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La filière laitière

Elevage et territoire
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Comment trait-on les vaches ?

À la ferme ou en montage, la production de lait commence par la traite.

Traite des vaches

L’image du fermier assis sur un tabouret, avec un seau à proximité pour recueillir le lait, est aujourd’hui dépassée ! C’est toujours l’éleveur qui se charge de la traite, mais avec l’aide d’une machine à traire ou d’un robot.

C’est fait comment, une vache ?

Comme tous les mammifères femelles, les vaches produisent du lait. Mais pour ce faire, elles doivent d’abord donner naissance à un veau (on appelle « génisses » les jeunes vaches qui n’ont pas encore vêlé). C’est ce qui déclenche la production de lait dans le pis (ou mamelle) qui est constitué de 4 « quartiers » terminés par 4 « trayons ».

La traite a lieu deux fois par jour, matin et soir, chaque jour de l’année. C’est un moment que les vaches apprécient car cela soulage leur mamelle remplie de lait.

Lumière sur la machine à traire

La machine à traire permet de traire les vaches d’une manière hygiénique, efficace et indolore. Elle peut être utilisée de différentes manières :

  • Elle est installée dans une salle exclusivement dédiée à cet usage, appelée salle de traite. Les vaches s’y rendent, accompagnées des éleveurs, pour « donner leur lait ».
  • Elle est conçue de manière à optimiser le bien-être des animaux et le confort des éleveurs, qui trouvent là un lieu de rencontre privilégié. Elle permet aussi d’assurer une hygiène optimale de la traite ; c’est fondamental pour assurer la qualité du lait qui est un produit fragile.
  • Dans certaines petites fermes, par exemple en Franche-Comté, la machine à traire est parfois installée dans l’étable.
  • En montagne, quand les troupeaux pâturent en alpage, les éleveurs utilisent des machines à traire mobiles : le système est toujours mécanisé, mais c’est lui qui va aux vaches et non l’inverse.
  • Certains éleveurs sont équipés d’un robot de traite : le processus de la traite y est entièrement automatisé. Chaque vache, qui décide d’entrer dans la loge du robot à son rythme (entre 2 et 3 fois par 24 h), est reconnue grâce à un collier électronique et traite selon ses besoins. L’éleveur observe régulièrement ses vaches et analyse attentivement les données fournies par le robot, afin de le régler en fonction des spécificités de chaque animal (lire l’interview de François Patte pour en savoir plus).

Les différentes étapes de la traite

  1. Les trayons de la vache sont nettoyés afin d’être propres et secs ; différentes techniques existent.
  2. Une traite manuelle des premiers jets permet de vérifier que le lait est d’aspect normal et qu’il n’y a pas de blessure au trayon.
  3. Les manchons trayeurs sont positionnés en douceur sur les trayons. Un système de pulsation et de vide adapté permet alors de récolter le lait qui coule facilement.
  4. Quand il n’y a plus de lait dans la mamelle, les manchons se décrochent automatiquement ou c’est l’éleveur qui les retire (au préalable, il a vérifié l’état de la mamelle).
  5. Une pommade appelée produit cosmétique peut être appliqué après la traite pour protéger les trayons des agressions extérieures (pluie, vent…). Les vaches sortent de la salle de traite et vont se reposer ou pâturer au pré quand la météo le permet. De l’eau est disponible à volonté pour leur permettre de s’hydrater.
  6. Le matériel de traite et le local de traite sont nettoyés systématiquement et consciencieusement après chaque traite.
  7. Le lait, qui a donc été recueilli dans des conditions d’hygiène strictes, suit enfin son parcours habituel : il est immédiatement conduit, à travers des tuyaux, vers de grandes cuves réfrigérées, avant d’être acheminé par camion réfrigéré jusqu’à la laiterie où il fait l’objet de nouveaux contrôles.

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Paysage d'élevage laitier
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Qu’est-ce que la COP21 ?

Qu’est-ce que la COP21 ?

Toute la lumière sur la COP et les engagements de la filière laitière pour l’environnement.

Cette année, la Conférence internationale du climat aura lieu en France. Mais qu’est-ce qu’une COP ? En quoi la filière laitière est-elle concernée et impliquée dans la lutte contre le changement climatique ?

La COP21 en bref

COP est l’abréviation de COnférence des Parties, ces dernières désignant les États signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), adoptée en 1992 à Rio, entrée en vigueur en 1994 et ratifiée à ce jour par 195 pays. Cette Convention-cadre « reconnaît l’existence d’un changement climatique d’origine humaine et donne aux pays industrialisés le primat de la responsabilité pour lutter contre ce phénomène » (site officiel de la COP21).

La COP est donc une conférence mondiale sur les changements climatiques. Chaque année, elle réunit les États « parties » qui font le point sur la situation et préparent les actions à venir pour limiter le réchauffement climatique. C’est lors de la COP de 1997 qu’a été signé, au Japon, le fameux protocole de Kyoto, premier accord climatique mondial juridiquement contraignant.

La COP qui se tient cette année à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015 est la 21e, d’où le nom de « COP21 ». Elle doit aboutir à un nouvel accord international sur le climat, applicable à tous à partir de 2020, avec l’objectif commun de maintenir le réchauffement mondial sous la limite de 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle (vers 1850).

L’élevage laitier s’engage pour le climat

La filière laitière subit les conséquences du changement climatique mais contribue aussi au réchauffement, même si l’élevage compense une partie de ses émissions de gaz à effet de serre par le stockage de carbone dans les haies et les sols. Outre les pratiques déjà mises en œuvre pour réduire son impact, la filière a créé la Ferme laitière « bas-carbone », récemment lauréate du concours My positive impact organisé par la Fondation Nicolas Hulot. Cette initiative portée par le CNIEL, avec le partenariat scientifique de l’Institut de l’Élevage, a pour objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre par litre de lait d’origine française de 20 % au cours des 10 prochaines années.

La Ferme laitière bas carbone prolonge à grande échelle l’expérience « Life Carbon Dairy », qui concerne 3 900 éleveurs de 6 grandes régions pilotes (Basse-Normandie, Bretagne, Lorraine, Pas de Calais, Pays de Loire, Rhône-Alpes). Celui-ci a d’ores et déjà permis d’identifier des leviers de progrès pour réduire encore plus les émissions de gaz à effet de serre : produire un maximum de fourrages de qualité à la ferme, diminuer l’utilisation d’engrais en valorisant les fumiers et lisiers et en introduisant des légumineuses, planter des haies, diminuer la consommation de carburant… La plupart de ces leviers sont associés à un gain économique pour l’éleveur, ce qui constitue une véritable stratégie « gagnant gagnant ». La Ferme laitière bas carbone a pour ambition d’étendre ce programme aux 60 000 élevages laitiers français, ce qui pourrait permettre d’économiser 2 millions de tonnes de CO2 en 10 ans !

> Pour en savoir plus :

Fourrage
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Que veut dire… fourrage ?

Que veut dire… fourrage ?

Petit éclairage sur l’alimentation des vaches laitières.

Les fourrages désignent les plantes utilisées pour l’alimentation des ruminants. Particulièrement diversifiés, ils peuvent être distribués aux vaches laitières sous plusieurs formes.

Des fourrages très variés pour nourrir les vaches laitières

L’alimentation des ruminants herbivores que sont les vaches est exclusivement composée de produits végétaux, dont les fourrages représentent la part la plus importante. Ceux-ci sont constitués des parties végétatives des plantes (feuilles, tiges, éventuellement racines), à l’exclusion des graines et des fruits :

  • Il s’agit en premier lieu des plantes cultivées spécifiquement pour l’alimentation des troupeaux. L’une des particularités des fermes laitières françaises est en effet leur autonomie fourragère : 90 % des fourrages destinés aux vaches sont produits et récoltés au sein même des exploitations. Ces espèces fourragères sont nombreuses et sélectionnées pour répondre aux besoins des animaux, tout en présentant des avantages agronomiques et environnementaux. Les variétés les plus utilisées sont des graminées comme le ray grass (sorte de gazon), des légumineuses (luzerne, trèfle…) et le maïs fourrager
  • Les herbes sauvages qui poussent naturellement dans les prés, par exemple dans les alpages, sont aussi des fourrages. Ce sont elles qui, à travers le lait, donnent à certains fromages produits en altitude certaines de leurs particularités gustatives et leur belle couleur dorée.

Sous quelque forme les vaches mangent-elles les fourrages ?

Fourrages verts et fourrages de conservation alternent en fonction des saisons et de la météo :

  • Pendant toute la durée des beaux jours, les vaches mangent et ruminent des fourrages verts (herbe fraîche, céréales ou maïs coupés avant maturité…) directement dans les prairies : c’est la pleine saison du pâturage. Il arrive aussi, en cas de forte chaleur, que les herbes soient coupées par l’éleveur et distribuées aux vaches restées dans la fraîcheur de l’étable.
  • En hiver, quand il n’y a plus d’herbe fraîche, mais aussi parfois en été si la sécheresse sévit, les fourrages de conservation prennent le relais. Ils sont distribués aux animaux sous forme séchée : foin, luzerne et céréales desséchées. Ils peuvent aussi subir une fermentation lactique anaérobie, comme la choucroute : il s’agit alors d’ensilage.

Dans les fermes laitières françaises, les éleveurs gardent donc un contact très étroit avec la terre. Ils accordent une attention toute particulière aux fourrages. Leur qualité est en effet essentielle pour que les vaches, qui mangent entre 60 et 80 kg de nourriture par jour, puissent produire du bon lait.