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La filière laitière

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Portrait de vache : la Ferrandaise

Une vache liée aux grands fromages d’Auvergne.

Vache ferrandaise

En voie de disparition il y a une trentaine d’années, cette vache originaire du Puy-de-Dôme – elle doit son nom à la ville de Clermont-Ferrand – peuple de nouveau les prairies auvergnates grâce à une association de sauvegarde très active. Découverte d’une montagnarde particulièrement attachante.

Sauvée in extremis !

Au XIXe et pendant la première moitié du XXe siècle, les vaches de la race Ferrandaise dominaient les élevages du Puy-de-Dôme, du Cantal et de la Haute-Loire. Après la Deuxième Guerre mondiale, d’autres races plus productives furent privilégiées et les tracteurs prirent progressivement la place des animaux de trait. À la fin des années 1970, il restait seulement 150 femelles ! Dès 1977, des éleveurs créèrent, avec le soutien de l’Institut de l’Élevage et du parc naturel régional des Volcans d’Auvergne, l’association de sauvegarde de la race Ferrandaise. Ses objectifs ? Augmenter les effectifs et conserver une bonne diversité génétique. C’est grâce à elle que, depuis 1990, les troupeaux se développent en même temps que le nombre d’éleveurs, passionnés par cette race locale et montagnarde. Aujourd’hui, la Ferrandaise est sauvée !

La Ferrandaise, taillée pour la montagne

Élégante et expressive, cette vache de taille moyenne porte des cornes en forme de lyres, aux extrémités noires, et son poil peut être plus ou moins long, ras ou frisé. Sa robe, pie rouge ou pie noir, se décline en trois versions : la robe dite « barrée » (grosses taches irrégulières, triangle blanc sur le front), la « braignée » (une bande blanche sur le dos et une autre sous le ventre) et la « poudrée » (majoritairement blanche, piquetée de petites taches colorées). Au-delà de sa beauté, la Ferrandaise est d’une rusticité exceptionnelle liée à ses origines montagnardes. Robuste, excellente marcheuse et résistante aux conditions climatiques difficiles, elle est parfaitement adaptée aux reliefs dans lesquelles elle est élevée. Elle possède aussi une grande longévité, une bonne fertilité et une grande facilité de vêlage. Pour couronner le tout, elle demande peu de soins vétérinaires. Qui dit mieux ?

Une vache polyvalente

Autre spécificité de la Ferrandaise : c’est une race dite mixte. Cela signifie qu’elle est aussi bien adaptée à la production laitière que bouchère. Ainsi, au début du XXe siècle, elle était avec la Salers la principale productrice de lait pour l’élaboration des célèbres (et délicieux !) fromages d’Auvergne. Contrairement à la Salers, elle accepte d’être traite sans la présence de son veau, ce qui facilite le travail des éleveurs. Grâce à sa puissante musculature et à ses caractéristiques génétiques, c’est aussi une race qui fournit de très bonnes viandes. Dans les années 1930, cette polyvalence avait une troisième facette : la Ferrandaise était une vache de travail, utilisée pour le labour ou encore les récoltes. L’association de sauvegarde de la race rapporte d’ailleurs qu’en Limagne, grande plaine du centre de l’Auvergne, on appelait autrefois les bœufs « moteurs ferrandais », autrement dit les ancêtres des tracteurs !

> Site de l’association de sauvegarde de la race Ferrandaise : www.associationlaferrandaise.com.

Crédit photo : By Cyrille BERNIZET (Own work) [GFDL (http://www.gnu.org/copyleft/fdl.html) or CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)], via Wikimedia Commons. 

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