Goût et diversité

Quand et comment intégrer épices, aromates et goûts forts dans l’alimentation de bébé ?

On ne va pas en faire un fromage

Par On ne va pas en faire un fromage Etre parent, un jeu d'enfant!?

. © Maderla

Publié le 01.10.2021 , mis à jour le 04.10.2021

Ca y est ! Votre bout de chou commence à manger à la cuillère et à se régaler d’un quignon de pain. Le pédiatre vous a donné des repères pour savoir comment vous y prendre. Seulement entre les préparations maison et les petits pots, vous aimeriez bien pouvoir le laisser goûter des aliments et des plats que vous appréciez. Quand et comment s’y prendre pour partager aromates, épices et fromages de caractère ? Nous vous donnons des repères.

  1. L’étape de la diversification est un pas à franchir par les parents. Vous avez opté pour les purées et les compotes ou décidé de vous lancer dans la fameuse DME, diversification menée par l’enfant ? 

Et comme toutes les premières fois, vous ressentez à la fois de l’excitation, de l’impatience tout en étant quelque peu désemparé. Mon bébé va-t-il finir par aimer autant les légumes que les fruits ? Comment être sûr.e de bien m’y prendre ?  Et quand je laisse mon enfant de 1 an se servir dans mon assiette ou que la nounou le laisse sucer un cornichon, est-ce trop tôt ou pas ?

 

Des gourmets, plus tôt qu’on ne le croit

L’initiation au goût démarre in utero et se poursuit grâce à l’allaitement maternel. Eh oui ! déjà pendant la grossesse votre bébé a fait ses gammes aromatiques, via le liquide amniotique, et découvert divers parfums provenant de l’alimentation de sa maman. Pour l’anecdote, il a été étudié que des bébés dont les mères ont consommé des produits anisés pendant la grossesse sont plus attirés par cette saveur en grandissant.

Nourri au sein, le nourrisson continue à se familiariser avec différents arômes car le goût du lait maternel se modifie en fonction de l’alimentation maternelle. L’exposition à ces différents goûts et odeurs favorise l’acceptabilité ultérieure d’aliments nouveaux, vecteurs de ces arômes.

En définitive, votre enfant partage, à sa façon, vos préférences alimentaires ! Et si vous cuisinez avec de l’ail et des épices, il y a de grandes chances pour que vous lui transmettiez ces saveurs à table. 

Petits pots

La diversification pas à pas

Passer d’une alimentation lactée à une alimentation solide, c’est le défi de la diversification. Pas simple en tant que parents ! C’est aussi excitant, attendu que source de de prudence, voire d’inquiétudes. Il est fondamental de suivre le développement de l’organisme de bébé et d’introduire les nouveaux aliments avec précaution pour respecter les besoins nutritionnels et les capacités digestives de chaque enfant. Pour cela, votre interlocuteur privilégié est votre pédiatre et la PMI. Et si vous souhaitez approfondir le sujet, la référence, ce sont les dernières recommandations alimentaires du PNNS (Programme National Nutrition Santé) pour les enfants de moins de 3 ans. Actualisées en 2021, elles ont été mises au point avec l’appui de professionnels de santé et de la petite enfance et ont fait l’objet de plusieurs études auprès de parents.

 

S’il y a des étapes à respecter et des aliments à éviter de proposer trop tôt, parallèlement il est possible d’introduire des saveurs particulières :

  • Dans un premier temps, il s’agit de faire goûter la saveur naturelle inhérente à chaque aliment, en les introduisant un à un :  carotte, pomme de terre, courgette, artichaut, potiron…Ainsi votre enfant pourra se familiariser avec ses classiques. En procédant de cette façon, vous noterez sa tolérance et ses préférences. Au fur et à mesure de ces découvertes, vous pourrez associer un aliment plébiscité à un aliment nouveau afin de l’initier progressivement.
  • Dans un second temps, dès le 8ème mois, vous pourrez faire cuire les légumes et féculents avec, au choix, un morceau d’oignon, d’ail ou d’échalote. Une façon de surprendre ses papilles et de voir ce qu’il apprécie le plus.

 

Plus la diversité alimentaire sera précoce (selon les consignes entre 4 et 6 mois, ), plus grand sera  l’éventail d’aliments tolérés par votre enfant lors de la néophobie qui apparait vers la fin de la seconde année.

herbes aromatiques

Les herbes aromatiques:  quand et comment les introduire?

Elles sentent délicieusement bon, et font partie de notre éventail de saveurs. Dès 6 mois, il est possible d’utiliser les herbes aromatiques dans l’alimentation de votre bébé. La condition, c’est de de bien les laver et de les faire infuser dans l’eau de cuisson, sans les mixer . Commencez avec le thym, le laurier, le romarin. Ils diffuseront leurs parfums, même si la cuisson est vapeur. Il vous suffit de les retirer avant de mixer ou d’écraser à la fourchette votre préparation maison. Vous pouvez également utiliser des herbes fraîches (basilic, persil plat, coriandre, ciboulette, aneth…) pour la cuisson. Dés 8 mois, elles peuvent être introduites aux plats de bébé.

 

L’art d’assaisonner l’assiette de bébé

Eduquer au goût, c’est surprendre les papilles et développer les expériences. Question assaisonnement, il s’agit de ne pas se précipiter et d’être patient. Les tout-petits peuvent mettre du temps à  se familiariser avec les aliments solides, le contact avec la cuillère. Contrairement à ce que les parents peuvent croire lors des premiers repas, si un tout petit commence par bouder sa purée, ce n’est pas parce qu’elle est fade, faute d’ajout de sel ou de sucre. En effet, le palais de bébé n’a rien à voir avec le nôtre : leurs papilles gustatives sont beaucoup plus développées. Par conséquent, si vous souhaitez partager un plat familial, ayez le réflexe des cuissons sans sel. Une fois que vous aurez prélevé la portion des plus jeunes, vous pourrez alors assaisonner à votre guise.  Et c’est pareil pour le sucre.

 

Si vous souhaitez élargir la palette gustative de votre bébé, dès 6 mois, vous pouvez utiliser une toute petite pincée d’épices douces -comme l’anis, la cannelle, la vanille, cumin-.

Quant aux épices plus fortes (poivre, piment, gingembre, galanga…), il est conseillé de les introduire avant l’âge de 3 ans et en petite quantité.

Avoir recours aux fines herbes et aux épices, c’est un bon réflexe pour assaisonner autrement qu’avec du sel ou du sucre.

 

Evidemment cela dépend vraiment des familles, qui possèdent des cultures et habitudes culinaires variées. Observez votre enfant : s’il manifeste son envie de piocher sur la table et de goûter certains ingrédients lorsqu’il participe à la préparation des repas… n’hésitez pas ! Laissez-le se familiariser grâce à tous ses sens. Toucher, sentir, goûter du bout de la langue, c’est la clef.  Quand il met en bouche, goûte, si cela lui plait et qu’il digère bien. Feu vert pour intégrer doucement ces nouveaux ingrédients à son alimentation. Bien entendu, en respectant les recommandations liées à son âge.

différentes épices

Bon à savoir

Les épices peuvent être introduites dès 6-8 mois : progressivement, une à une et avec parcimonie selon les cultures et envies de chacun. Pour les mélanges d’épices, soyez vigilants. Mieux vaut rester simples, quitte à assembler vous-même plusieurs épices entre elles. Cela évitera d’utiliser des préparations comportant du poivre ou du piment ou des additifs (sel, sucre, conservateurs…).

Des goûts prononcés pour petit gourmet

Manger, c’est partager et se régaler en famille. Quel plaisir d’observer le tout-petit prendre part aux repas en goûtant pour la première fois l’acidité des agrumes ou du cornichon. Quant au plateau de fromages, il constitue un excellent terrain d’aventures gustatives dont les bébés peuvent profiter dès 6 mois en toutes petites quantités.

 

Pour commencer, proposez des fromages doux, à la cuillère ou ajoutez- le à sa purée de légumes. Dès que ses dents commencent à pousser, on peut jouer sur les textures. Par exemple, en lui servant du fromage coupé en fines lamelles ou en petits morceaux. Fromages frais ou de caractère, au lait de vache, de chèvre ou de brebis. ..osez ! Des pâtes molles au goût frais et à la texture onctueuse, comme le Brie et le camembert pasteurisés aux fromages de terroir. Laissez votre enfant découvrir avec ses 5 sens ces nouveaux aliments à l’aspect, aux textures, couleurs et odeurs singulières. S’il manifeste son intérêt, retirez la croûte et proposez-lui un morceau tel quel ou étalé sur un bout de pain. Dès son premier anniversaire, vous pouvez ritualiser la dégustation de fromage, en veillant à ne pas dépasser une petite portion de 20 g par jour. Préférez les fromages au lait pasteurisé et les fromages au lait cru, à pâtes pressées cuites comme le Comté, l’Emmental, le Beaufort, l’Abondance et  le Gruyère … Vous avez l’embarras du choix : des fromages au goût peu prononcé aux fromages plus odorants, aux saveurs plus affirmées. Vous serez surpris de la réaction et des attirances de votre enfant. Certains bébés se distinguent en raffolant des fromages de caractère, tandis que d’autres préfèrent les laitages, les fromages plus discrets.

 

Suivez vos envies. Tout d’abord parce que spontanément, il est plus évident de proposer à nos enfants les aliments que nous apprécions.  Plus on propose un aliment, plus il sera accepté par l’enfant.

Etant donné que l’acceptabilité des nouvelles saveurs et de nouvelles textures varie beaucoup d’un enfant à l’autre, considérez que chacun va à son rythme. Pour éviter de rendre le repas casse-tête ou conflictuel en cas de refus, considérez ces expériences alimentaires comme des étapes et sans enjeu. C’est donc fonction de votre disponibilité, de vos envies. Et bien sûr, vous pouvez déléguer, à la nounou, aux grands-parents. C’est d’ailleurs en permettant à nos enfants de manger en dehors de la maison familiale, qu’ils s’ouvrent au monde et aux cultures. Curiosité, plaisir et aisance sociale … un savoir-vivre transmis à table, l’air de rien, avec ou sans votre compagnie. Belle perspective, n’est-ce pas ?

Podcasts "On va pas en faire un fromage" (saison 3)

Découvrez sur Chérie FM, l'épisode n°14, témoignage de Bénédicte @this_perfectday sur les goûts forts, animé par Emilie Albertini, avec Catherine Bourron-Normand, diététicienne

Ecoutez le podcast

L’essentiel

  • La diversification est valable pour les aliments comme pour les aromates et les épices ;
  • Dès 6 mois, il est possible d’introduire en petite quantité l’oignon, l’échalotte, l’ail cuits et les épices douces (cannelle, vanille, anis, cumin…) ;
  • Les épices fortes (poivre, piment, gingembre, galanga…) doivent être proposées après 3 ans ;
  • Le sel et le sucre sont déconseillés pour les tout-petits en assaisonnement ;
  • Les fromages peuvent être introduits dés 6 mois pour élargir la palette gustative, à condition de proposer de petites quantités de fromages au lait pasteurisé. Pour les fromages au lait cru, jusqu’à l’âge de 5 ans, les jeunes enfants peuvent consommer uniquement les fromages à pâte pressée cuite tels que Emmental, Comté, Abondance, Beaufort, Gruyère ;
  • Développer la curiosité pour les aliments et apprendre à goûter de nouvelles recettes maison, c’est transmettre un patrimoine culturel et un savoir vivre à table ! Chacun son rythme, ses possibilités et ses priorités.

Transparence ! Voici nos sources...

https://www.mangerbouger.fr/Les-recommandations/Ressources-pros/Nouvelles-recommandations-pour-la-diversification-alimentaire-des-enfants-de-moins-de-3-ans-L-essentiel

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