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La filière laitière

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Profession, éleveuse : Véronique Lorin

En Mayenne, cette agricultrice jongle entre sa ferme et sa famille avec enthousiasme !

Véronique Lorin, éleveuse en Mayenne

Une famille nombreuse et une ferme à gérer : c’est le quotidien bien rempli de cette jeune femme devenue agricultrice après des études supérieures en biologie. Rencontre à Landivy, en Mayenne.

En quoi consiste votre métier ?
Mon mari et moi sommes, avec deux autres associés, éleveurs spécialisés dans la production de lait. Nous avons un cheptel de 95 Prim’Holstein. Nous vendons leur lait à une laiterie coopérative où il est transformé en poudre pour les veaux ou en lait destiné à la consommation humaine. J’exerce ce métier par choix : j’ai suivi des études supérieures en biologie de l’environnement et j’étais destinée à faire de l’aménagement du territoire. Quand j’ai rencontré mon mari, lui-même agriculteur, il m’a montré avec enthousiasme les bons côtés de son métier. J’ai donc repris mes études pour obtenir un Brevet Professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA) et je me suis installée. J’adore mon métier, mais il faut avoir beaucoup de caractère pour que certains hommes acceptent de vous traiter en égale !

Comment se déroulent vos journées ?
Tous les jours, je me lève à 5 h 30 et, dès 6 h, je prépare la salle de traite. Je réveille les vaches, je nettoie leurs logettes et je commence la traite du matin à 6 h 30. Vers 7 h 45, je rentre à la maison pour m’occuper de nos quatre filles, puis j’amène la plus jeune à l’école. En général, la matinée est ensuite réservée à des tâches administratives (identification des animaux, déclaration des actes sanitaires, comptabilité, etc.). L’après-midi, je me rends souvent à des réunions car nous faisons partie de plusieurs organismes professionnels. À 15 h 30, je nettoie de nouveau les logettes des vaches pour la nuit, puis j’attaque la traite du soir à 16 h 30 : c’est tôt, mais la journée doit impérativement être terminée à 18 h 30, heure de fermeture des garderies des enfants ! La vie de famille est au cœur de notre organisation de travail.

Votre emploi du temps varie-t-il en fonction des saisons ?
Oui, bien sûr, c’est l’une des caractéristiques fondamentales du métier d’agriculteur et d’éleveur. En ce moment, par exemple, on met les vaches à l’herbe après plusieurs mois passés dans les bâtiments. Elles ont eu droit à leur première sortie de l’année le 1er mars : il faisait beau et les terres étaient suffisamment fortes pour ne pas être abîmées. Elles se sont dégourdi les pattes et ont mangé les dernières herbes de l’hiver, ce qui permet une meilleure repousse par la suite. Dès que les températures seront douces de façon durable, les vaches passeront toutes leurs journées dehors, à pâturer, jusqu’à l’automne prochain.

Comment les nourrissez-vous ?
En hiver, elles ont une ration quotidienne constituée d’un mélange de maïs, de paille, de minéraux, d’ensilage d’herbes et de compléments pour augmenter la lactation, ce sont de vraies sportives. Le maïs et l’herbe viennent de notre exploitation : nous avons 60 hectares d’herbe, dont 10 hectares de prairies naturelles. Les conditions météorologiques, très pluvieuses, sont idéales pour ce type de culture. En été, cette ration diminue et les vaches pâturent à l’extérieur. On fauche ce qu’elles ne mangent pas pour faire de l’enrubannage, c’est-à-dire des sortes de boules d’herbe que l’on donne aux bœufs et aux veaux. Certaines parcelles sont également bloquées pour faire de l’ensilage d’herbe, réservé aux vaches laitières.

Comment intégrez-vous la dimension environnementale à votre travail ?
Nous travaillons au rythme de la nature et essayons de réduire au maximum les produits phytosanitaires : ils coûtent très cher et ce n’est absolument pas dans notre intérêt d’en mettre beaucoup. De la même manière, nous gardons le bois des haies de l’exploitation et l’utilisons pour une chaudière spéciale achetée l’année dernière. Celle-ci nous permet de chauffer l’eau de la salle de traite et l’ensemble de la maison d’habitation. Nous trions bien sûr les déchets, par exemple les bidons des produits phytosanitaires. Bref, notre implication dans cette question est quotidienne et intrinsèque au travail : nous vivons de la terre et notre intérêt premier, c’est de la préserver !

> À lire également : l’interview de Gérard Guyot, avec une vidéo sur le métier de pareur.

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