La société change

Je Mange donc je suis – Expo à Paris

. © mnhn

Publié le 27.01.2020 , mis à jour le 28.01.2020

Comment l’évolution de notre façon de manger impacte-t-elle la planète ? Que nous réserve la food du futur ? Et si l’avenir résidait dans le ferment ? Autant de questions posées par l’exposition « Je Mange donc Je suis » qui envisage la planète alimentaire d’hier à demain.

Quelque 7,55 milliards d’individus peuplent aujourd’hui la terre contre 600 à 679 millions en 1700. 2 milliards de bébés supplémentaires sont attendus pour 2050. Densité urbaine, pollution atmosphérique, utilisation de pesticides, changement climatique, accumulation des déchets, font que l’on se demande régulièrement comment nourrir tout ce petit monde, aujourd’hui déjà, pire demain. « L’actualité alimentaire est riche en crise et en découvertes », intervient Christophe Lavelle, le commissaire scientifique de l’exposition. « Les propos sont parfois anxiogènes. Notre rôle en tant que scientifiques est de prendre de la distance ». Le tout est de ne pas compromettre l’accès à une bonne alimentation pour les générations à venir.

Les mots du commissaire scientifique Christophe Lavelle sur l'exposition "Je mange donc je suis"

Repartons donc quelques millions d’années en arrière. L’homme était à peine debout qu’il imprimait déjà à la nature sa nouvelle façon de s’alimenter. Les outils, l’analyse des usures ou du tartre dentaires révèlent nombre informations sur le passage de la nourriture végétale à la nourriture cuite et carnée. Les mutations de l’homme se sont opérées via son alimentation. A ce propos, l’adaptation à la consommation de lait est emblématique des adaptations possibles et nécessaires. Chez la plupart des humains, la digestion du lactose cesse avec le sevrage. « Mais », soulève Laure Ségurel, chargée de recherche au CNRS, «certaines populations pastorales buvant le lait des animaux domestiqués depuis le Néolithique se sont adaptées génétiquement à sa consommation».

Les facultés d’ajustement de l’homme à son milieu sont immenses. Si de nombreuses traditions culinaires ont été inventées par nos ancêtres au paléolithique – comme la pierrade sur roche chauffée ou la cuisson à la braise – les enjeux écologiques, nutritionnels, technologiques et éthiques interrogent sur les modes de consommation et de production alimentaires de demain. « Le terrain d’investigation est vaste », remarque Christophe Lavelle. Ainsi, par exemple, « la volonté de mettre fin à la souffrance animale oblige à repenser les frontières entre animalité et humanité, entre consommable et inconsommable ». Alors d’aucuns réfléchissent à un carnisme de laboratoire, un steak de souche apparu in vitro qui résoudrait peut-être tout le problème des pets de vaches que d’aucuns veulent en partie responsables de la pollution atmosphérique. Au musée de l’Homme, un Dr Meuh vous expliquera par téléphone comment chacun cherche, par des régimes alimentaires très divers, à sauver la planète en adaptant ses petits gestes au quotidien. Et les chercheurs comment les pilules nutritives du futur combleront les appétits, à défaut d’apporter les sensations d’un fondant au chocolat ou le croquant d’une pomme. « Je mange donc Je suis » fait une bonne place à la fermentation, qui, si elle est très à la mode, existe en fait depuis des siècles. D’après le commissaire de l’exposition, Christophe Lavelle, malgré les modes et les évolutions, les adaptations de nos régimes alimentaires, « Nous mangerons demain peu ou prou la même chose qu’aujourd’hui ».

 

Je mange donc je suis

Jusqu’au 7 juin 2020. Musée de l’Homme à PARIS

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