaques rouges, boutons, démangeaisons …) mais dans certains cas la réaction peut être plus grave (Œdème de Quincke, choc anaphylactique). L’allergie alimentaire est la manifestation d’une réaction anormale du système de défense immunitaire de notre organisme contre des protéines. C’est ce qui se produit dans le cas de l’allergie aux protéines de lait de vache.

Une allergie bien maîtrisée chez l’enfant et le bébé

Heureusement, l’allergie aux protéines de lait est bien connue des médecins allergologues et des pédiatres et est très bien prise en charge. Cette allergie alimentaire concerne presque exclusivement les bébés ou de jeunes enfants. Elle guérit dans 90% des cas avant l’âge de 6 ans. Parmi les enfants allergiques, les aliments les plus en cause sont en fait les œufs et les cacahuètes. Chez l’adulte, l’allergie aux protéines de lait est très rare, les aliments les plus souvent en cause sont l’arachide ainsi que les prunoïdées (prunes, pruneaux,…).

Un diagnostic médical qui ne s’improvise pas

Le diagnostic doit être posé par un médecin allergologue après réalisation d’un interrogatoire et des tests appropriés. On observe encore trop fréquemment de faux diagnostics entrainant l’exclusion d’aliments et le risque de carences nutritionnelles. Les tests cutanés peuvent être très simples, on applique un patch fixant une goutte de lait contre la peau pendant 48 heures et on observe l’apparition ou non d’une réaction. On peut aussi procéder à un prick-test, utilisé pour tester la sensibilité à plusieurs allergènes en même temps, et le compléter par un dosage sanguin de certains anticorps.

Quelles sont les allergies alimentaires les plus fréquentes ?

Les allergies alimentaires les plus fréquentes

Chez l’adulte, les allergènes les plus fréquents sont, dans l’ordre : les prunoïdés (fruits à noyaux), le groupe des latex (avocat, banane, kiwi, châtaigne,…), les apiacées ou ombellifères (céleri, carotte, fenouil,…), ainsi que les fruits à coques (amande, noix, noisette, …). L’allergie aux protéines de lait est rarissime.

Chez l’enfant de 1 à 3 ans, les allergènes les plus fréquents sont, dans l’ordre : l’œuf, l’arachide et le lait.

Chez l’enfant de 3 ans ou plus, les allergènes les plus fréquents sont, dans l’ordre : l’arachide, l’œuf et les légumineuses.

Traitement : remplacer les produits laitiers par un lait spécialement modifié

Si le diagnostic est confirmé, le traitement est purement diététique. Le lait infantile classique et les produits laitiers sont exclus et remplacés par un lait spécialement adapté dont les protéines sont tolérées dans la très grande majorité des cas.

Réintroduire cet aliment avec prudence

L’allergologue en charge de l’enfant planifiera des tests de réintroduction progressive du lait et des produits laitiers généralement en milieu hospitalier. Dans la plupart des cas, l’enfant finira par tolérer les protéines de lait et pourra consommer à nouveau des produits laitiers. Bien entendu, la réintroduction doit se faire avec l’autorisation et sous la vigilance du médecin.

Les laits de chèvre ou de brebis ne sont pas des alternatives

Contrairement à une idée répandue, il ne faut surtout pas donner de lait de chèvre ou de brebis à un enfant allergique au lait de vache. Les parents doivent veiller à exclure tous les types de lait, leurs dérivés ou les aliments qui en contiennent : lait de vache, lait de chèvre ou de brebis, pour citer les plus courants. En effet, lorsque l’on est allergique au lait de vache, le risque d’être également allergique aux protéines de lait de chèvre ou de brebis est élevé. Leurs protéines sont très ressemblantes.

 

Boissons végétales : inadaptées aux bébés : soyez vigilant !

Aucune boisson végétale (« lait de soja », d’amande ou autre…) ne doit être proposée en remplacement du lait infantile hydrolysé prescrit par le médecin. Les boissons végétales sont totalement inadaptées aux besoins nutritionnels des nourrissons et peuvent entraîner des carences graves. Des retards de croissance, des hospitalisations en urgence et des cas de décès ont été signalés à plusieurs reprises par les pédiatres chez des enfants nourris avec des boissons végétales. N’improvisez pas et demandez donc toujours conseil à votre médecin avant de prendre des initiatives.

En résumé :

  • Petit déjeuner gourmand- L’allergie aux protéines de lait touche essentiellement des enfants de moins de 6 ans.
  • - Dans presque tous les cas, l’allergie guérit spontanément et le lait et les produits laitiers peuvent être consommés à nouveau.
  • - Les cas d’adultes allergiques aux protéines de lait sont exceptionnels.
  • - Le diagnostic doit être établi par un pédiatre ou un allergologue compétent.
  • - Il faut supprimer tous les produits laitiers et les remplacer par un lait infantile traité spécialement pour que ses protéines ne provoquent plus d’allergie.
  • - Le lait des autres animaux (chèvre, brebis) ou les boissons végétales (« lait de soja », d’amande,…) ne doivent surtout pas être proposés en remplacement du lait infantile.

Cet article est essentiellement basé sur les recommandations de la société française de pédiatrie, publiées en 2010, pour la prise en charge de l’allergie aux protéines de lait de vache ( leurs recommandations sont consultables ici ) ainsi que sur les informations partagées par le CICBAA (cercle d’investigations cliniques et biologiques en allergologie alimentaire : http://www.cicbaa.com ).

 

Pour approfondir votre lecture :

Allergie et intolérance : quelles différences ?
Produits laitiers et vitamine D contre les allergies de l’enfant
Pourquoi moins d’allergies à la campagne ?
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Intolérance au lait : découvrez tout ce qu’il faut savoir !


Certains sucres ou certaines fibres alimentaires contenues dans les céréales, les légumineuses, les fruits, les légumes, les bonbons ou le lait peuvent causer des troubles digestifs aux personnes sensibles lorsqu’elles les consomment. Les désordres digestifs sont plus ou moins importants et plus ou moins gênants, en fonction des individus et des quantités. On parle d’intolérance alimentaire. Dans le cas du lait, il s’agit d’une intolérance au lactose, le sucre du lait.

Qu’est-ce que l’intolérance au lactose ?

Pour digérer le lactose, notre intestin fabrique une enzyme : la lactase. Sa fabrication est maximale chez le nourrisson mais diminue, de façon normale, avec l’âge. Chez l’adulte, si la quantité de lactase est faible, ses capacités de digestion peuvent être dépassées par une arrivée trop importante de lactose. Dans ce cas précis, le lactose non digéré peut entraîner des perturbations digestives gênantes et parfois douloureuses.

En cas d’intolérance, boire du lait est possible

Si la quantité de lactase diminue, elle n’est jamais nulle. Les difficultés digestives n’apparaissent que si la quantité de lactose consommée supérieure à celle que la lactase présente peut digérer. Finalement, entre 90 et 95% des Français digère sans aucune difficulté 12g de lactose, l’équivalent d’un bol de lait.

Les autres aliments susceptibles de provoquer des intolérances alimentaires

De nombreux sucres ou fibres apportés par les aliments peuvent être à l’origine de troubles gastro-intestinaux. On parle alors d’intolérance alimentaire.Les aliments concernés sont principalement des végétaux, tous repris dans la liste des aliments du régime FODMAPs* : blé, orge, seigle, oignons, poireaux, ail, échalote, artichaut, betterave, fenouil, petits pois, chicorée, pistache, noix de cajou, légumineuses, lentilles et pois chiches (qui contiennent des oligo-saccharides susceptibles d’être mal digérés),pomme, poire, mangue, cerise, pastèque, asperge, sucre de table, pois mange-tout, miel, sirop de glucose-fructose (pour certains mono-saccharides), abricot, nectarine, pêche, prune, champignon, chou-fleur, chewing-gums et sucreries diverses (pour les polyols), enfin le lait (pour le lactose).

*L’acronyme FODMAPs signifie « Fermentable by colonic bacteria Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides And Polyols » autrement dit, en Français : « oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles par la flore intestinale ».
Attention au « régime sans produits laitiers »

« Régime sans produits laitiers » inadapté même en cas d’intolérance !

Parce que l’intolérance au lactose est une affection dont on parle beaucoup dans les médias, les personnes qui souffrent de troubles gastro-intestinaux peuvent facilement mettre en cause le lactose et penser qu’ils sont intolérants (alors qu’il existe de nombreuses autres raisons possibles : infection alimentaire, syndrome de l’intestin irritable, intolérance à d’autres sucres que le lactose,…).

De ce fait, beaucoup de personnes se pensent intolérantes au lactose sans vraiment l’être et passent peut-être à côté d’une autre intolérance ou d’une vraie pathologie ? De plus, vrai ou faux intolérant, la personne peut être tentée de supprimer complètement le lait et les produits laitiers de son alimentation. Cela a des répercussions sur son statut nutritionnel, sa vie sociale et toute son alimentation alors même que ce n’est pas nécessaire.

 

Le vrai régime de l’intolérant au lactose :

A chaque intolérant sa quantité de lait

Senior mangeant du fromageL’incapacité totale à digérer le lait est extrêmement rare (quelques cas à travers le monde) et chaque personne conserve une capacité de digestion du lactose. La prise en charge doit donc être individualisée et ne pas mettre tout le monde au même régime… Certains intolérants au lactose toléreront très peu ou presque pas de lait, alors que d’autres pourront en consommer une quantité plus importante, dans le cadre d’un repas par exemple. C’est à chacun de se tester en évitant de développer une phobie injustifiée pour le lait.

La majorité des intolérants peut consommer un petit bol de lait

Les études montrent que la majorité des intolérants au lactose digère correctement 1 bol de lait (l’équivalent d’un quart de litre de lait ou d’environ 12g de lactose). Mais, bien entendu, cela dépend des individus et certaines personnes sont plus sensibles que d’autres.

Incorporer le lait dans les recettes pour une meilleure tolérance

Le lait consommé au cours d’un repas et incorporé dans des recettes est mieux toléré que le lait à jeun. Ainsi on peut essayer d’en consommer un petit peu sous forme de sauce béchamel, purée ou soupe additionnée de lait, crêpe, gaufre, flan, …

Les fromages affinés et les yaourts : de bonnes alternatives

Les fromages affinés ne contiennent plus de lactose ou seulement des traces, ils peuvent être consommés sans risque. Les yaourts contiennent un peu de lactose, mais ils contiennent également des ferments qui aident à la digestion du lactose. Les ferments du yaourt sont vivants et actifs tout au long de leur transit dans le tube digestif, ils y digèrent le lactose. Du coup, les yaourts sont recommandés aux intolérants au lactose. Il est aussi possible d’acheter du lait délactosé, produit courant dans les commerces d’alimentation.

Quelques conseils pratiques :

  • Éviter le lait à jeun et en trop grande quantité
  • Varier les produits laitiers, consommer des fromages affinés et des yaourts
  • Consommer le lait ou les produits laitiers en même temps que d’autres aliments, dans le cadre du repas
  • Servir des préparations dont le lait est un ingrédient (béchamel, soupe, purée, …) car elles sont mieux supportées

En résumé :

  • 90 à 95% des Français digèrent sans difficulté un quart de litre de lait
  • On peut être intolérant au lactose et consommer un peu de lait, en particulier incorporé à des recettes
  • Les fromages affinés ne contiennent pas de lactose
  • Les yaourts contiennent des ferments qui aident à digérer le lactose

Le lait, un produit consommé dans le monde entier !

Les populations d’Europe du Nord conservent mieux leur capacité de digestion du lactose que les populations méditerranéennes, d’Afrique ou d’Asie. Il est devenu courant d’associer ce fait à l’idée qu’ailleurs qu’en Europe on ne consomme pas ou très peu de lait. En réalité, d’une part la baisse de capacité à digérer le lactose n’est pas toujours associée à des troubles digestifs, d’autre part partout dans le monde le lait est consommé depuis des millénaires soit sous forme liquide, par exemple les tribus africaines Massaï, soit sous forme de laits fermentés (de type yaourt), par exemple en Indes, en Turquie, en Russie, en Asie centrale…

 
Cet article est essentiellement basé sur les conclusions d’une conférence de consensus sur l’intolérance au lactose, qui s’est tenue aux Etats-Unis en 2010, organisée par le National Institute of Health (http://consensus.nih.gov/2010/lactose.htm), ainsi que sur un avis de l’autorité européenne de sécurité des aliments, l’EFSA, publié en 2010 et relatif à la consommation de lactose chez les intolérants au lactose (http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/1777.htm) et sur un autre avis de l’EFSA, publié en 2011, relatif à l’action bénéfique des ferments du yaourt chez les intolérants au lactose (http://www.efsa.europa.eu/fr/efsajournal/pub/1763).
Pour approfondir votre lecture :

Qu’en est-il de l’allergie aux protéines de lait ?
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