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Elevage et territoire
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Ces éleveurs qui choisissent le bio

Rencontre avec un producteur laitier en pleine conversion.

holstein-prairie-bando

Le nombre d’exploitations agricoles engagées en bio ne cesse de croître et les consommateurs plébiscitent de plus en plus les produits issus de ce circuit. Christophe Hervy, producteur de lait en Charente, a commencé sa conversion en avril 2010 et pourra vendre du lait labellisé « bio » à partir de novembre 2011. Pour notre deuxième volet autour du printemps bio, il raconte ce qui l’a poussé vers ce mode de production.

Vache Prim'holstein dans une prairieDepuis quand êtes-vous en bio ?

Je suis venu au bio progressivement. Dans les années 1990, je faisais de l’élevage intensif : chacune de mes 25 vaches, des Prim’holstein, produisait 10 000 kilos de lait par an. Au tournant des années 2000, j’ai décidé, avec un groupe de développement local réunissant plusieurs éleveurs, de mieux valoriser l’herbe de mes 32 hectares de prairies. J’ai institué des pâturages tournants pour diminuer les intrants chimiques, j’ai planté des légumineuses dans les prairies pour réduire les frais d’engrais… Résultat : la quantité d’herbe a augmenté. J’ai également décidé, à ce moment-là, de réduire la quantité de lait par vache. Finalement, je travaillais avec des méthodes typiques de l’agriculture biologique sans en détenir le label.

C’est ce qui vous a poussé à vous convertir au bio ?

La baisse du prix du lait, à partir de 2008, s’est avérée décisive : je me suis demandé comment mieux vendre ma production et j’ai vite compris que le passage au bio pouvait faire la différence. Pour une exploitation comme la mienne, qui, je le rappelle, est de petite taille, il n’y avait pas grand-chose à changer : je faisais des efforts depuis plusieurs années, mais ceux-ci ne pouvaient pas être valorisés sans le label bio. La vraie différence aujourd’hui, c’est que je suis contrôlé ! Ma démarche n’est donc pas idéologique mais économique : certes, je produis moins, mais je vends le lait plus cher, j’achète beaucoup moins de céréales puisque j’ai mes propres fourrages, j’ai moins de frais vétérinaires car la prévention rend les animaux plus solides… Il faut être réaliste : le passage au bio, c’est avant tout une stratégie d’entreprise, qui se conjugue bien sûr avec une démarche environnementale.

Comment votre choix est-il perçu autour de vous ?

Quand je dis à mes voisins et proches que je passe en bio, ça leur donne le sourire ! En revanche, il arrive que des collègues me fassent part de leurs inquiétudes, notamment par rapport à la baisse de rendements. J’essaie de les convaincre que le bio n’est pas une religion de « cheveux longs et idées courtes », mais une démarche qui présente des avantages économiques importants : la production en bio est plus chère qu’en conventionnel, mais la marge est plus importante. Cette année, avec la sécheresse, c’est une autre paire de manches : déjà que les fourrages bio sont rares en temps normal, c’est pire avec les conditions météorologiques. Il n’en reste pas moins que le marché du bio est en pleine expansion. La laiterie à laquelle je vends ma production est obligée d’acheter du lait bio en-dehors de sa zone. C’est dommage, car l’idéal reste de conjuguer le bio et le local !

> Découvrez ce que signifie le label bio pour un produit laitier.
> Les données chiffrées les plus récentes sur l’agriculture biologique en France : le site de l’agence bio.

Crédit photos : C.HELSLY / CNIEL

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