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La filière laitière

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Economie et société, Elevage et territoire
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Vacher de remplacement, un métier caméléon

Rencontre avec Stéphane Moreau, vacher au parcours multiple et original.

Stéphane-Moreau

Rencontre avec Stéphane Moreau, vacher remplaçant au parcours multiple et original.

Pourriez-vous nous décrire votre métier ?
S. M. : J’en ai plusieurs ! Je suis notamment vacher de remplacement : quand un agriculteur ne peut pas être présent dans sa ferme – pour des vacances, en cas de congé maternité ou de formation, suite à un accident… –, je me rends sur place pour prendre la relève. Mon intervention, qui dure de plusieurs heures à plusieurs jours ou semaines, se fait à la carte en fonction des besoins de l’agriculteur et des particularités de son exploitation. La plupart du temps, je me charge des deux traites quotidiennes, de l’alimentation des vaches, de la surveillance de la santé du troupeau, du lien avec le vétérinaire en cas de besoin, éventuellement de la naissance des veaux… Bref, je suis aux petits soins pour les vaches. Je dois prendre les bonnes décisions au bon moment et m’adapter chaque fois à un nouveau contexte. C’est une grande responsabilité qui ne peut être assumée que dans une relation de confiance. Je suis également comédien et animateur, avec le statut d’intermittent du spectacle : j’anime des opérations pédagogiques pour le CNIEL, afin d’expliquer au grand public les réalités du métier d’éleveur, la production du lait, la vie dans une ferme, la traite, la fabrication des produits laitiers

Comment êtes-vous devenu vacher de remplacement ?
S. M. : Je vis à Paris depuis vingt-cinq ans mais j’ai grandi à Touraine, où je passais beaucoup de temps dans la ferme de mon parrain. J’adorais m’occuper des vaches. Très vite, je me suis orienté vers l’univers du spectacle, mais j’ai toujours gardé en tête l’idée de travailler dans l’agriculture. À 40 ans, j’ai décidé de faire un stage dans une ferme aveyronnaise, pour voir où l’expérience me mènerait. Tout s’est alors enchaîné très vite : j’ai intégré une école d’agriculture pour adultes, le Pôle de Formation de Bernussou, où j’ai planché pendant un an pour obtenir un Brevet Professionnel de Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA) Bovins Viande. En sortant, j’ai été embauché pendant deux mois par la ferme de l’école, où je suis devenu pleinement autonome. Le fait de devenir vacher remplaçant m’a permis de pouvoir exercer mes deux métiers. La cerise sur le gâteau a été de devenir animateur pour l’interprofession laitière : la boucle était bouclée !

Comment vous organisez-vous pour tout mener de front ?
S. M. : Avec un planning de compétition ! J’essaie de prévoir mes activités très en amont pour être disponible quand un éleveur a besoin de mes services. Pour les remplacements, je passe par les services de remplacement des chambres d’agriculture, qui sont des groupements d’employeurs dirigés par des agriculteurs bénévoles. Ils ont pour mission de proposer des salariés, agents de remplacement, à leurs agriculteurs adhérents qui souhaitent ou qui sont contraints de quitter momentanément leur exploitation. En plus de tout ça, je suis régisseur de spectacles et je travaille sur un projet d’aide aux agriculteurs en détresse. Il m’arrive parfois de travailler sept jours sur sept, mais je ne m’ennuie jamais : je passe facilement de la campagne au centre-ville de Paris et je me rends dans toutes sortes d’exploitations, de la plus traditionnelle à la plus moderne. Surtout, je m’enrichis chaque jour un peu plus grâce aux rencontres qui me permettent de comprendre en profondeur le monde de l’élevage aujourd’hui.

> Le site du Service de remplacement France.

A la découverte d'un monde vivant, l'exploitation laitière!

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