Les vaches de A à V

Question (pas) bête : pourquoi cette vache porte-t-elle un bracelet à une patte arrière ?

Publié le 16.10.2013 , mis à jour le 26.04.2019

Découverte d'un système permettant d'identifier les vaches à surveiller.

Découverte d’un système permettant d’identifier les vaches à surveiller.

Sécurit’lait, c’est quoi ?

C’est un concept de bracelets fluorescents servant à identifier les vaches grâce à un code couleur : bracelet rose fluo pour les vaches sous traitement antibiotique, vert fluo pour les vaches taries et les génisses à vêler, jaune fluo pour les périodes de colostrum et orange fluo pour les autres vaches à problèmes. Un tableau mural reprend ce code couleur : l’éleveur y inscrit le nom des vaches qui portent tel ou tel bracelet, avec la date de la dernière traite à part, du vêlage ou des interventions. Il s’agit donc d’une sécurité supplémentaire pour assurer la qualité du lait.

Un vacher inspiré

À l’origine de cette innovation, un certain Alain Coraud qui, alors qu’il était jeune vacher remplaçant, changeait très souvent de troupeau. Il était donc difficile, pour lui, d’identifier les vaches qui posaient un problème pour la traite. Son principal souci : les bêtes traitées par antibiotiques, dont le lait est impropre à la consommation. Certes, les éleveurs avaient leurs techniques : une ficelle, un coup de crayon gras, un bout de ruban adhésif sur la queue, une simple bande velcro accrochée à une patte arrière pour être visible à la traite car la vache est de dos… Mais ces méthodes artisanales manquaient de fiabilité. Dès 1995, Alain Coraud eut donc l’idée d’utiliser de larges bracelets fluorescents en velcro, munis d’une boucle pour assurer une solidité à toute épreuve. La méthode Sécurit’Lait était née et dûment brevetée.

Un système « gagnant gagnant »

Pour les éleveurs, il s’agit d’une assurance supplémentaire face aux mauvaises surprises : les laiteries font en effet analyser le lait dès son arrivée en usine pour vérifier sa qualité. Le lait non conforme est tout simplement rejeté. « Avant, quand on avait des petits troupeaux, on connaissait nos vaches par cœur, confie Hervé Cizeron du GAEC du Polisan, aux portes de Saint-Étienne. Aujourd’hui, j’ai un troupeau de 70 bêtes, je les appelle encore par leur nom, mais je ne suis pas à l’abri d’une erreur. Or, quand la laiterie refuse le lait, et c’est normal qu’elle le fasse quand ce dernier n’est pas aux normes, c’est l’éleveur qui est pénalisé car il n’est pas payé. » Ce système permet donc de renforcer à la fois la tranquillité des éleveurs et la sécurité des consommateurs, raison pour laquelle de plus en plus de laiteries le proposent à leurs producteurs !

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