filiere-laitiere

La filière laitière

Elevage et territoire, Les produits laitiers
-

La traite des vaches pendant le Salon de l’Agriculture

Ce n’est pas parce que les vaches laitières font Salon dans la plus grande ferme éphémère de France qu’elles arrêtent subitement de produire du lait !

Traite au SIA

Traire les vaches laitières pendant le Salon International de l’Agriculture, c’est toute une organisation ! Le point avec Olivier Bruchon, directeur technique de la société DeLaval, qui fournit des machines à traire et autres équipements spécialisés aux éleveurs du monde entier.

Comment se passe la traite pendant le Salon de l’Agriculture ?
Olivier Bruchon : Les vaches laitières qui viennent dans le hall 1 du Salon de l’Agriculture avec leurs éleveurs produisent du lait. Comme à la ferme, elles ont besoin d’être traites deux fois par jour pour leur confort. La société DeLaval fournit au Salon une salle de traite entièrement aménagée, ainsi qu’une petite équipe, dont je fais partie, pour assurer les traites avec les éleveurs. Chacun d’entre eux amène sa vache deux fois par jour. La première traite a lieu le matin, à partir de 5 h 30, et la deuxième en fin d’après-midi. Les veilles de concours, il arrive aussi de procéder à une traite de nuit. Après chaque traite, la salle et tout le matériel sont entièrement lavés et désinfectés.

Que fait-on du lait qui est trait pendant le Salon de l’Agriculture ?
O. B. : En sortant de la mamelle, le lait part directement vers le tank à lait, un grand réservoir refroidissant, via les canalisations appelées « lactoducs ». Il y est réfrigéré pendant environ deux jours. La laiterie de Saint-Denis de l’Hôtel, à Orléans, vient en effet le récupérer régulièrement dans un camion-citerne isotherme. Le laitier se connecte directement sur le tank avec une pompe, ce qui permet d’éviter tout contact avec l’extérieur. Rapidement acheminé vers la laiterie, ce lait est essentiellement transformé en lait de consommation, conditionné dans des briques Tetrapak ou des bouteilles en plastique. On fabrique également un peu de crème et quelques crèmes dessert. Bien sûr, chaque éleveur est rémunéré pour le lait qu’il fournit pendant le Salon de l’Agriculture en fonction de la quantité obtenue, ce qui est facile à déterminer car un compteur est intégré à notre machine à traire.

Comment la sécurité sanitaire du lait est-elle assurée ?
O. B. : Tout le lait produit pendant le Salon de l’Agriculture est scrupuleusement analysé, de la même manière qu’à la ferme. Une première analyse est faite sur chaque vache juste avant la traite : l’éleveur tire ce que l’on appelle les « premiers jets » du pis, ce qui permet de procéder à un contrôle préalable en observant attentivement le lait. Nous sommes aidés dans cette mission par de jeunes étudiants issus de lycées agricoles. Si le lait est bon, ce qui est le cas la plupart du temps, il est envoyé dans le tank destiné à la laiterie. Un deuxième contrôle sanitaire est effectué au sein-même de la cuve. Quand le lait n’est pas conforme, il est systématiquement détruit.

Quelle quantité de lait obtient-on pendant le Salon de l’Agriculture ?
O. B. : Cette année, nous devrions arriver à 45 tonnes de lait, ce qui représente 45 000 litres. Notre salle de traite effectuant des relevés de production par animal, il est facile de procéder à des comparaisons. On voit par exemple que les Prim’Holstein sont bel et bien les vaches les plus productives, avec 50 litres de lait par jour, voire davantage pour les championnes. Viennent ensuite la Montbéliarde et la Normande, qui fournissent un lait moins abondant mais mieux adapté à la transformation fromagère grâce à sa teneur supérieure en protéines. Quoi qu’il en soit, le Salon de l’Agriculture accueille les fleurons de l’élevage français : c’est une occasion privilégiée pour découvrir en direct toute la diversité et les spécificités des races laitières françaises.

> Retrouvez toutes les étapes de la traite dans ce film réalisé par la société DeLaval pendant le Salon de l’Agriculture 2015 :

Télécharger notre infographie

Plus d'articles

Mots clés