Les bébés

Manger bio, est-ce mieux pour les enfants en bas âge ?

. © anaumenko

Publié le 28.08.2020

Les aliments bio ont le vent en poupe, considérés par la majorité de leurs consommateurs comme plus sains que les produits issus de l’agriculture conventionnelle. Et comme les petits sont particulièrement sensibles aux toxiques, en tant que parents, on est tentés de leur en proposer. Mais est-ce vraiment indispensable ? On fait le point.

En 2019, près de 9 Français sur 10 ont consommé au moins un aliment bio, 71% au minimum une fois par mois, 47% une fois par semaine et 14% tous les jours… avec pour principale motivation « préserver sa santé » (1). En 2019, les aliments bio représentaient 6,1% des ventes des produits alimentaires, mais pour les produits infantiles autres que les « laits », petits pots de fruits ou légumes, petits plats, desserts lactés…, la proportion était de 18,5%… au lieu de 12% en 2018. Elle est passée à 21,5% au premier semestre 2020 (2, 3) ! Ces chiffres démontrent bien l’intérêt croissant des parents pour le bio, en dépit d’un coût plus élevé.

 

Aliments infantiles conventionnels : on peut leur faire confiance

Outre une composition nutritionnelle adaptée aux besoins des petits (par exemple, apport en sel des plats cuisinés très faible, enrichissement des différents « laits » en fer et en oméga 3 et 6 essentiels…), les aliments infantiles conventionnels bénéficient d’une réglementation très stricte concernant leur teneur éventuelle en contaminants. Comparativement aux aliments courants, ils doivent contenir environ 10 fois moins de nitrates et pour les résidus de pesticides, la limite fixée est 500 fois inférieure. Certains pesticides sont même totalement interdits. La liste des additifs autorisés est restreinte, colorants, édulcorants et conservateurs sont bannis. Les aliments infantiles font l’objet de multiples contrôles : puisque la législation impose une obligation de résultats, s’ils ne satisfont pas aux critères, ils ne peuvent pas être commercialisés (3, 4).

A savoir

Les nitrates posent problème chez les bébés de moins de 6 mois : en excès, ils sont susceptibles d’altérer le fonctionnement des globules rouges et de diminuer l’oxygénation des organes (on parle de « maladie bleue »). Ils sont présents dans certains légumes, carottes, épinards, ainsi que l’eau du robinet, d’où la préférence des pédiatres pour les eaux minérales. Certains pesticides et additifs sont considérés comme des perturbateurs endocriniens, capables d’interagir avec le système hormonal. Ils sont mis en cause dans les troubles du comportement des jeunes enfants.

Dans le cadre de l’étude de l’Alimentation Totale infantile (EAT infantile), dont les résultats ont été publiés en 2016, plus de 300 pesticides ont été recherchés dans des aliments infantiles et des aliments courants appartenant au régime alimentaire des moins de 3 ans. Bilan : les normes imposées aux aliments infantiles sont bien respectées. Par exemple, un seul des échantillons de « laits » analysés contenait un résidu de pesticide, en quantité si faible qu’elle n’a pu être dosée. Il en était de même des boissons et desserts lactés, dans lesquels les résidus de pesticides détectés n’étaient pas dosables. Toutes catégories d’aliments comprises, les aliments infantiles contenaient 2 fois moins de résidus de pesticides que les aliments courants (5). De quoi être rassuré !

 

Fait maison : miser sur les végétaux bio si possible

Dès qu’il est possible de diversifier l’alimentation de bébé, les pédiatres conseillent d’alterner aliments infantiles et préparations maison. La Société européenne de gastroentérologie pédiatrique, hépatologie et nutrition, considère qu’une alimentation maison offre une plus grande variété de textures et de flaveurs. En outre, partager un plat avec ses enfants (ne salez pas trop !) les incitent à goûter et à accepter plus facilement de nouveaux aliments (4).

 

Depuis 2019, le Programme National Nutrition Santé encourage à consommer si possible des fruits, légumes et céréales bio, produits sans engrais ni pesticides chimiques. En effet, depuis quelques années, certains chercheurs s’interrogent quant à l’impact sur la santé des résidus de pesticides et dès 2013, un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) pointait une plus forte incidence de maladies graves chez les agriculteurs (6).

Les analyses régulièrement effectuées confirment une présence très réduite des résidus de pesticides dans les végétaux bio. Dans son dernier rapport de 2017, relatif à l’ensemble des aliments commercialisés en Europe, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) conclut à un taux moyen de contamination de 14%, contre 47% pour les produits issus de l’agriculture conventionnelle. Les contrôles annuels menés en France sur les végétaux par la Direction générale de la consommation de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF) donnent des résultats similaires.

Concernant les nitrates, les études sont moins nombreuses, mais vont dans le sens d’une teneur inférieure des légumes bio.

 

Si les végétaux bio sont conseillés, leur coût plus élevé est un frein pour en consommer régulièrement. En outre, la production est encore limitée en France : leur culture ne représente que 8,5% de la surface agricole (2). Quand on achète des aliments issus de l’agriculture conventionnelle, il y a moyen de limiter l’ingestion de résidus de pesticides : en lavant et pelant systématiquement les fruits et légumes. En préférant les aliments céréaliers raffinés aux produits complets, qui de toute façon, sont trop riches en fibres et peuvent être irritants pour les tout-petits et en variant les aliments, ainsi que leur lieu de production. Le cas échéant, on peut s’orienter vers des végétaux cultivés localement commercialisés en circuit court : leurs producteurs s’engagent souvent à pratiquer une agriculture raisonnée, utilisant moins d’engrais et de pesticides que l’agriculture conventionnelle.

Les produits bio n’ont pas tout bon !

S’ils présentent des atouts pour la santé, ils ne sont pas parfaits.

  • Même cultivés selon les règles, ils peuvent contenir autant de « polluants organiques persistants » -des substances parfois interdites depuis plusieurs dizaines d’années, mais qui restent dans l’environnement et contaminent les sols- que les produits conventionnels.
  • Les produits élaborés -biscuits, céréales de petit-déjeuner…, ne sont pas exempts d’additifs : 50 de ces substances sont autorisées, ce qui ne fait quasiment pas de différence avec les aliments infantiles conventionnels. De plus, ces produits peuvent aussi contenir des ingrédients nutritionnellement discutables : huile de palme, sirop de glucose…
  • Les aliments bio importés (34% des ventes en 2019) pour satisfaire une demande croissante de la part des consommateurs ont moins d’intérêt pour la planète, leur transport contribuant à l’émission de gaz à effet de serre.

L’essentiel à retenir

  1. On peut faire confiance aux aliments infantiles conventionnels, qui sont strictement réglementés et très contrôlés.
  2. Pour le fait-maison, l’idéal est d’acheter des végétaux bio. Mais, il y a moyen d’éliminer une partie des résidus de pesticides des fruits et légumes de l’agriculture conventionnelle, en les lavant et en les pelant systématiquement.
  3. Bio ou conventionnels, infantiles ou courants, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande de varier les aliments et leur provenance, de façon à ne pas trop ingérer certains contaminants.

L’essentiel est d’apprendre aux jeunes enfants à goûter et manger de tout.

 

Transparence ! Voici nos sources...

(1)Agence Bio/Spirit Insight. Baromètre de consommation et de perception des produits biologiques en France. Enquête effectuée en novembre 2019.

(2)Agence Bio/And International. Le marché du bio en France. Chiffres 2019.

(3)Chiffres et informations communiqués par le Syndicat français des aliments de l’enfance.

(4)Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans. Avis du 12 juin 2019.

(5)Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Etude de l’Alimentation Totale infantile. Avis et rapport. Septembre 2016.

(6)Santé Publique France. Recommandations relatives à l’alimentation, à l’activité physique et à la sédentarité pour les adultes. Janvier 2019.

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