L'environnement

La fibre de lait : du lait pour fabriquer des tissus

Publié le 19.11.2018 , mis à jour le 28.05.2019

Il est possible de recycler du lait non consommable pour en extraire une fibre de lait et fabriquer du tissu selon un procédé naturel.

Fabriquer du tissu avec du lait ? C’est possible avec un procédé écologique et naturel, qui donne un textile doux comme de la soie. Ce procédé, déjà ancien, est remis au goût du jour depuis les années 2000 et ouvre de nouvelles perspectives pour optimiser le lait de vache non consommé (périmé ou rejeté par les laiteries) et proposer des tissus biodégradables.

 

La fibre de lait, une innovation née dans l’entre-deux-guerres

L’histoire remonte aux années 30, lorsqu’un chimiste italien, Antonio Ferreti réussit à créer pour la première fois des fibres en caséine, la protéine du lait. Objectif : remplacer la laine pendant la Seconde Guerre mondiale.

Mais le procédé impacte trop l’environnement, car il utilise alors de nombreux produits chimiques au moment de la transformation. De plus, le fil obtenu se révèle cassant et de mauvaise qualité. Il doit alors être mélangé à d’autres fibres comme le coton ou la laine, pour pouvoir être exploité. L’histoire tourne donc court après la guerre et la fibre de laittombe dans l’oubli… jusqu’à sa réapparition dans les années 2000.

Un procédé écologique à base de caséine, la protéine du lait

Le nouveau processus développé est entièrement naturel et beaucoup plus rapide.

On commence par isoler la caséine des autres composants du lait (eau, matières grasses et sucres), puis on ajoute un acide, comme du vinaigre, pour séparer les molécules de caséine de la matière liquide. Cette matière première est ensuite séchée jusqu’à obtenir une poudre blanche qui subit plusieurs transformations pour pouvoir être filée. Mélangée à de l’eau et à d’autres composants naturels, la préparation obtenue est enfin extrudée (mise en forme) pour obtenir des fils de différentes tailles.

Aujourd’hui, les fabricants annoncent produire une fibre écologique et économique, puisqu’elle ne nécessite que 2 litres d’eau par kilo de matière contre 10 000 litres pour le coton.

Un fil issu du lait pour le prêt-à-porter
© Estas

La fibre de lait se travaille comme de la soie, à laquelle elle est d’ailleurs souvent mélangée. La résistance du fil est comparable à celle de la laine.

Des débouchés industriels en perspective

Utilisée en prêt-à-porter, la fibre de lait donne des vêtements qui ont la particularité d’être compostables et biodégradables lorsqu’ils ne sont plus utilisés.  

Mais l’industrie de la mode n’est pas le seul débouché, car ce tissu possède des propriétés antibactériennes, antistatiques et hypoallergéniques qui intéressent aussi le secteur médical. Ainsi, au Japon, la fibre de lait est couramment utilisée pour le linge de lit des hôpitaux. À terme, les constructeurs automobiles et les fabricants de meubles pourraient également offrir d’autres opportunités intéressantes.

Le coût de la fibre de lait reste toutefois relativement élevé, à hauteur de celui de la soie : d’où l’importance de trouver d’autres débouchés que l’industrie de la mode. Un challenge vertueux pour une production qui se veut à la fois écologique et éthique.

 

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