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La filière laitière

Elevage et territoire
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Portrait de vache : la Bretonne pie noir

Une race qui allie rusticité et modernité !

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Bretonne pie noirAprès avoir failli disparaître dans les années 1970, cette petite vache typiquement bretonne a repris du poil de la bête. Rencontre avec une vache qui a le vent en poupe !

Du déclin au renouveau

Comme de nombreuses autres races bovines françaises, la Bretonne pie noir (sans e à la fin de « noir ») a été sauvée de la disparition par des éleveurs passionnés et des militants de la biodiversité. Présente en Bretagne depuis plusieurs siècles, elle figurait en effet, à la fin du XIXe siècle, parmi les plus grandes races françaises. Après la Deuxième guerre mondiale, dans le contexte d’intensification de l’élevage, ses effectifs chutèrent dangereusement. En 1975, on se rendit compte que la race aurait sans doute disparu en 1980. Un programme de sauvegarde fut donc lancé (le premier en France). Pari gagné : en 2010, on comptait 1 600 Bretonnes pie noir.

Petite mais rustique !

Cette race de petit format, à la robe blanche et noire, possède en effet des atouts indéniables : précocité sexuelle, bonne fécondité, grande facilité de vêlage et longévité. Sa rusticité est également très appréciée des éleveurs : les Bretonnes pie noir, dont la race s’est développée sur l’acidité et la pauvreté des terrains armoricains, transforment facilement les fourrages grossiers et s’avèrent peu sensibles aux variations de températures. Surtout, elles produisent un lait très riche. C’est n’est pas un hasard si ce sont des beurrières réputées ! Elles fournissent également une viande appréciée pour sa saveur et sa finesse.

Des exploitations autonomes et rentables

Des qualités qui ont attiré l’attention de Slow Food : depuis fin 2010, la Bretonne pie noir est devenue une « sentinelle » de l’Arche du goût. Les valeurs défendues par les éleveurs de Bretonnes pie noir correspondent en effet à celles de la puissante association internationale : tradition, exploitations de petite taille, respect de la nature, circuits courts et autonomie. Les éleveurs, professionnels ou amateurs passionnés, produisent, transforment et vendent directement aux consommateurs lait, crème, beurre, fromage, lait ribot et « gros-lait » sur les marchés locaux ou à la ferme. La production fermière s’avère donc rentable : une démarche très actuelle pour une vache ancienne !

> Le site officiel de l’Union Bretonne Pie Noir.
> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédits photos : F. MILLION / C.HELSLY / CNIEL

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Portrait de vache : la Froment du Léon

Portrait de vache : la Froment du Léon

Cette Bretonne raffinée est à l’origine de l’un des meilleurs beurres français.

Race bovine qui a failli disparaître dans la deuxième moitié du XXe siècle, la Froment du Léon, originaire du nord de la Bretagne, produit un lait riche et gras à partir duquel on fabrique l’un des meilleurs beurres français. Rencontre avec une vache douce et raffinée.

Froment du Léon Une race à petit effectif

Issue d’une vieille souche bretonne, la Froment du Léon fait partie des « races à petits effectifs » de l’Institut de l’Élevage (dites parfois « races menacées » ou « races locales »). Son berceau natal se situe dans les Côtes d’Armor, sur la zone littorale du nord de la Bretagne. On en comptait plus de 25 000 têtes au début des années 1950, mais, comme de nombreuses autres races régionales, la Froment du Léon vit ses effectifs chuter de façon drastique après la Deuxième guerre mondiale avec la politique de spécialisation des races. À la fin des années 1970, il ne restait qu’une quarantaine de spécimens. Un plan de sauvegarde fut alors lancé par les pouvoirs publics et quelques éleveurs passionnés. Aujourd’hui, on en compte environ 200, exclusivement en Bretagne.

Deux surnoms pour une seule vache

Race de taille moyenne, très longue et fine, avec une tête légèrement allongée et des cornes en forme de lyres et de croissants, la Froment du Léon se distingue par une robe couleur froment (d’où son nom !), avec parfois des tâches blanches. Ses membres sont fins et solides. Quant à son tempérament, il est éveillé mais familier, docile et affectueux. Jadis, dans les fermes, on appelait d’ailleurs la douce Froment de Léon « vache à Madame ». Son autre surnom provient de son allure raffinée : très prisée par la noblesse du nord de la Bretagne, la Froment du Léon a longtemps été nommée « race des châteaux ».

Un beurre d’exception

Sa particularité la plus remarquable provient de la qualité de son lait : très gras, riche en bêta-carotène (le même que celui que l’on trouve dans les carottes), il donne au beurre qui en est issu une couleur dorée caractéristique. On dit qu’il est « bouton d’or » ou même « pelure d’orange » au printemps. D’une saveur et d’une texture uniques, il est très recherché par les gourmets et par les grands chefs qui le considèrent comme l’un des meilleurs de France. Envie de le goûter ? Visitez les fermes, écumez les marchés locaux et… remerciez ceux qui ont sauvé la Froment du Léon !

> Contact : Benoît Allain, président du syndicat des éleveurs de la race Froment du Léon, Coat Arzur, 22 300 Ploubezre, gaec-du-wern@wanadoo.fr.

> Découvrir d’autres portraits de vaches.

Crédit photo : Laurent Avon / Institut de l’Élevage.

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Chargé d’études valorisation agricole des déchets : le respect de l’environnement avant tout

Chargé d’études valorisation agricole des déchets : le respect de l’environnement avant tout

Un métier dans l’air du temps !

Recyclage des déchets agricolesL’industrie laitière a inscrit la préservation de l’environnement parmi ses principales préoccupations. Zoom sur un métier dans l’air du temps, qui réclame à la fois des compétences techniques et des qualités relationnelles.

Recycler et valoriser les déchets de la chaîne du lait

Comme toute autre industrie, la chaîne du lait génère des déchets, depuis l’exploitation d’élevage jusqu’à la transformation en entreprise. Leur gestion est réglementée et ils ne peuvent pas être déversés tels quels dans la nature. Or, ces déchets sont très différents des boues urbaines : s’ils sont gérés et traités correctement, ils peuvent présenter une réelle valeur agronomique et servir à fertiliser les sols cultivés à la place des engrais chimiques. Le chargé d’études valorisation agricole des déchets, agronome de formation, doit donc disposer d’une culture solide en agriculture pour connaître les besoins des sols, mais aussi maîtriser les thématiques environnementales, outils, méthodes et techniques permettant de valoriser les déchets.

Un métier en perpétuelle évolution

Or, les réglementations en matière d’environnement évoluent régulièrement, tout comme les attentes du grand public et des acteurs de la filière. « Il y a 10 ans, on ne parlait pas de réchauffement climatique et de consommations énergétiques, et voilà que mes prochains projets portent sur l’émission de gaz à effet de serre dans les élevages et les économies d’énergie, confie Jean-Baptiste, chargé d’études depuis 1994 dans le nord de Des qualités relationnelles indispensables la France. Je dois donc faire des recherches pour bien maîtriser le sujet et être capable de répondre aux sollicitations des différents interlocuteurs de la filière. » L’enjeu ? Il faut pouvoir se conformer aux exigences des réglementations, mais sans jamais menacer l’activité économique des élevages ou des industries de transformation.

Comprendre et convaincre

Ainsi, la première mission du chargé d’études valorisation agricole des déchets consiste à passer du temps sur le terrain pour comprendre les problématiques de chacun (éleveurs, industriels, élus locaux, administrations…). L’objectif : leur proposer des solutions ciblées, tout en assurant un dialogue constructif entre les différents acteurs de la filière. « Il faut savoir faire passer le message environnemental et ‘vendre’ nos propositions, poursuit Jean-Baptiste. Cela passe par de nombreuses réunions, des sessions de formation et une vraie disponibilité pour répondre aux personnes qui appliquent nos solutions sur le terrain. » Cette exigence conditionne la dernière compétence indispensable du chargé d’études : d’excellentes qualités relationnelles !

> Pour savoir comment accéder au métier de chargé d’études valorisation agricole des déchets, rendez-vous sur le site Métiers du lait.

Crédit photos : L.GUENEAU / CNIEL