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Cuisine et Recettes, Les produits laitiers
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Que mangent les skippers du Vendée Globe pendant la course ?

Vainqueur du Vendée Globe en 2004-2005 et concurrent de la prochaine édition qui débutera le 6 novembre 2016, le grand navigateur Vincent Riou raconte la gestion de la nourriture – et des produits laitiers ! – en mer.

Vincent Riou

Le 6 novembre 2016, 29 skippers partiront des Sables d’Olonne pour la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance – on appelle le Vendée Globe « Everest des mers ». Les meilleurs et les plus chanceux d’entre eux seront de retour vers fin janvier ou début février, après avoir parcouru environ 50 000 kilomètres en composant avec le vent, les vagues et les glaces des mers australes. Si l’on imagine très bien les exigences techniques requises par cet exploit, on oublie souvent que les navigateurs doivent aussi se nourrir quotidiennement, sans jamais pouvoir se ravitailler sur le chemin de la course. L’éclairage du Breton Vincent Riou, vainqueur de l’édition 2004-2005 et partenaire du Vendée Globe Culinaire.

Quelles sont les principales contraintes pesant sur l’alimentation en mer pendant le Vendée Globe ?
Vincent Riou : La course dure en moyenne 80 jours et se fait obligatoirement sans escale, comme le stipule le règlement. Il faut donc tout prévoir à l’avance, en tenant compte de l’absence de réfrigérateur à bord : on n’a pas la capacité de produire suffisamment d’énergie. Il faut aussi faire attention au poids embarqué et surtout à la gestion de la place. Le défi, c’est donc d’emmener assez de nourriture pour arriver jusqu’au bout de la course sans surcharger le bateau, sachant que les besoins énergétiques en mer sont élevés, notamment dans le froid polaire et venteux de l’Antarctique. Par ailleurs, le bateau est parfois violemment secoué, ce qui interdit toute cuisine élaborée. Concrètement, j’ai prévu 120 à 130 kg de nourriture pour 100 jours. Les plats sont marqués aux dates auxquelles je dois les ouvrir. Côté matériel, j’ai un réchaud à gaz, une cocotte et une bouilloire.

Quel type de nourriture emmenez-vous ?
V.R. : Essentiellement des plats déshydratés et en conserve. Les premiers sont très pratiques : peu encombrants et nourrissants, ils se présentent sous la forme de sachets qu’il suffit de réhydrater avec de l’eau, produite à bord grâce à un appareil qui dessale l’eau de mer. On n’imagine pas tous les aliments qui peuvent être lyophilisés ! Il y a eu de gros progrès dans ce domaine au cours des dernières années et le goût est tout à fait agréable. Le problème, c’est la texture, car on ne peut pas avoir de vrais morceaux. Dans ce cas, les conserves prennent le relais. Je me fais aussi cuire régulièrement des pâtes, du riz ou de la semoule. Je prends enfin des « extras » comme du foie gras, du confit de canard, des charcuteries sous vide ou encore du chocolat. Ce sont des petits plaisirs particulièrement réjouissants dans ce contexte, surtout au moment des fêtes de fin d’année, que l’on passe en mer.

Les produits laitiers sont importants pour l’équilibre des sportifs de haut niveau. Comment faites-vous pour les intégrer à vos menus ?
V.R. : J’emmène du lait en poudre élaboré par un petit producteur breton. Je l’utilise avec des céréales au petit-déjeuner, pour me préparer du chocolat chaud ou encore dans de la purée en flocons. J’ai aussi des yaourts lyophilisés, y compris aux fruits, et des crèmes desserts sous forme de conserves. Enfin, origines bretonnes obligent, j’embarque systématiquement du beurre et j’en mange tous les jours. Conditionné dans des petites capsules fermées, il se conserve bien pendant environ deux mois. Pour les derniers jours de la course, j’ai également du beurre en conserve. Quand je rentre chez moi après presque trois mois sur mon bateau, j’ai bien sûr envie de tout ce que je ne peux pas emporter en mer, en particulier des crudités et du fromage !

Crédit photo : Benoît Stichelbaut / PRB.

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Vendée Globe Culinaire 2016

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