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La filière laitière

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Éleveurs, mais pas seulement
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Éleveurs, mais pas seulement

Être éleveur, c’est avant tout s’occuper de ses animaux, mais c’est aussi être agriculteur, notamment pour nourrir les troupeaux . La gestion de la ferme nécessite également un suivi administratif et du temps passé au bureau, sans compter les engagements personnels de chaque éleveur.

Les éleveurs laitiers sont aussi des agriculteurs

Les éleveurs produisent en moyenne plus de 93 % de l’alimentation nécessaire à leurs animaux à la ferme (fourrages, céréales).

Environ 1/3 des exploitations laitières pratiquent également la polyculture-élevage : elles produisent sur leurs terres, en plus des cultures fourragères dédiées à l’élevage, des grandes cultures (blé, colza, maïs grain, tournesol, etc.) destinées à la vente.

« En hiver, nos vaches ont une ration quotidienne constituée d’un mélange de maïs, de paille, de minéraux, d’ensilage d’herbes et de compléments pour augmenter la lactation, ce sont de vraies sportives. Le maïs et l’herbe viennent de notre exploitation : nous avons 60 hectares d’herbe, dont 10 hectares de prairies naturelles. Les conditions météorologiques, très pluvieuses, sont idéales pour ce type de culture. En été, cette ration diminue et les vaches pâturent à l’extérieur. On fauche ce qu’elles ne mangent pas pour faire de l’enrubannage, c’est-à-dire des sortes de boules d’herbe que l’on donne aux bœufs et aux veaux. Certaines parcelles sont également bloquées pour faire de l’ensilage d’herbe, réservé aux vaches laitières. »

Véronique, éleveuse en Mayenne

Certains éleveurs décident de faire le pari de l’agriculture biologique. Les animaux sont alors exclusivement nourris avec des cultures pour lesquelles pesticides, engrais chimiques de synthèse et Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) sont interdits – ce qui ne signifie pas que ces produits sont répandus en agriculture conventionnelle !

« Mon beau-frère et moi nous sommes installés en 1995. Les cinq premières années, nous avons cherché la meilleure façon de fonctionner selon nos terres et nos contraintes. Nous avons vite réalisé que l’agriculture biologique, tout en correspondant à nos valeurs, était parfaitement adaptée : nous étions déjà dans un système agricole extensif axé sur l’herbe, avec des zones de marécages à valoriser. En 2000, nous avons sauté le pas. Cela nous a aussi permis de majorer le prix du litre de lait tout en restant sur le même métier. »

Bruno, éleveur laitier en agriculture biologique en Bretagne

Des activités variées

Certaines exploitations se consacrent exclusivement à l’élevage laitier, d’autres élèvent plusieurs animaux, produisent des cultures destinées à la vente (polyculture-élevage) ou associent lait et viande.

« Dans les années 1980, nous avons créé une réserve d’irrigation de 2,5 hectares pour arroser les cultures. On y mettait des poissons à pêcher pour l’amusement de la famille. À côté de ça, on avait une grande fosse pour stocker le lisier. Un été, à cause de pluies diluviennes, celui-ci a ruisselé jusqu’à l’étang et, quelques mois après, on s’est rendu compte que les poissons s’étaient multipliés de façon considérable. Mon père cherchait des revenus complémentaires. Il a pensé à une diversification autour de la pisciculture. Nous avons rationalisé ce que nous avions constaté de manière empirique et, aujourd’hui, nous élevons les poissons de A à Z, depuis les minuscules larves jusqu’aux gros spécimens. »

Hélène, éleveuse et piscicultrice dans le Berry

Par ailleurs, chaque éleveur se distingue par des engagements qui lui sont propres : responsabilités syndicales pour défendre les agriculteurs du département, implication au sein de la Chambre d’Agriculture, engagements associatifs et bénévolat, accueil d’écolier et de vacanciers, vente de la production via des circuits courts

« J’ai toujours eu des responsabilités syndicales. De 18 à 36 ans, je me suis fortement impliquée chez les Jeunes Agriculteurs (JA) avant d’intégrer d’autres fédérations, notamment la Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FNSEA) où je fais partie du conseil d’administration. J’ai également d’autres implications collectives, notamment à la Mutualité Sociale Agricole (MSA) et à la Chambre d’Agriculture, où je suis responsable du dossier Formation et trésorière du service de remplacement. Cela demande une organisation irréprochable. Je fais souvent appel au service de remplacement de la Chambre d’Agriculture pour que des vachers viennent prendre la relève quand je m’absente. Je déploie beaucoup d’énergie pour tout mener de front, mais je tiens à cet engagement au service de ma profession. »

Sandrine, éleveuse dans les Alpes provençales

« Le réseau du Savoir Vert est une association d’agriculteurs qui ouvrent leurs exploitations aux enfants et adolescents de tous les âges. Autrement dit, ce sont des fermes pédagogiques. L’accueil se fait sur des demi-journées ou des journées complètes, autour de thèmes variés en lien avec les programmes scolaires : la fabrication de produits laitiers, le développement durable, les différentes cultures, le rôle des abeilles… Actuellement, les visites sont axées sur la traite, le lait et ses dérivés. Nous commençons par découvrir la vache, sa robe, son alimentation, la lactation… Les enfants peuvent donner du foin aux animaux puis assister à la traite, ce qui leur permet de constater que le lait est blanc, chaud et qu’il doit donc être conservé au frais. Bien sûr, nous évoquons la variété des produits laitiers que l’on peut tirer de ce lait. La cerise sur le gâteau, c’est la fabrication de beurre, obtenu en secouant de la crème dans un petit pot. Enfin, les enfants dégustent ce beurre maison sur des tartines de baguette : un grand moment ! Ils ont également la possibilité de goûter au lait cru. Quel que soit le thème, c’est toujours pour eux une découverte active. »

Claudine, éleveuse dans le Nord-pas-de-Calais

« Nous fabriquons à la ferme des yaourts et desserts lactés. Après chaque traite, le lait est directement acheminé vers l’atelier de transformation. Il est utilisé tel qu’il sort du pis de la vache, sans standardisation en matière grasse ni homogénéisation. On veille aussi à préserver les qualités gustatives en procédant à une pasteurisation lente par un système de bain-marie. Le lait est ensuite refroidi progressivement puis ensemencé et mis dans des pots en verre. Ceux-ci sont étiquetés et placés en étuve : c’est là que le lait se transforme en yaourt. Les pots sont alors transférés dans une chambre froide où ils sont refroidis puis livrés aux revendeurs : crémiers-fromagers, épiceries fines, magasins de proximité, hôtels… On est véritablement dans un circuit court de la fourche à la fourchette ou plutôt, dans notre cas, de la fourche à la cuillère ! »

Christelle, directrice générale déléguée de la Ferme des Peupliers, en Normandie

Quels que soient leurs choix, les éleveurs disposent aussi de bureaux où ils gèrent efficacement le fonctionnement de la ferme à l’aide d’outils performants : gestion administrative (comptabilité, suivi administratif et réglementaire…), lien avec les laiteries et les coopératives, suivi du troupeau, qualité du lait, météo, etc.

Les bonnes pratiques : désinfection des trayons
Objectif : meilleures pratiques
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Objectif : meilleures pratiques

Les réglementations européenne et française imposent des mesures strictes visant à garantir la qualité du lait, la santé et le bien-être des animaux, ainsi que la protection de l’environnement. Pour s’y conformer et aller plus loin encore que les obligations réglementaires, les éleveurs disposent d’appuis et d’outils variés, individuels ou collectifs. Leurs buts : être au plus près des attentes du public et travailler dans les meilleures conditions possibles, pour les hommes comme pour les animaux.

L’élevage, un métier collaboratif

D’abord, l’éleveur ne travaille pas seul : il a beau avoir des compétences techniques poussées et une solide expérience de terrain, il s’entoure de spécialistes (vétérinaire rural, contrôleur laitier, technicien de la chambre départementale d’agriculture, vacher …) qui lui fournissent une aide régulière ou ponctuelle en fonction de ses besoins.

« Quand un éleveur ne peut pas être présent dans sa ferme, par exemple pour des vacances, en cas de congé maternité ou de formation, ou encore suite à un accident, je me rends sur place pour prendre la relève. Mon intervention, qui dure de quelques heures à plusieurs jours ou semaines, se fait à la carte en fonction des besoins de l’éleveur et des particularités de son exploitation. La plupart du temps, je me charge des deux traites quotidiennes, de l’alimentation des vaches, de la surveillance de la santé du troupeau, du lien avec le vétérinaire en cas de besoin, éventuellement de la naissance des veaux… Bref, je suis aux petits soins pour les vaches ! »

Stéphane, vacher remplaçant 

La Charte des bonnes pratiques d’élevage, un outil d’auto-évaluation

Par ailleurs, 95 % des élevages de plus de 20 vaches laitières ont adhéré volontairement à la Charte des bonnes pratiques d’élevage. Grâce à des diagnostics et des plans de surveillance externes, celle-ci aide les producteurs de lait à progresser dans leurs pratiques professionnelles, avec l’appui de techniciens de terrain, tout en répondant aux attentes des consommateurs. Lancée en 1999, elle a été mise à jour plusieurs fois pour évoluer avec son temps.

La Charte des bonnes pratiques d’élevage repose aujourd’hui sur 6 engagements relatifs à l’identification des animaux, la santé du troupeau, l’alimentation des vaches, le bien-être des animaux et la sécurité des personnes, la protection de l’environnement.

« Pour les éleveurs, le bien-être des bêtes est essentiel : nous vivons avec elles 7 jours sur 7 et tous nos veaux ont un nom. J’adhère d’ailleurs à la Charte des bonnes pratiques d’élevage, qui aide les éleveurs à produire un lait d’une qualité irréprochable tout en respectant les conditions du bien-être animal. J’ai également suivi une formation d’éleveur-infirmier auprès d’un vétérinaire pour apprendre à mieux observer les animaux. Si une vache est isolée dans le troupeau, c’est qu’elle a un souci. Nous essayons de faire de la prévention avec de l’homéopathie et de la phytothérapie, mais, si elle tombe malade malgré tout, nous appelons bien sûr le vétérinaire. Autre intervenant qui nous rend visite régulièrement : le pareur, qui taille les ongles des vaches pour leur éviter des souffrances inutiles. »

Gérard, éleveur laitier dans le Jura