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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Profession éleveur : François Souarn

Dans les Landes, entre recherche d’autonomie et gestion de l’eau.

L'exploitation de François Souarn, éleveur et agriculteur dans les Landes

À Nassiet, dans les Landes, François Souarn et ses associés se sont fixé pour objectif de développer leur autonomie pour l’alimentation des vaches.

En quoi consiste votre métier ?
François Souarn : Je suis agriculteur-éleveur laitier, installé depuis 1987 sur une exploitation familiale. En 1995, je me suis associé avec un autre agriculteur, Philippe Cambon, et nous avons créé le GAEC* du Bourgadot. Fabrice Daverat nous a rejoints en 2006. Aujourd’hui, nous avons environ 130 hectares d’exploitation. Notre troupeau de Prim’Holstein est constitué d’une centaine de vaches laitières et d’une cinquantaine de génisses. On élève aussi des canards destinés à être gavés pour le foie gras, sud-ouest oblige ! L’une des particularités de notre zone, c’est que les terres sont d’une qualité moyenne et l’eau irrégulière, ce qui demande plus de travail et une adaptation permanente aux conditions extérieures.

Pourquoi être agriculteur en plus d’éleveur ?
Pour la ration alimentaire ! Celle-ci est en grande partie produite sur l’exploitation. Nos bêtes mangent du foin ainsi que de l’ensilage de maïs, d’herbe et de sorgho. Ce dernier est moins gourmand en eau et en engrais que le maïs, tout en présentant un rendement supérieur. On ajoute à cela une petite complémentation pour les protéines : on favorise les drèches, qui sont des résidus de maïs issus d’une usine de fabrication de bioéthanol située près de l’exploitation, ainsi que les cultures produites sur place : colza, légumineuses… Au total, 85 à 90 % de l’alimentation du troupeau proviennent de notre exploitation ! Cette autonomie est indispensable pour réduire les coûts. Elle permet aussi de contrôler ce que l’on donne à manger à nos bêtes et, d’ailleurs, on surveille de très près l’utilisation de produits phytosanitaires : on est systématiquement au-dessous de la dose homologuée. Ce n’est pas un hasard si le GAEC a été admis comme membre du réseau FARRE (Forum de l’Agriculture Raisonnée Respectueuse de l’Environnement). Dans le même ordre d’idées, on cultive du blé et du triticale, une céréale qui allie les qualités des deux parents dont elle est issue : productivité du blé et rusticité du seigle. Cela nous permet d’être autonomes en paille et de diversifier l’alimentation des génisses.

Vous souhaitez mettre en place une réserve d’eau sur votre exploitation. De quoi s’agit-il ?
Nous sommes dans une zone relativement sèche et nous avons pour projet de créer un lac artificiel d’une surface de 2 hectares et d’une capacité de 80 000 mètres cubes. La sécheresse est de plus en plus fréquente et, l’idée, c’est de pouvoir irriguer le maïs sans difficulté. Il faut creuser un trou, construire des digues… Bref, ce n’est pas simple et on doit obtenir des autorisations. Au final, cela nous permettra de stocker l’eau de pluie en hiver pour arroser en été. C’est notre plus grand pari aujourd’hui. J’espère sincèrement qu’on y arrivera, d’autant plus que mon fils de 21 ans souhaite reprendre l’exploitation. Le travail est difficile, 365 jours sur 365, mais il est aussi passionnant. Quand nous accueillons des groupes d’enfants lors des journées « Fermes ouvertes », ils s’essaient avec bonheur à la traite des vaches, s’émerveillent devant les veaux… L’élevage laitier, c’est quelque chose de particulier : on travaille avec du vivant et on aime nos vaches. C’est une véritable vocation, j’allais dire un sacerdoce !

> Nos autres portraits d’éleveurs.

* Le Groupement Agricole d’Exploitation en Commun (GAEC) est une société civile agricole de personnes permettant à des agriculteurs associés la réalisation d’un travail en commun dans des conditions comparables à celles existant dans les exploitations de caractère familial.

A la découverte d'un monde vivant, l'exploitation laitière!

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