Les fromages à déguster au mois de mars

Publié le 17.03.2026

Enfin le printemps ! Place à la couleur : l’orange de la mimolette, le brun ambré de l’Echourgnac, l’orange-rouge du Langres bien affiné, le gris de l’Ardi Gasna et la blancheur duvetée du Coulommiers mettent de la couleur sur nos repas et nos plateaux de fromage !

Pavin

© A. ROCHE / Cniel

Langres

Produit depuis le XVIIe siècle dans la Haute Marne (ainsi qu’en Côte d’Or et quelques cantons des Vosges), ce haut cylindre de pâte molle à croûte lavée voit sa couleur aller du jaune tendre au orange vif… jusqu’au brun ! Reconnu AOC en 1991, son goût doux et fruité évoque l’Epoisses… en moins puissant.

Son signe particulier ? Plus le Langres est affiné, plus son sommet se creuse, formant une sorte de « cuvette » désignée sous le nom de « fontaine ». Les amateurs aiment y faire couler une goutte de marc de Bourgogne ou de Champagne, pour le parfumer à cœur.

 

Coulommiers

Produit au cœur de la Seine et Marne, le Coulommiers, pâte molle à croûte fleurie, est plus grand qu’un Camembert… et plus petit qu’un Brie, d’où son autre nom de « brie de petit moule » ! S’il évoque bien ces deux grands fromages, il a pourtant sa propre singularité gustative, marquée par le goût de la crème et le piquant délicat de sa croûte. On peut l’aimer plâtreux, coulant ou souple, pané, dans une quiche ou avec des grains de raisin : dans tous les cas, il saura vous séduire !

 

Echourgnac

Fabriqué depuis la fin du XIXème siècle dans l’Abbaye d’Echourgnac en Dordogne, le « Trappe d’Echourgnac », petit fromage à pâte pressée non cuite,  est affiné depuis 1999 à la liqueur de noix : il a alors rencontré un grand succès dû à son parfum original et raffiné concentré dans sa croûte. Un fromage très similaire est également fabriqué par l’Abbaye Notre Dame de Timadeuc, sous le nom de Timanoix. Très nature et boisé, il s’exporte… jusqu’en Allemagne !

 

Mimolette

Et non, la mimolette n’est pas d’origine hollandaise, mais du Nord de la France, plus précisément de la région de Lille ! Cette petite boule (2 kg environ) surnommée aussi « vieux Hollande » ou « boule de Lille », est recouverte d’une croûte grise qui cache une pâte orange vif. De jeune (trois mois d’affinage) à extra-vieille (deux ans), sa pâte devient de plus en plus cassante et ses arômes de noisette plus prononcés. Elle est délicieuse coupée en copeaux très fins, à la façon de la tête-de-moine, pour profiter de la finesse de ses saveurs. Bon à savoir : sa couleur orangée est 100% naturelle puisqu’elle provient du rocou, arbuste d’Amérique du Sud qui colore également le Cheddar, l’Edam ou la Boulette d’Avesnes.

 

Ardi Gasna

Littéralement « fromage de brebis » (« ardi » signifie brebis et « gasna » fromage), cette petite tomme de brebis du Pays Basque, à pâte pressée non cuite, est fabriquée par les bergers dans leur « etxola » (cabane de berger) en pleine montagne. Fabriqué au printemps et en été, il nécessite un affinage assez long, et c’est maintenant qu’il est à sa pleine maturité, après environ 8 mois d’affinage.

Plus petit que l’Ossau Iraty béarnais, sa croûte sèche et grise l’en distingue également (l’Ossau étant orangé et plus humide).

Il aime être accompagné de confiture de cerises noires, de cerneaux de noix, voire de miel ou de gelée de piment d’Espelette.

Bleu du Vercors-Sassenage

Tendre pâte persillée demi-molle de la région dauphinoise, le bleu de Sassenage est fabriqué par des moines depuis le XIVème siècle ! Doux, onctueux et au riche goût de noisette, il fait penser au bleu de Gex, avec des saveurs agréablement herbacées. Rapproché du bleu du Vercors, son très proche cousin, lors de sa certification AOC en 1998, ce bleu unique en son genre est fabriqué à partir du lait des races abondance, montbéliarde et villarde. Les vaches sont exclusivement nourries avec du fourrage produit dans le Parc naturel régional du Vercors pendant les mois d’hiver, tandis que l’été elles paissent dans les herbages du Parc. Le passage en AOC a permis de consolider la position de la race villarde, alors que celle-ci était menacée d’extinction.

En cuisine, il a la particularité de fondre en gardant son crémeux : on le savoure en vercouline, la version au bleu du Vercors-Sassenage de la raclette. Sur un plateau, il donnera son meilleur avec quelques lamelles de fruits (pomme, poire, raisin ou figue à l’automne).

Bergues

Fabriqué dans le Nord de la France depuis le XVIème siècle, autour du village de Bergues (à 10 km au sud de Dunkerque), ce fromage d’environ 2 kg se caractérise par sa croûte blanche-orangée lavée à la bière qui lui confère son odeur… très marquée ! Très réputé au XIXème siècle, sa production s’était raréfiée avant d’être à nouveau reprise depuis une vingtaine d’années par une quinzaine de producteurs fermiers. Fabriqué à base de lait partiellement écrémé des vaches de race rouge flamande, il ne contient que 20 à 25% de matière grasse. Sa pâte molle et crayeuse s’affirme après son affinage dans les caves voûtées particulièrement humides de la région.

Pavin

Fabriqué en Auvergne, le pavin appartient à la même famille que le saint nectaire et le murol. Son nom évoque le lac Pavin, qui occupe le cratère d’un volcan éteint dans le Puy-de-Dôme, sous lequel il est affiné. Pesant environ 500 g, sa croûte fine est lavée à l’eau salée pendant le mois que dure son affinage, et sa pâte souple présente une saveur légère. On le reconnaît à sa croute rouge, colorée au rocou, un colorant végétal totalement naturel.

Persillé de Tignes

Originaire de Savoie et plus précisément de Sainte-Foy Tarentaise, le persillé de Tignes ne se pare de veinures bleutées qu’après 4 à 5 mois d’un affinage délicat à réussir. Actuellement surtout fabriqué à base de lait de chèvre, le nom de persillé désignait en fait initialement la pratique consistant à mélanger le lait de plusieurs animaux vache, brebis, chèvre. Cylindre d’environ 1 kg, on en trouve trace dès le XVIIIème siècle. Sa saveur et sa consistance évoluent particulièrement avec son affinage : blanc, compact, lactique et très fleuri quand il est jeune, il gagne en force et en saveurs avec le temps. Il devient alors très affirmé, voire même poivré, sa croûte devenant de plus en plus brune et friable, jusqu’à ce que des marbrures bleues finissent par apparaître. Une variété de goût incroyable et une texture friable très agréable à découvrir !

Vieux Pané

Crée par la fromagerie Perreault au cœur de la Mayenne, en 1978, la fabrication du Vieux Pané fait penser à celle du pont l’évêque. Il s’en distingue néanmoins par sa forme carrée originale et son épaisseur, qui conditionne son affinage. Une pâte molle couleur blonde, parsemée de quelques trous, et une fine croûte lavée rose-orangée sont ses signes distinctifs. Son nom ? Il provient de sa technique originale d’affinage, depuis abandonnée : il était roulé dans de la chapelure afin d’éviter que sa croûte ne soit trop humide.

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