Diversification alimentaire

Quels laitages à quel âge ?

On ne va pas en faire un fromage

Par On ne va pas en faire un fromage Etre parent, un jeu d'enfant!?

. ©lev dolgachov

Publié le 26.11.2020 , mis à jour le 10.12.2020

Dès 4 à 6 mois, il est temps d’élargir la palette alimentaire de bébé, le moment de la diversification alimentaire est venu ! Tout comme les légumes et les fruits, les laitages comptent parmi les premiers aliments pouvant être introduits au quotidien. Lesquels ? A quel moment ? En quelle quantité ? On vous guide.

Jusqu’à 4 à 6 mois, bébé n’a besoin que de lait, celui de sa maman ou une préparation infantilelait pour nourrisson »), dont la composition nutritionnelle est parfaitement adaptée à son développement et sa croissance. Passés 6 mois, le lait ne suffit plus et il est grand temps de découvrir de nouvelles saveurs et textures. Les pédiatres et les nutritionnistes s’accordent pour recommander de commencer la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois. Les laitages (yaourts, fromages blancs, fromages…), les fruits et légumes, comptent parmi les premiers aliments pouvant être proposés à bébé (1)(2).

Les produits laitiers, essentiels à la croissance de bébé

Les produits laitiers fournissent de nombreux nutriments indispensables à un bébé, en particulier des protéines et de la vitamine A, utiles à la croissance, du calcium et de la vitamine D, impliqués dans le développement osseux. Les yaourts et autres laits fermentés apportent aussi des ferments vivants (par exemple des Lactobacillus), qui contribuent à la « bonne santé » du microbiote intestinal. Dans leurs recommandations, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et le Haut Conseil de la santé publique rappellent que le lait (maternel ou « infantile ») ou les autres produits laitiers à mesure qu’ils sont introduits, doivent demeurer les aliments de base durant les premiers mois de diversification. Jusqu’à l’âge de 3 ans, un minimum de 500 ml de lait (ou équivalent) par jour est conseillé (1)(2). Passés 6 mois, le pédiatre vous conseillera un « lait de suite » (le cas échéant en complément de votre propre lait), à conserver jusqu’à l’âge de 1 an. Il est bien trop tôt pour passer au lait de vache dont la composition est inadaptée aux besoins à cet âge. Les « laits de suite » et les « laits de croissance » (à utiliser si possible entre 1 et 3 ans) sont de plus enrichis en nutriments dont bébé a particulièrement besoin, fer et acides gras essentiels oméga 3. Passé 1 an, si vous n’optez pas pour un lait de croissance (plus cher), veillez à donner du lait entier (à l’exception de lait cru) à bébé, qui a de gros besoins en lipides, notamment pour son développement cérébral. L’apport des jeunes enfants en lipides est insuffisant dans la plupart des cas, c’est pourquoi les pédiatres déconseillent les laits et laitages écrémés ou demi-écrémés aux moins de 3 ans (3)(4).

Des laitages pour commencer

Dès que bébé est en mesure de manger à la cuillère – en théorie, c’est possible dès 4 mois, mais ne vous impatientez pas, chaque enfant a son propre rythme-, il est possible de lui faire goûter aux petits suisses, au fromage blanc ou aux yaourts au lait entier. Le principe est de lui faire découvrir chaque jour de nouveaux aliments, donc au début 1 à 2 cuillères à café suffisent. S’il apprécie, il peut vite passer à 1 petit suisse entier (60 g) ou ½ pot de fromage blanc ou de yaourt (50 à 60 g), qui lui servira de dessert à midi ou de goûter. Pour qu’il ne s’habitue pas trop vite au goût sucré, il est conseillé de lui proposer des produits nature. Mais, pour varier les plaisirs et lui faire découvrir de nouvelles saveurs, vous pouvez ajouter 1 à 2 cuillères à café de compote ou de coulis de fruit, voire ½ cuillère de sucre. Le miel, en revanche, ne doit pas être introduit avant l’âge de 1 an pour des raisons microbiologiques (5). Pas d’inquiétude s’il n’apprécie pas dès le premier jour, les études montrent qu’il faut parfois présenter un aliment jusqu’à 8 fois pour qu’il soit accepté (2) ! En outre, certains enfants particulièrement sensibles au goût acide n’apprécient le yaourt ou le fromage blanc que lorsqu’il est un peu sucré ou parfumé.

Du fromage pour goûter et apprécier

S’il est possible d’ajouter rapidement une pincée de fromage râpé dans les purées de légumes, bébé doit attendre quelques mois de plus pour déguster du fromage en morceaux : d’abord, vers 8-10 mois, des fromages de texture molle (fromage fondu, chèvre frais…), puis dès qu’il a suffisamment de dents pour bien les mastiquer, des fromages pasteurisés à pâte plus dure (mimolette, cantal…). Là encore, chaque enfant évolue vers de nouvelles textures à son propre rythme. (1)(2)

Famille qui cuisine du fromage

Les fromages au lait cru

Anses et Haut Conseil de la santé publique recommandent de privilégier pour les jeunes enfants, les fromages pas trop salés (l’emmental étant le fromage affiné le moins salé) et d’éviter les fromages au lait cru, sauf les pâtes pressées cuites, jusqu’à l’âge de 5 ans -en attendant que ses défenses immunitaires soient parfaitement matures.

Les fromages au lait cru à pâte pressée cuite sont : l’Emmental, le Comté, l’Abondance, le Beaufort, le Gruyère IGP et l’Emmental IGP. Ils peuvent donc être proposés aux bébés et aux jeunes enfants, à condition de retirer leur croûte.

Les fromages pasteurisés permettent de varier les plaisirs. Comme pendant votre grossesse, lisez les étiquettes et demandez conseil à votre fromager. 

 

La portion conseillée avant 5 ans est de 15 à 20 g (l’équivalent par exemple, d’1/12 camembert).

 

Enfin, n’hésitez pas à proposer à bébé des fromages pasteurisés à goût fort (camembert, munster…) qui l’aideront à élargir sa palette de goûts, avant que ne survienne éventuellement une phase de néophobie alimentaire. C’est une étape de son développement pouvant commencer vers l’âge de 18 à 24 mois, au cours de laquelle il se met à refuser des aliments nouveaux, voire des aliments jusqu’alors appréciés.

Des produits laitiers infantiles qui rendent service

De nombreux laitages destinés aux « enfants en bas âge » (moins de 3 ans) sont disponibles dans le commerce, pouvant en fonction de leur texture et de leur composition être proposés dès l’âge de 6 mois, 8 mois ou 10 mois : il s’agit par exemple de préparations rappelant les yaourts brassés ou à base de fromage blanc, nature ou aux fruits, de crèmes dessert, de riz ou de semoule au lait. Encadrés par une réglementation spécifique stricte, ils sont moins sucrés que des laitages classiques (30% de sucres ajoutés en moins), ils ne peuvent contenir qu’une liste d’additifs limitée -et même aucun conservateur ni arôme artificiel-, leur teneur en résidus de pesticides est contrôlée et très faible. Pratiques, ils se conservent à température ambiante (parfaits pour un goûter au parc !) et pour certains, les portions sont bien adaptées à l’âge : 50 à 60 g pour les plus petits, 90 à 100 g pour les plus grands. Si ces produits ne sont pas indispensables, ils peuvent rendre service quand bébé a tendance à délaisser le biberon. Vous pouvez également lui préparer des entremets maison pas trop sucrés, à base de « lait de suite », de « lait de croissance » ou de lait entier.

Et en cas d’allergie aux protéines du lait de vache ?

Cette allergie assez fréquente chez le jeune enfant peut se déclencher lors la diversification alimentaire si bébé n’a pas encore consommé de « lait infantile ». Elle peut se traduire par des troubles digestifs, de l’eczéma et si le diagnostic est tardif, une cassure des courbes de poids et de taille. Elle nécessite un suivi par un allergologue, qui prescrira un substitut du lait (« aliment diététique destiné à des fins médicales spéciales ») ainsi qu’un supplément de calcium et vous guidera pour réintroduire des produits laitiers le moment venu. N’introduisez pas de vous-même des laitages à base de lait de chèvre ou de brebis, il existe un risque d’allergie croisée (les protéines de lait de vache, de chèvre et de brebis présentant des similarités). De même, les enfants allergiques aux protéines de lait de vache peuvent simultanément être allergiques aux protéines de soja. Heureusement, l’allergie aux protéines de lait de vache disparaît dans 90% des cas avant l’âge de 6 ans.

Exemple de répartition des produits laitiers sur une journée

Les menus doivent être adaptés aux goûts et au rythme de bébé.
Jusqu’à l’âge de 3 ans, la quantité quotidienne conseillée est de 500 à 800 ml de lait ou équivalent en autres produits laitiers (1)(2).

Le matin A midi Au goûter Le soir
Entre 4 et 6 mois 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼de « lait pour nourrisson » 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼 de « lait pour nourrisson » OU 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼de « lait pour nourrisson »
Entre 6 et 8 mois 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼 de « lait de suite » 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile EN ALTERNANCE avec 1 fruit cuit 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼 de « lait de suite » OU 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile
Entre 8 mois et 12 mois 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼 de « lait de suite » 15 à 20 g de fromage 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile 1 tétée et/ou 1 biberon 🍼 de « lait de suite » OU 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile EN ALTERNANCE avec 1 fruit cuit ou bien mûr
Entre 1 et 3 ans 1 biberon 🍼 ou 1 bol de « lait croissance » ou de lait entier 15 à 20 g de fromage 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile 1 petit-suisse ou 1 fromage blanc ou 1 yaourt nature au lait entier, peu ou pas sucré OU 1 dessert lacté infantile EN ALTERNANCE avec 1 fruit

Transparence ! Voici nos sources...

(1) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans. Avis du 12 juin 2019.

(2) Haut Conseil de la santé publique. Avis relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans. 30 juin 2020.

(3) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Etude individuelle nationale des consommations alimentaires 3 (Inca 3) 2014-2015. Rapport de juin 2017.

(4) Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Etude des déterminants pré- et post-natals de la santé de l’enfant.

(5) Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Pas de miel pour les enfants de moins d’un an. Septembre 2019.

🎧 Podcasts "On va pas en faire un fromage" (saison 2)

Découvrez sur Chérie FM, l'épisode n°6 spécial Diversification alimentaire et laitages, animé par Emilie Albertini, avec Catherine Bourron-Normand, diététicienne et Rebecca alias @journaldunemamanytb.

Ecoutez le podcast

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