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La filière laitière

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Elevage et territoire
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Profession, éleveur : Matthieu Haudebert

Un jeune éleveur de 31 ans qui reprend avec bonheur les rênes de l’exploitation familiale.

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Matthieu-HaudebertCe jeune éleveur de 31 ans a repris le flambeau de ses parents avec enthousiasme. Rencontre au cœur de la France laitière.

Pourriez-vous décrire votre exploitation ?
Matthieu Haudebert : En 2007, je me suis installé avec mes parents en acquérant un tiers des parts de l’exploitation familiale. Celle-ci est située à Villerable, dans le Loir-et-Cher, tout près de Vendôme. Mon père ayant pris sa retraite récemment, je suis désormais associé avec ma mère et nous avons un salarié à temps plein pour compenser. Nous employons aussi, au gré du planning, de la main d’œuvre partagée. L’objet de toutes nos attentions, c’est un troupeau de 80 vaches laitières de la race Prim’Holstein, essentiellement nourries avec de l’herbe, de la luzerne et du maïs ensilage. La plus grande partie de leur alimentation est issue des 145 hectares de l’exploitation. Tous les deux jours, leur lait est livré à la laiterie Bel pour fabriquer du fromage. Dès 2008, nous avons décidé de leur offrir un bâtiment entièrement neuf avec 80 places, une salle de traite, une zone dédiée à l’alimentation… L’investissement a été de 450 000 euros, sans compter mon implication personnelle dans les travaux.

Avez-vu suivi une formation spéciale pour reprendre l’exploitation ?
M. H. : J’ai toujours voulu reprendre le flambeau, alors je me suis dirigé très tôt dans ce domaine. Après la classe de troisième, j’ai intégré un BEP orienté sur les céréales, car la première fonction d’une exploitation est de nourrir les animaux avec ce qui est produit sur place. J’ai ensuite opté pour un bac technologique spécialisé dans les grandes cultures fourragères. Je suis ensuite parti en Vendée pour un BTS formant à la gestion des exploitations agricoles. J’ai terminé mon cursus par une année de contrat de professionnalisation au cours duquel je me suis totalement consacré à l’élevage laitier : alimentation du troupeau, suivi vétérinaire, qualité du lait… Ces années d’études m’ont permis d’aborder la plupart des problématiques liées à l’agriculture et à l’élevage.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous installer comme éleveur laitier ?
M. H. : J’ai toujours baigné dans cet univers. Pour un enfant, le cadre de la ferme est formidable avec son espace, ses animaux, ses tracteurs… Surtout, mes parents m’ont transmis leur passion pour le métier. D’ailleurs, quand je me suis installé, je n’ai pas eu envie d’abandonner l’élevage laitier pour me consacrer exclusivement à la culture de céréales, ce qui aurait pu facilement se concevoir dans la mesure où nous sommes aux portes de la Petite Beauce. L’un des aspects les plus séduisants de mon activité, c’est en effet qu’elle permet de toucher à tout : entre le début et la fin de la journée, je fais de l’agriculture, de l’élevage, de la maçonnerie… Et puis en tant qu’éleveur, je contribue à nourrir la population. Je trouve cela valorisant. Le parcours administratif est parfois complexe et je travaille beaucoup, mais je ne regrette pas mon choix.

L’imbrication des rapports familiaux et professionnels est-elle facile à gérer ?
M. H. : Il faut savoir dissocier les deux et prendre le meilleur. L’intérêt de s’associer avec ses parents, c’est que ceux-ci ont un véritable rôle d’accompagnement à jouer. En tant que jeune, on a les idées, tandis que les parents ont le savoir-faire et l’expérience. C’est une bonne combinaison pour conduire l’exploitation avec efficacité. De plus, la reprise de la ferme se fait de façon progressive : quand ma mère prendra sa retraite, j’aurai suffisamment d’expérience pour prendre les rênes avec sérénité et me consacrer à de nouveaux projets pour l’avenir. En particulier, j’aimerais aller vers encore plus d’autosuffisance alimentaire pour mes vaches et développer la vente directe sur la ferme. Un programme passionnant en perspective !

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